Se lancer en community management après ses études peut sembler intimidant. Entre le manque d’expérience, les doutes et la peur de ne pas être légitime, beaucoup hésitent à franchir le cap. Pourtant, certains osent.
Dans le cadre de cette interview consacrée au parcours d’une professionnelle du digital, j’ai choisi de mettre en lumière Salomé.
Âgée de 24 ans et diplômée d’une école de communication, elle suit aujourd’hui un chemin dans lequel beaucoup d’entre nous peuvent se reconnaître : celui de se lancer seule dans le community management. Si son profil m’a particulièrement intéressée, c’est parce qu’il fait écho aux interrogations que nous sommes nombreuses à avoir à la sortie des études : comment entreprendre, trouver sa place dans ce milieu, se démarquer, ou encore réussir à vivre de sa passion.
Curieuse d’en savoir davantage sur son expérience, je suis allée à sa rencontre. Elle a accepté avec enthousiasme de partager son parcours.

 

Lorsqu’on lui demande ce qui l’a poussée à se lancer dans le digital, et plus particulièrement dans le community management, Salomé évoque avant tout sa personnalité. Dynamique et en quête constante de nouveauté, elle a été naturellement attirée par un secteur en perpétuelle évolution. Le marketing digital, selon elle, est un domaine vivant, qui se transforme chaque jour et offre sans cesse de nouvelles opportunités.
Elle explique que le community management ne s’est pas imposé comme une évidence dès le départ, mais s’est progressivement révélé à elle au fil de ses expériences. Au-delà de la diversité des missions qu’il englobe, cette discipline a fini par occuper une place centrale dans son parcours. Aujourd’hui, elle considère le community management comme un levier incontournable pour toute marque souhaitant gagner en visibilité et se développer. C’est de là qu’elle crée ASyourbrand. Vous pourrez consulter sa page intagram via ce lien

La gen Z : un tourisme 2.0
À quel moment t’es-tu dit : “Cette fois-ci, je me sens prête, je lance ma boîte” ? Raconte-nous.
“Tout a commencé pendant mes études, avec ma meilleure amie. On était déjà très investies dans nos projets, au point d’y consacrer des soirées entières. On aimait profondément ce qu’on faisait, et un jour, on s’est simplement demandé : pourquoi ne pas proposer nos services à de vrais clients ? On s’est dit qu’on n’avait rien à perdre, alors on s’est lancées.
Au début, on a travaillé avec notre entourage. Ensuite, avec des marques que l’on consommait nous-mêmes, puis avec de petits prestataires.
Petit à petit, on a commencé à démarcher en s’appuyant sur nos compétences.
Avec le recul, je ne regrette rien. J’ai beaucoup appris, notamment grâce à mes erreurs. Tout n’a pas toujours fonctionné. Certains services n’ont pas rencontré le succès espéré, mais cela fait partie du processus. Aujourd’hui, je conseillerais à celles et ceux qui veulent se lancer en community management de passer à l’action.
N’attendez pas d’être parfaitement prêt. Proposer ses premières missions gratuitement peut aussi être un excellent moyen de créer un portfolio et de gagner en crédibilité.
Quel est LE conseil que tu donnerais, en tant que professionnelle, à une marque qui débute sur les réseaux sociaux ?
👉 ses conseils pour réussir sur les réseaux sociaux

