Le Web3 et les médias – Regards croisés

La gen Z : un tourisme 2.0

Dans le cadre de ma réflexion sur la tokenisation du patrimoine éditorial d’un média, j’ai eu le privilège d’échanger avec Benoit T., expert reconnu du digital et formateur au MBA DMB. Il a apporté cette double lecture indispensable : celle de l’académique rigoureux et celle du professionnel de terrain.

La vision critique : sortir de l’effet de mode

Un point saillant de notre discussion a concerné les barrières à l’entrée du Web3. Il a insisté sur l’importance de « l’invisibilisation » de la technologie. Si le lecteur doit comprendre ce qu’est un « wallet » ou une « gas fee » pour acheter une édition collector, le projet échouera.

Son conseil ? S’inspirer des modèles hybrides où la blockchain tourne en arrière-plan. Cette recommandation est capitale : le succès de la tokenisation dépendra de la simplicité de l’acte d’achat, le NFT devant être perçu comme un objet de passion et non comme un actif cryptographique complexe.

Recommandations et ouverture de réseau

Au-delà de l’analyse, Benoit m’a ouvert des pistes de réflexion sur les revenus secondaires (royalties) et l’engagement de la « Gen Z ». Il m’a suggéré de regarder de plus près les modèles de gouvernance décentralisée pour permettre aux lecteurs de voter pour les engager. Enfin, il m’a orienté vers des contacts clés dans l’écosystème Web3 pour confronter mon projet à des experts de la donnée et du paiement sécurisé.

Table ronde : les arbitrages marketing des leaders du secteur

La suite de l’événement a pris la forme d’une table ronde réunissant des leaders industriels de premier plan, notamment la Directrice du Digital de Samsung et le CDO d’un leader mondial du commerce inter-entreprises. Les échanges se sont concentrés sur la réalité des arbitrages budgétaires et marketing. La représentante de Samsung a notamment partagé la manière dont l’IA a transformé leur gestion de l’acquisition de trafic. L’intégration de modèles prédictifs permet désormais d’ajuster les campagnes publicitaires en temps réel, non plus en fonction des clics passés, mais des probabilités de conversion futures.

Du côté du secteur B2B, l’accent a été mis sur la performance digitale au service de l’efficacité opérationnelle. Les intervenants ont démontré que l’IA permet de qualifier les leads commerciaux avec une précision inédite, réduisant drastiquement les cycles de vente. Le débat a mis en lumière un consensus fort : l’intelligence artificielle n’est plus un centre de coût expérimental, mais le principal levier d’optimisation des marges commerciales pour les mois à venir.

Les principaux enseignements pour le marketeur de demain

L’avis sincère, bienveillant et crique a été le déclencheur d’un ajustement majeur dans ma ligne éditoriale. Je ne traite plus simplement de « vendre des images », mais de bâtir un nouveau contrat de confiance entre un média historique et ses lecteurs.