L’intelligence artificielle dans la création de parfum : entretien avec Bastien Hamounich de DSM-Firmenich

Image avec l'expert de DSM-Firmenich

Vers une nouvelle collaboration entre technologie et créativité humaine

L’intelligence artificielle (IA) transforme en profondeur les industries créatives, y compris celle de la parfumerie. Traditionnellement fondée sur l’intuition et l’expertise sensorielle des parfumeurs, la création olfactive intègre désormais des outils technologiques capables d’analyser, prédire et suggérer de nouvelles combinaisons.

Dans le cadre de mon mémoire consacré à l’impact de l’intelligence artificielle sur la création de fragrances, j’ai eu l’opportunité d’interviewer Bastien Hamounich, expert innovation chez DSM-Firmenich. Cet échange permet de mieux comprendre comment l’IA redéfinit les pratiques et les enjeux du secteur.

Une IA au service du parfumeur, et non en remplacement

L’un des premiers enseignements de cet entretien est clair : l’IA ne remplace pas le parfumeur, elle l’assiste.

Selon Bastien Hamounich, les outils d’intelligence artificielle permettent aujourd’hui de :

  • explorer un nombre considérable de combinaisons olfactives
  • accélérer les processus de formulation
  • structurer des données complexes liées aux ingrédients

L’IA agit donc comme un accélérateur de créativité, en proposant des pistes que l’humain peut ensuite interpréter, ajuster et affiner.

La data comme levier stratégique dans la création olfactive

Un autre point clé soulevé lors de l’entretien concerne l’importance croissante de la data.

Chez DSM-Firmenich, l’IA s’appuie notamment sur :

  • des bases de données internes de formules
  • des insights consommateurs
  • des tendances marché à l’échelle globale

Cette approche permet de concevoir des parfums plus pertinents et alignés avec les attentes des consommateurs, tout en facilitant l’adaptation aux spécificités culturelles. Dans une logique marketing, cela renforce les stratégies de personnalisation et de glocalisation.

Les limites de l’intelligence artificielle dans un univers sensoriel

Malgré ses performances, l’IA reste limitée dans un domaine aussi subjectif que la parfumerie.

Bastien Hamounich souligne que :

  • l’IA ne ressent pas les émotions liées aux odeurs
  • elle ne possède pas de sensibilité artistique
  • elle dépend entièrement des données sur lesquelles elle est entraînée

En d’autres termes, la dimension émotionnelle et créative reste profondément humaine. Cette limite est essentielle : elle garantit que le rôle du parfumeur demeure central dans le processus de création.

Une transformation des métiers du parfum

L’intégration de l’IA ne transforme pas uniquement les outils, mais aussi les compétences attendues dans le secteur.

À travers cet entretien, on observe l’émergence de nouveaux profils hybrides, capables de :

  • comprendre les technologies d’IA
  • analyser des données complexes
  • collaborer avec des équipes créatives

Pour les étudiants en marketing et en communication, cela implique de développer une vision à la fois stratégique, analytique et créative.

Vers une parfumerie augmentée

L’avenir de la parfumerie semble s’orienter vers une collaboration de plus en plus étroite entre humain et machine.

Parmi les évolutions attendues :

  • une accélération du développement produit
  • une meilleure anticipation des tendances
  • une personnalisation accrue des expériences olfactives

Cependant, comme le rappelle l’expert, la technologie ne remplace pas l’intuition humaine elle la complète.

En conclusion l’entretien avec Bastien Hamounich met en lumière une transformation clé du secteur : l’intelligence artificielle s’impose comme un outil stratégique, tout en laissant au parfumeur son rôle de créateur.

Dans un univers où l’émotion, la mémoire et la subjectivité jouent un rôle central, l’IA apparaît non pas comme une rupture, mais comme une évolution naturelle vers une créativité augmentée.