Mon choix concernant l’article rebond s’est porté sur celui de Fabian Meylan (que vous pouvez retrouver ici) qui s’intitule « L’année 2018 des Start-ups européenne de la Tech en quelques chiffres ».

En effet, j’ai décidé de développer l’étude des licornes françaises et leurs évolutions pour l’année 2022.

L’écosystème tech français a réussi à acquérir plus de 10 milliards d’euros de levées de fonds durant l’année 2021 avec 12 nouvelles licornes, 22 mégalvées de plus 10 millions d’euros et 2 entrées en Bourse. Mais comment les start-up françaises de la finance ont réussi à atteindre de tels objectifs durant cette année ?

Qu’est-ce qu’une licorne française ? 

Avant de comprendre cette dynamique, revenons à l’essentiel essayons de comprendre qu’est ce qu’une licorne dans le monde de la fintech. On connait tous la créature légendaire à corne…En revanche, dans le monde de l’entreprise, ce terme à une toute autre définition, nous parlons ici de start-up dont la valorisation est évaluée à plus d’1 milliard de dollar soit : 820 millions d’euros.

La plupart de ces start-up viennent du secteur de la finance que l’on appelle “Fintech” et ont comme particularité de fournir des services financiers grâce à des solutions innovantes telles que le paiement mobile, prise de rendez-vous sur Internet, plateforme communautaire payante de covoiturage, vente en ligne ou encore le cloud computing (informatique en ligne). 

Mais qu’elles sont ces licornes françaises les plus populaires et comment y sont-elles arrivées ?

23 licornes se sont imposées dans le paysage économique et depuis 2015 ! La France en compte quelques unes :

Veepee (nouveau nom du site d’e-commerce de Vente-Privée) a su se réinventer en adoptant de nouvelles technologies comme la mise en place d’une plateforme de communication collaborative, transformant ainsi l’ensemble de son système informatique à l’aide de “Slack”. Cela a permis de révolutionner la manière de travailler chez Veepee. Avec cette nouvelle technologie, l’entreprise a augmenté le nombre de ses membres et partenaires dans 13 pays différents et a attiré entre 4 et 5 millions de consommateurs chaque jour.

Dirigeons-nous vers une plateforme communautaire payante, qui pour certains, a pu sauver des week-ends lorsqu’il n’y avait plus de trains…, on fait référence à “BlablaCar” né d’une idée simple mais pas moins ambitieuse de créer un concept de covoiturage. La mise en place d’un nouvel algorithme permet de définir de manière automatique les points de contact entre les chauffeurs et les passagers les plus proches des domiciles. Il offre également aux utilisateurs la possibilité de choisir un segment particulier du voyage. Cette start-up a franchi la barre des 20 millions d’utilisateurs en France (sur 100millions). L’entreprise a également proposé le service BlaBlaLines (que l’on retrouve sur oui.Sncf via le rachat de oui.bus par la start-up), application dédiée au covoiturage domicile / travail. L’algorithme est chargé de trouver les passagers qui partagent une même destination. Il organise des réunions et calcule le prix au kilomètre. C’est le site de covoiturage le plus utilisé en France.

Outil numérique de prise de rendez-vous médicaux en ligne, Doctolib est la start-up française qui a révolutionné l’accès aux professionnels de santé. Avec ses 60 millions d’utilisateurs et un chiffre d’affaires estimé à plus de 150 millions d’euros en 2020, ce qui n’est pas sans « surfer » sur la crise du Covid-19,  il est devenu le leader sur le marché de la santé en France. Ce sont les professionnels de santé (doctolibers) qui l’utilisent et c’est d’eux que la plateforme tire ses revenus. Pour atteindre ses objectifs d’innovations, la start-up a dû lever 150 millions de fonds auprès d’investisseurs partageant cette même vision humaniste notamment avec bpifrance. L’idée est d’optimiser le système de santé en créant des partenariats avec les cabinets et les hôpitaux. Le but étant d’améliorer l’expérience des patients et l’accès au soin en facilitant la tâche des professionnels de santé sur 3ans. De plus, lors de la crise sanitaire, Doctolib a dû déployer le service de vidéo-consultation auprès de 75.000 professionnels à l’aide d’ingénieurs. Il souhaite s’étendre dans de nouveaux pays.

