Depuis quelques années et plus particulièrement depuis 2020, le phénomène des Fake News a pris une ampleur médiatique sans précédent. En effet, la crise sanitaire en lien avec la propagation du COVID-19 n’a pas échappé au sillon de la désinformation.

« Le COVID-19 a été volé dans un laboratoire canadien par des espions chinois » , « L’ail peut guérir le COVID-19 », « Les vaccins à ARN messager vont modifier notre ADN »…

Certaines de ces fausses informations ont même été repris par des personnes politiques, parvenant ainsi à convaincre les individus les moins crédules.

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Agissant comme de véritables « Fake boost », les réseaux sociaux apparaissent alors comme les responsables de cette « infodémie ». Cette prolifération s’explique notamment par la capacité de ces informations à atteindre en un temps record une large audience. Elle est également le résultat de biais algorithmiques. En effet, comme l’explique Francesca Musiani, sociologue au CNRS, le modèle économique des ces plateformes est « que les utilisateurs restent sur la plateforme aussi longtemps que possible, qu’ils soient engagés et divertis. Cette économie de l’attention favorise naturellement les fake news. »

Pour lutter contre la circulation de ces fausses informations, plusieurs pistes existent. Mais jusqu’où pouvons-nous aller pour vérifier ces informations, tout en respectant la liberté d’expression ?

L’éducation 

Aujourd’hui, une majorité d’adolescents s’informe à travers les réseaux sociaux ; il est donc clair que que la lutte contre les fakes news repose sur l’éducation des plus jeunes. Cela passe notamment par l’information et l’apprentissage afin de les rendre capables de décrypter des messages douteux. 

Aussi, cette responsabilité est collective : en effet, elle ne concerne pas que les parents. L’école mais également les politiques et les GAFAM ont leur rôle à jouer. La preuve en est, selon le média scientifique Science Advances, « les internautes les plus âgés et les plus politisés partagent sept fois plus de fausses nouvelles sur le réseau social Facebook que les jeunes de 18 à 29 ans. » 

Les réseaux sociaux 

En raison de la pression exercée par le public, les réseaux sociaux ont d’ores et déjà commencer leur bataille contre les fakes news. C’est notamment le cas de Facebook qui a mis en place, dès 2017, une fonctionnalité nommée « fast checkers » (vérificateurs de faits). Grâce à cette solution, les utilisateurs peuvent désormais signaler les contenus jugés erronés ou indésirables.

Pour aller plus loin, Facebook travaille également au côté de « partenaires médias pour vérifier la précision des ces informations (Third party Fact-checking) ». De cette manière, une information qualifiée d’erronée verra sa portée diminuée dans l’algorithme.

Cependant, cette régulation connait ses limites ; en effet, certaines informations sont parfois signalées par erreur. Elle pose alors la question de la liberté d’expression, de la censure et surtout de la capacité de ces plateformes à contrôler la véracité d’une information.

Data et intelligence artificielle

Tout comme Facebook, de nombreux organes de presse disposent aujourd’hui de leurs outils de « fast checking ». Mais de plus en plus, la data apparait également comme un nouveau moyen de lutter contre les fake news. L’analyse de ces données permet ainsi de vérifier les informations, les sources et les manipulations : text mining, analyse des sentiments et même deep Learning sont au coeur du sujet pour contrer l’essor de ces fake news.

De plus, de nombreux exemples d’intelligence artificielle montrent qu’il s’agit d’une piste intéressante dans la lutte contre les fake news. C’est le cas du programme Grover, construit par une équipe de chercheurs de l’université de Washington. Son algorithme est capable « détecter si un discours est authentique ou non en se basant sur la façon dont ce texte est formulé par rapport à d’autres écrits de l’auteur ».

Blockchain

Enfin, la blockchain n’est pas en reste sur les problématiques de fake news. C’est d’ailleurs une des pistes les plus prometteuses pour limiter cette propagation tout en protégeant la liberté d’expression. De quelle manière ? 

Tout d’abord en s’assurant que la source d’un contenu est authentique. Ce contenu serait pas la suite enregistré sur la blockchain, « avec une empreinte digitale créée pour lui, et lorsque quelqu’un d’autre réutilisera ce contenu, l’empreinte digitale sera vérifiée et devra correspondre à celle d’origine ».

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