Les défis de la transformation digitale du métier de journaliste
L’utilisation de l’IA
Depuis le début de l’ère du numérique, la presse écrite fait face à des défis sans précédents comme nous avons pu le constater précédemment. Depuis l’aube de la révolution numérique, la presse écrite a été confrontée à des défis sans précédent. Le déclin des ventes physiques, l’essor de la diffusion en ligne et la transformation des habitudes de consommation des nouvelles ont tous remis en question la pérennité des modèles traditionnels. Aujourd’hui, avec l’émergence de l’intelligence artificielle (IA), la presse écrite se retrouve à nouveau à un carrefour. L’IA présente une série de défis à saisir, forçant les acteurs du domaine à reconsidérer leur approche.
À mesure que l’automatisation gagne du terrain dans le domaine du journalisme, des préoccupations majeures émergent quant à la déshumanisation du processus d’information. La réduction de l’implication humaine peut entraîner des conséquences indésirables pour la qualité, la profondeur et l’authenticité du journalisme.
L’une des préoccupations les plus importantes concerne la perte de l’aspect humain dans la narration et la présentation de l’information. Le journalisme, en tant que discipline, repose sur la capacité humaine à ressentir et à exprimer de l’empathie. Le journaliste est traditionnellement perçu comme un individu capable de se connecter avec ses sujets, de comprendre leurs expériences et de transmettre ces perspectives aux lecteurs et aux téléspectateurs de manière émotionnelle et nuancée. L’image qui peut nous venir à l’esprit est celle de ce journaliste du XXe siècle menant des enquêtes à ses risques et périls car il a un besoin fou de dévoiler une vérité à l’ensemble des lecteurs. L’IA va faire disparaitre ce mythe et créer un écart entre l’information brute et son impact sur le public. Aussi, la désincarnation du processus journalistique peut rendre les histoires moins captivantes, moins engageantes et moins susceptibles d’éveiller des émotions, enlevant ainsi une partie de la force transformative du journalisme.
Enfin, l’utilisation de l’IA soulève des questions au sujet de l’impact sur la fonction de journaliste.
L’IA menace les emplois traditionnels. Avec l’émergence d’outils automatisés capables d’accomplir des tâches jadis réalisées par des journalistes, certains postes au sein des rédactions pourraient devenir obsolètes. La collecte de données, la rédaction automatisée de rapports factuels et même la création de simples articles sont désormais possibles grâce à l’IA. Cette évolution technologique suscite des inquiétudes quant à la sécurité de l’emploi pour de nombreux professionnels du journalisme, se demandant si leur expertise sera toujours nécessaire à l’avenir. Il est tout de même essentiel de noter que bien que l’IA soit capable d’accomplir certaines tâches, elle ne peut pas remplacer la complexité de la pensée humaine.
Pour répondre à ces changements, celle de s’adapter à l’utilisation croissante de l’IA dans le journalisme, les journalistes doivent s’efforcer d’acquérir des compétences en analyse de données, en compréhension des algorithmes et dans le digital en général. Cette transition vers une nouvelle ère technologique nécessite un apprentissage continu et une remise en question constante des compétences existantes. Cependant, cette adaptation soulève des questions : les compétences techniques liées à l’IA peuvent sembler éloignées des principes traditionnels du journalisme axés sur la recherche, la vérification des faits et la narration humaine.
« Je pense qu’à terme, l’IA pourrait être un danger car c’est un métier qui peut être remplacé par les robots, ce progrès devrait avoir des limites. Ça donne presque l’impression d’être dans un épisode de Black Mirror » confie un journaliste. En effet, il est important de réussir à équilibrer l’emploi de cet ensemble de technologies qu’est l’IA afin qu’elle soit vue comme un outil d’amélioration dans la qualité et l’efficacité du travail journalistique et non pas comme une menace pour l’ensemble de la profession.