L’article de Océane Ridaura intitulé Les objets connectés dans le monde de l’équitation, publié en Janvier 2019, propose une réflexion intéressante sur l’intégration des objets connectés dans le secteur équestre. Cependant, certaines innovations ne sont plus disponibles sur le marché. La question se pose donc : pourquoi ces solutions n’ont-elles pas su s’imposer, et quelles leçons peut-on en tirer pour l’avenir du numérique dans l’industrie équestre ?

Pourquoi certains objets connectés ont échoué

La disparition et le pivot de plusieurs startups mentionnées dans l’article résulte de plusieurs facteurs :

Coût élevé et adoption limitée : Les objets connectés conçus pour les chevaux ciblent un marché de niche. Malgré leur utilité potentielle, leur coût élevé dissuade de nombreux cavaliers amateurs. De plus, les professionnels, souvent plus sceptiques, hésitent à intégrer des outils qu'ils jugent secondaires.

Manque de continuité dans le service : De nombreuses startups ne parviennent pas à fidéliser leurs utilisateurs, que ce soit à cause d'un manque de mises à jour, d’une faible maintenance ou d'une proposition de valeur mal définie.

Complexité technologique : Les solutions nécessitant des apprentissages complexes ou des installations fastidieuses (comme certains capteurs de selles ou outils de tracking) freinent leur adoption.

Les défis de la digitalisation dans le milieu équestre

Cheval entouré d'analyses

La disparition de plusieurs produits résulte de divers facteurs, mais les particularités du secteur équestre et l’évolution de la digitalisation jouent un rôle central :

Manque d’adaptabilité au public équestre : Le secteur équestre est marqué par une culture traditionnelle, où les nouvelles technologies sont souvent perçues comme superflues, voire incompatibles avec la nature du sport. Ce conservatisme freine l'adoption de solutions numériques, surtout lorsqu'elles ne s’intègrent pas facilement dans la pratique quotidienne.

Faible retour sur investissement perçu : Les cavaliers, surtout amateurs, ont parfois du mal à justifier l’investissement dans des objets connectés. Si les bénéfices ne sont pas immédiatement tangibles (par exemple, en termes de performances ou de bien-être équin), l’intérêt pour ces technologies s’estompe rapidement.

Manque de personnalisation : Les premières générations d’objets connectés n’étaient pas toujours adaptées à la diversité des disciplines ou des objectifs des cavaliers, limitant leur portée.

Complexité logistique : Les chevaux vivent dans des environnements qui ne favorisent pas toujours l’utilisation de technologies avancées, comme les écuries mal connectées à Internet ou les terrains éloignés des infrastructures modernes.

Écosystème limité : Les startups qui n’ont pas su développer un écosystème intégré, combinant technologie, service client et formation, ont souvent échoué à pérenniser leur activité.

 

Nouvelles solutions connectées et startups innovantes

Cavalière utilisant une application d'analyses

Malgré ces défis, de nouvelles entreprises proposent des innovations technologiques mieux adaptées aux besoins des cavaliers :

  • Ridesum : Une application d’entraînement en ligne qui met en relation cavaliers et coachs via des cours à distance. Elle permet aux cavaliers de bénéficier d’un suivi personnalisé, même à distance, grâce à des fonctionnalités comme l’analyse vidéo en direct.

  • Airbag E-Twist’air de Horse Pilot : Cet airbag connecté, lancé le 1er novembre 202A4, conçu pour protéger les cavaliers en cas de chute, intègre des capteurs intelligents qui détectent les mouvements brusques. Innovant et pratique, il représente une avancée significative en matière de sécurité équestre.

  • Kavalog, Groomy, GetSet, EquiOnline et EquiCity permettent aux gestionnaires d’écuries de centraliser les informations liées à leurs chevaux (soins, alimentation, entraînements), de gérer les réservations de boxes ou encore d’optimiser la logistique quotidienne. Ces outils contribuent à la professionnalisation du secteur en simplifiant des tâches administratives souvent chronophages, libérant ainsi du temps pour se concentrer sur les chevaux eux-mêmes.

  • No Fence : Bien qu’orienté principalement vers l’élevage, ce système de clôture virtuelle utilise le GPS pour maintenir les chevaux dans une zone définie sans barrières physiques.

L’intelligence artificielle : un nouvel allié

Écurie avec une caméra utilisant l'intelligence artificielle

L’IA transforme également la manière dont les données équestres sont collectées et exploitées :

Des plateformes comme Coho ou Novostable utilisent des caméras intelligentes pour surveiller en temps réel la santé et le bien-être des chevaux. Ces caméras, équipées d'IA, analysent les comportements et détectent les anomalies, permettant une intervention rapide en cas de problème.

Des startups telles que Happie développent des modèles prédictifs pour prévenir les coliques, boiteries et autres pathologies courantes chez les chevaux, en analysant les données comportementales et physiologiques collectées par des capteurs et ont développé le premier chat avec un assistant IA 100% dédié aux chevaux.

Certaines entreprises présentes dans d’autres secteurs comme Pivo ont adapté leur technologie en développant une IA spécialisée dans les sports équestres. Le Pivo Pod permet aux cavaliers de s’enregistrer automatiquement lors de leurs séances grâce à une caméra mobile connectée et contrôlée par IA, facilitant l’analyse des entraînements et l'amélioration des performances.

Pourquoi ces innovations pourraient réussir

Contrairement aux premières générations d’objets connectés, certaines solutions présentent des avantages qui répondent aux besoins des utilisateurs :

Simplicité et pertinence : Les nouvelles technologies sont plus intuitives et adaptées aux réalités du terrain, ce qui en facilite l’adoption par les professionnels comme par les amateurs.

Évolution des mentalités : Avec l’essor des jeunes générations de cavaliers, plus à l’aise avec la technologie, les barrières culturelles tendent à diminuer.

Intégration dans un écosystème global : Les startups actuelles misent sur l’interopérabilité et la complémentarité avec d’autres outils numériques, augmentant ainsi leur attractivité et leur utilité.

Application de gestion des performances équestres

Vers une digitalisation durable et inclusive

L’échec des premières entreprises d’objets connectés dans l’équitation n’est pas un frein à l'innovation, mais un signal d’alerte. Les startups actuelles semblent avoir tiré les leçons des erreurs passées en se concentrant sur des solutions simples, efficaces et adaptées au public équestre.

Cependant, pour assurer un avenir durable à la digitalisation du secteur, il est essentiel de :

  • Sensibiliser les cavaliers et gestionnaires d’écuries à l’importance des outils numériques.
  • Investir dans des solutions abordables et accessibles.
  • Favoriser un dialogue entre tradition et modernité pour garantir une adoption progressive des technologies.

En conclusion, l’univers équestre connecté n’est qu’à ses débuts. Si les premiers pas furent hésitants, les progrès actuels démontrent un potentiel immense. Comme le souligne l’article initial, ces technologies, lorsqu’elles sont bien conçues et accessibles, peuvent transformer la pratique équestre et répondre aux défis de demain.

Lire l’article original ici.

*Images générées par l'intelligence artificielle

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Ann JACOLIN

MBA DMB PART TIME PARIS

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