Et l’une des dernières (22ème) à avoir atteint le statut de licorne est Lydia, entreprise spécialiste du paiement sur mobile avec près de 5,5 millions d’utilisateurs. Elle a pour ambition de devenir le compte principal de 10 millions d’Européens d’ici 2025. Mais comment ? L’entreprise a levé plus de 100 millions de dollars de fonds auprès d’investisseurs américains comme Dragoneer ou encore Echo Street. Lydia souhaite innover dans différents services bancaires en proposant des offres de crédits et d’investissements. Pour ce faire, la start-up a déjà signé un partenariat avec BitPanda. Elle offre ainsi  une plateforme de trading facile d’accès permettant aux particuliers d’investir dans des actions françaises, européennes et américaines, dans des métaux précieux ainsi que dans des cryptomonnaies. La “super-app” proposerait également l’ouverture d’un livret épargne, d’un compte courant et commun. Elle ambitionne désormais de s’implanter en Allemagne et en Italie et de recruter 800 collaborateurs supplémentaires sur les trois prochaines années.

Ces licornes françaises, dont les services sont très diversifiés, sont devenues des incontournables dans notre quotidien en facilitant nos usages.

Leurs évolutions de 2020 à 2021

La tech française en pleine croissance pour l’année 2021. Le montant des fonds levés par les start-up de l’écosystème a dépassé les 10 milliards d’euros pour la première fois. Bien que nos licornes aient été financées en majorité par des fonds étrangers, les fintechs françaises n’ont jamais autant levés de fonds qu’en 2021 : record battu avec + de 174% de fonds d’euros levés, quasiment le double par rapport à l’année 2020.

L’explosion de ces grosses levées de fonds a permis à la France, par un travail d’environ une dizaine d’années, de faire naître près de 12 nouvelles licornes en 2021 telles que Vestiaire Collective et Back Market dans le e-commerce ; Dental Monitoring dans la e-santé ; IAD dans l’immobilier; Alan et Shift Technology dans l’assurance ; Younited, Swile, Qonto et Lydia dans la finance ; Sorare et Ledger dans les crypto-actifs, ont rejoint les licornes qui ont vu le jour jusqu’à aujourd’hui.

Néanmoins, le manque de licornes françaises s’explique par l’absence de structures capables de financer de gros projets contrairement aux Etats-Unis, qui concentrent les plus grands fonds d’investissements, avec plus de 44 licornes. « Tout le monde a réalisé que le marché européen de la tech, et notamment français, était complètement sous-investi » explique Benoit Grossmann, partner chez Eurazeo et coprésident du collège investisseurs de France Digitale. 

Le futur de la Fintech française pour 2022

L’objectif d’Emmanuel Macron d’ici 2030 est d’investir 30 milliards d’euros visant à “réconcilier start-up et industrie” et également de développer la transition énergétique afin d’avoir plus de « green tech » parmi les licornes françaises. 

Pour se faire, Madame Clara Chappaz, directrice de la French Tech, suggère de diffuser la French Tech à travers tout l’Hexagone. « L’enjeu territorial est réel. Aujourd’hui, plus de la moitié des start-up sont créées en région, en revanche 70 % du financement se concentre à Paris. C’est un problème. C’est pourquoi, notre rôle est d’aller porter cette innovation partout sur les territoires. En effet, l’objectif est de faire figurer une entreprise technologique française dans le top 10 des capitalisations boursières mondiales.« 

Les véritables ambitions de la fintech française dépendront de la capacité à innover auprès des acteurs français ou européens dans des domaines clés comme la cybersécurité ou les données de santé. Les récents succès sont encourageants et prouvent que rien n’est impossible. La France ne manque ni d’idées ni d’acteurs pour les réaliser. L’avenir des start-up françaises est devant nous !

Sources

https://www.lesechos.fr/start-up/ecosysteme/lydia-doctolib-blablacar-ces-7-licornes-francaises-qui-font-partie-du-quotidien-1370712

https://www.latribune.fr/technos-medias/innovation-et-start-up/2021-une-annee-exceptionnelle-pour-la-french-tech-nouveaux-records-en-vue-en-2022-899177.html

https://www.capital.fr/entreprises-marches/lydia-swile-jamais-les-fintechs-francaises-nont-autant-leve-de-fonds-quen-2021-1423902