Le conseil qui me semble essentiel aujourd’hui, c’est d’oser se montrer.
Se filmer régulièrement, partager son quotidien, ses méthodes de travail ou encore les coulisses de son activité. Les contenus de type “avant/après” ne suffisent plus. Les utilisateurs recherchent davantage d’authenticité et de transparence.
Ils veulent comprendre comment les choses sont faites, découvrir les étapes et suivre une évolution. Cette curiosité joue un rôle clé dans leur engagement. Cette curiosité naturelle joue un rôle clé.
Même les personnes qui ne sont pas immédiatement clientes peuvent être touchées par ce type de contenu. Sans intention d’achat immédiate, ces contenus marquent les esprits. À force de voir une marque régulièrement, elle devient familière. Et le jour où un besoin apparaît, c’est souvent elle qui vient en tête.
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Aujourd’hui, on fait face à des algorithmes de plus en plus complexes. Comment fais-tu pour t’y adapter sur les réseaux sociaux ?
👉 Comprendre les algorithmes aujourd’hui
« S’adapter aux algorithmes demande un travail constant. Cela nécessite une veille régulière et une vraie rigueur dans l’analyse. Les règles évoluent en permanence, et ce qui fonctionne aujourd’hui ne fonctionnera pas forcément demain.
De mon côté, je m’appuie beaucoup sur les données. À la fin de chaque mois, je réalise des bilans détaillés pour chacun de mes clients afin d’identifier les contenus qui ont performé, ceux qui ont moins bien fonctionné, et surtout comprendre pourquoi. Cette phase d’analyse est essentielle pour ajuster la stratégie.
Il y a aussi une part d’intuition : parfois, on sent qu’un contenu a un fort potentiel, qu’il peut devenir viral… et d’autres fois, malgré tous les indicateurs au vert, il ne prend pas. C’est ce qui rend ce métier à la fois complexe et stimulant.
Mais il n’y a pas de secret : Tester, observer et s’adapter en continu est essentiel. Je note énormément ce que j’observe au quotidien, les nouvelles tendances, les formats qui émergent, les types d’accroches (‘hooks’) qui fonctionnent, ou encore les rythmes de montage plus dynamiques qui semblent mieux capter l’attention en ce moment. Le community management repose sur une logique d’expérimentation permanente : apprendre, ajuster et recommencer. Pour se lancer en community management, il est essentiel aujourd’hui de créer du contenu authentique et régulier. »
Qu’est-ce qui est le plus difficile quand on se lance et qu’on crée sa boîte ?
👉 Les difficultés quand on se lance seule
“Honnêtement, je ne dirais pas que la principale difficulté est liée au budget. Pour ma part, j’ai commencé sans moyens. Bien sûr, aujourd’hui, j’investis dans plusieurs outils et abonnements professionnels. Mais au départ, un téléphone et de la motivation peuvent suffire.
Le vrai frein, selon moi, se situe avant même de se lancer. C’est toute cette phase de réflexion, les doutes, le manque de confiance en soi… On a tendance à se dire : ‘je commencerai quand je serai prête’, ‘quand j’aurai plus de moyens’, ‘quand j’aurai plus d’expérience’. Mais en réalité, ce moment n’arrive jamais vraiment. Le plus difficile avant de se lancer seule, c’est de passer à l’action.
Il faut aussi accepter de ne pas tout maîtriser dès le début. On apprend en faisant, en testant, en se trompant. C’est une étape essentielle.
Enfin, l’entourage joue un rôle clé. Être bien entourée, soutenue, encouragée, ça fait toute la différence dans les moments de doute. Échanger avec d’autres personnes qui se lancent en parallèle peut aussi être très motivant : on se sent moins seule, on partage les mêmes problématiques, et ça pousse à avancer.”
Enfin, comment cadres-tu un client qui n’a pas de vision claire ?
“Tout dépend du profil du client et de son positionnement. Lorsqu’une personne n’a pas de vision claire mais reste ouverte et à l’écoute, je prends le temps de l’accompagner. Je lui explique mon approche, mes méthodes, et je vulgarise au maximum pour qu’elle comprenne les enjeux sans se sentir dépassée. L’idée, c’est vraiment de construire une base commune.
En revanche, lorsqu’un client émet beaucoup de réserves ou remet systématiquement en question les recommandations, je m’appuie davantage sur mon expertise. Bien sûr,prendre en compte sa personnalité et son univers, mais il est essentiel qu’il y ait une forme de confiance. Lorsqu’on fait appel à une professionnelle, c’est aussi pour bénéficier de son regard et de son savoir-faire.
Pour moi, tout repose sur un équilibre clair : le client connaît parfaitement son métier, son produit, son identité. De mon côté, je suis là pour le mettre en lumière et valoriser son image à travers les réseaux sociaux.
C’est pour cela que j’insiste beaucoup sur la notion de collaboration. Je travaille aux côtés de mes clients, et non pour eux. Cette nuance est essentielle, notamment avec certains chefs d’entreprise qui peuvent parfois percevoir la relation différemment. Poser ce cadre dès le départ permet d’établir une relation saine, constructive et efficace sur le long terme.”
À travers cet échange, Salomé met en lumière une réalité souvent idéalisée : se lancer dans le digital, et plus particulièrement dans le community management, ne repose ni sur des moyens importants, ni sur un parcours parfaitement tracé. C’est avant tout une démarche faite d’essais, d’erreurs, d’adaptation constante et de persévérance.
Son parcours rappelle qu’il n’existe pas de moment “parfait” pour entreprendre. La clé réside dans le passage à l’action, la capacité à apprendre en continu et à s’entourer des bonnes personnes. Dans un secteur en perpétuelle évolution, où les codes changent rapidement, la curiosité, la rigueur et l’authenticité apparaissent comme des leviers essentiels pour se démarquer.
Enfin, au-delà des compétences techniques, cette rencontre met en avant l’importance de la relation humaine : savoir collaborer, instaurer une confiance mutuelle avec ses clients, et comprendre que chaque projet est avant tout une co-construction.
Cette interview nous rappelle ainsi qu’entreprendre dans le digital, c’est autant une aventure professionnelle qu’un véritable travail sur soi.
Lien de ma note méthodologique.