La mode est aujourd’hui l’une des industries les plus puissantes au monde. Avec la mondialisation et des pratiques parfois peu éthiques, le secteur de l’habillement a connu une croissance spectaculaire. Dans les années 1990, il générait environ 500 milliards de dollars. L’an dernier, il a atteint près de 1,79 trillion de dollars de chiffre d’affaires (Statista, 2020). Si la manière de produire, de vendre et de consommer les vêtements a profondément évolué, cette évolution a aussi eu un coût humain et environnemental considérable.

Une consommation toujours plus importante

Aujourd’hui, Forbes estime qu’une personne voit près de cinq mille publicités chaque jour. Toutes véhiculent le même message : acheter toujours plus. Par conséquent, les consommateurs ont adopté un rythme d’achat sans précédent. Pour répondre à cette demande, de nombreuses entreprises produisent rapidement et à moindre coût.

L’un des exemples les plus marquants reste la catastrophe du Rana Plaza en 2013. L’effondrement de cette usine au Bangladesh a coûté la vie à 1 134 personnes à cause de graves négligences en matière de sécurité. Par la suite, la justice a condamné Muhammed Rana à trois ans de prison pour homicide involontaire.

Le rôle des grandes marques

Nous avons presque tous acheté un vêtement du groupe Inditex, propriétaire de Zara, Bershka ou encore Pull&Bear. Vous portez peut-être même l’une de ces marques en lisant cet article. D’ailleurs, Zara reste aujourd’hui la plus grande enseigne de mode au monde et son fondateur, Amancio Ortega, figure parmi les personnes les plus riches de la planète (Forbes, 2025). À cette époque, plusieurs fournisseurs du groupe fabriquaient des vêtements dans l’usine du Rana Plaza.

Le gaspillage de l’industrie de la mode

Le gaspillage représente un autre problème majeur. En 2018, la maison britannique Burberry a reconnu avoir brûlé pour 32 millions d’euros de marchandises invendues. De la même manière, d’autres marques de luxe préfèrent détruire leurs stocks plutôt que de les donner ou de les vendre à prix réduit afin de protéger leur image.

Selon The Business of Fashion, Inditex élimine près d’un tiers de sa production annuelle. Ainsi, des milliards de dollars de vêtements finissent détruits alors qu’ils n’ont parfois jamais été portés.

Repenser notre façon de consommer

Nous vivons dans une société où de nombreux produits sont conçus pour être remplacés rapidement : téléphones, ordinateurs, voitures ou vêtements. Dans ce contexte, la durabilité passe souvent au second plan. Certes, l’industrie de la mode produit énormément. Cependant, cette surproduction répond aussi à une consommation toujours plus importante. La mode n’est donc pas seulement une industrie : c’est aussi un phénomène social, économique, politique et environnemental.

Une responsabilité partagée

Il est temps de s’interroger sur le véritable prix de nos vêtements. En effet, les marques portent une grande responsabilité, mais les consommateurs ont également un rôle essentiel à jouer. Il serait irréaliste de penser que les grands groupes disparaîtront du jour au lendemain. En revanche, chacun peut soutenir des entreprises plus responsables et modifier progressivement ses habitudes d’achat.

En définitive, le changement commence par des choix simples. Consommer local, acheter moins et privilégier la qualité plutôt que la quantité sont autant de gestes qui peuvent contribuer à transformer l’industrie de la mode.