En tant qu’être humain, le lien social est inscrit dans nos gènes. Nous avons et nous chercherons toujours à créer du lien avec nos semblables que ce soit pour notre survit ou pour nous divertir. Le lien que nous pouvons former entre humains est l’un des premiers facteurs de l’évolution de l’humanité. C’est ce qui nous permet de nous coordonner, de collaborer et d’échanger, et donc de gagner en information, connaissance et expertise.

A l’aube de l’humanité, nous n’étions capables d’évoluer et de collaborer qu’avec un nombre très limité de personnes, jusqu’à de 150 personnes, limitant ainsi les rencontres entre individus. Cependant, les liens formés au sein d’un groupe étaient très forts étant donné qu’ils étaient fondés sur la confiance de nos proches et de notre famille. Suite à cela, les sociétés sont devenues plus grandes et complexes. Elles ont développé des mythes et normes communes ce qui a redéfini notre manière d’échanger et de créer du lien. Aujourd’hui, nous pouvons considérer que l’humain est capable de collaborer avec des milliers de personnes issues de société différentes mais réunies grâce à des idéologies communes (ex : système politique, religion, normes sociales, etc.)

Depuis la fin du XXème, les évolutions technologiques et leur démocratisation nous donnent accès à l’humanité entière avec le téléphone, le minitel, les ordinateurs, et plus particulièrement la naissance d’internet. Nous allons donc nous pencher plus précisément sur l’impact qu’ont ces nouvelles avancées sur nos liens sociaux.

Les rencontres du Minitel

Peu de temps avant les années 2000s, une invention popularisa une façon totalement différente de créer du lien entre les individus et de faire en sorte qu’ils se rencontrent, c’est le minitel. C’était à la base un terminal informatique développé par France télécom, utilisant le réseau téléphonique pour fonctionner. Il permettait à des individus lambda d’avoir accès à une multitude de services (formalités administratives, jeux, transactions bancaires, données professionnelles, météo, annuaire en ligne etc.) mais ce qu’a plus particulièrement permis le minitel, est la possibilité d’interagir avec les personnes via un service de messagerie.

Cette innovation permis en effet de répondre à l’un de besoin fondamental de l’être humain, la création de liens sociaux. Elle réalisa cela en retirant totalement les limites liées au monde physique. Il était devenu possible de rencontrer des personnes à qui nous n’aurions jamais parlé ou que l’on n’aurait jamais croisé sans cet outil.

À son apogée, le minitel a même vu naître ce que l’on a appelé le « minitel rose » qui est un service exclusivement réservé aux interactions, permettant aux utilisateurs de se séduire et d’avoir des échanges à caractère plus ou moins sexuel. Il était donc possible d’entamer des romances avant même d’avoir réellement vu une personne.

Dans le prolongement du minitel, internet est arrivé et a commencé à se démocratiser au sein de la population mondiale. Il offrait des services plus élaborés, moins chère et se fondait parfaitement dans le quotidien (travail, foyer) des utilisateurs.

L’avènement d’internet

Voyant le succès du service de messagerie sur le minitel, des services similaires se sont créés sur internet. C’est à ce moment-là, au début des années 2000, qu’on entrera dans une nouvelle ère : l’ère des sites de rencontre.

À ce moment précis un tout nouveau business voit le jour. Les sites de rencontre permettent aux utilisateurs de se vendre pour être le plus attractif possible aux yeux de tous, tout en cherchant les personnes correspondant à leurs critères pour ensuite commencer à développer une relation (amical ou romantique).

En quelque année et avec l’arrivée des applications mobile (téléphone, tablette etc.) et du « swipe », on a vu émerger une façon de consommer les individus totalement différents et beaucoup plus rapide. Tinder et d’autres plateformes/applications ont permis à des personnes de « matcher » avec des dizaines voire des centaines de personnes à une vitesse hallucinante qui finiront ou non par se rencontrer réellement.

Ce nouveau système a permis aux utilisateurs de réaliser des présélections des personnes avec qui ils voulaient interagir en se basant sur une première impression physique et/ou sur une base d’informations posées sur une plateforme. La mise en place de tels critères nous permet d’augmenter le nombre de connexions que nous pouvons faire entre individus. Néanmoins, l’échange et l’interaction deviennent des facteurs moins importantes avec ce système.

Parallèlement à l’avènement des sites de rencontre, on constate également la montée en puissance des réseaux sociaux, plateforme permettant une interconnexion entre les individus en partageant leurs centres d’intérêt.

L’arrivée des réseaux sociaux a permis d’avoir accès aux personnes du monde entier et à leur vie sans même avoir besoin de communiquer directement avec elles. Ils ont aussi permis aux individus d’accroître considérablement leur réseau en ayant accès aux connaissances de leurs proches.

Grâce aux réseaux sociaux, les rencontres ne se font plus forcément grâce à un intermédiaire mais car les personnes se réunissent autour de points en commun (sport, art etc.)

Avec l’apparition d’internet, nous avons pu nous connecter, partager et nous rencontrer les uns et les autres. Mais dans un monde où il est déjà possible de rencontrer et de se familiariser avec des personnes à travers les médias sociaux ou même des jeux vidéo en ligne, certains se voit déjà pousser la machine à son paroxysme pour rentrer dans l’ère du virtuel, ou plus précisément l’ère du metaverse.

La vie en 3D

Le metaverse est définit comme un monde, voire un ensemble de monde fictif virtuel. Il serait un lieu où nous pourrions expérimenter internet en 3D. Cette évolution, si elle venait à se concrétiser, changera inévitablement la façon d’expérimenter les rencontres. Il nous sera possible d’interagir non plus derrière un écran, non plus de façon physique, mais à travers des avatars nous représentant dans un monde virtuel. 

Avec une technologie pareille nous pourrions voir les choses encore plus loin. Imaginez que nos avatars soient relayés à nos sens. Nous serions amenés à ressentir les choses à travers nos expériences dans le metaverse. Nous pourrions avoir la sensation de toucher et de sentir les personnes avec qui nous interagissons. Nous entrerons dans une ère où nos expériences digitales et physiques seraient indissociables et où nous nous émanciperions de toutes limites liées au physique.