Le télétravail au service du digital

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Depuis quelque temps, nos méthodes de travail ont été bouleversées. La crise sanitaire à augmenter le recours au télétravail qui est dorénavant une norme pour la majorité des salariés français. D’abord apparu dans les années 70, le télétravail n’a pas été accueilli les bras ouverts, ressentis comme une approche plus laxiste et moins productive des systèmes déjà mis en place. Pourtant, grâce à l’essor du digital, celui-ci a su s’imposer au fur et à mesure comme force stratégique, fragmentant les méthodes dites traditionnelles. Nous allons ainsi nous intéresser aux nouveaux outils mis à disposition, et aux répercussions du télétravail sur le salarié.

La crise sanitaire a forcé les entreprises à accélérer le recours au télétravail et à entrer dans l’ère du travail nomade. Cependant ce processus n’est pas si simple que cela à mettre en place, et beaucoup de domaines se sont vus pénalisés par cette digitalisation précoce. En effet, la culture du numérique n’est pas encore tout à fait acquise au début de l’année 2020. Selon le 3e baromètre de “croissance et digital” de l’ACSEL, les grandes entreprises sont bien meilleures élèves en termes de transformation digitale avec 64% de ETI engagés, face à 49% pour les PME. Ces chiffres sont notamment expliqués par certains obstacles, comme le manque de temps, de compétences ou tout simplement le coût de la transformation.

Il a donc fallu mettre en place des outils adéquats pour optimiser la collaboration entre les acteurs, et leur temps de travail, à distance : une digitale workplace.  On y retrouve notamment les outils de communication, de webconférence, de partage de documents… Parmi les grands gagnants nous retrouvons Zoom, Microsoft Teams et Slack. Des canaux de communication qui permettent de centraliser les informations et laisser libre espace à l’innovation et à la convivialité, peu importe son statut dans l’entreprise. Ces instruments s’adaptent aux désagréments et bugs qu’ils peuvent aussi causer, avec changement de fond d’écran, bruits de fond supprimés, dans un souci de respect de la vie privée. Cependant, l’adaptation à ces nouvelles plateformes n’est pas donnée à tout le monde, il est donc nécessaire de proposer des espaces numériques divers au salarié. Nécessaire car une plateforme non adaptée peut endiguer un problème de productivité, dû à un accès à la recherche et à l’information tumultueuse. Alors, comment ces nouveaux modèles fonctionnent ?

La digitalisation sur fond d’un enjeu business répond à trois grands axes. Elle souhaite tout d’abord placer le client au centre de l’entreprise afin de répondre le plus rapidement possible à ses attentes. Par la suite, elle est désireuse de rendre son organisation plus agile afin de permettre à ses collaborateurs d’être forces de proposition. Enfin, elle écoute ses partenaires pour qu’ainsi elle puisse répondre à de nouveaux usages mais qu’elle puisse aussi arpenter des marchés innovants.

Ces nouveaux outils reposent sur la collaboration des salariés et employeurs, dans un espace-temps réel : gestion des commentaires, circuits de validation, modifications en direct, comptabilité, gestion des achats… Le télétravail s’appuie sur une dématérialisation des processus. Il faut aussi que l’entreprise s’accorde à mettre en place un portail numérique pour favoriser le croisement des données et ainsi éviter les silos d’informations. Le télétravail doit donc proposer des solutions de live chat, de téléphonie, de gestion de projet collaboratif et de gestion d’entreprise.

L’application Teams propose un regroupement de documents par catégories, ce qui peut être non négligeable pour un nouvel arrivant ou bien pour la gestion d’un appel d’offres. Le télétravail s’est ainsi tellement normalisé, que les employeurs réfléchissent à l’imposer comme un standard de méthode de travail à l’avenir. Mais quand est-il des conséquences réelles pour l’entreprise et le salarié ?

Selon l’entreprise Barco qui a réalisé un compte rendu sur l’organisation au travail “après la Covid-19”, à partir de l’instrument Clickshare : “les employées souhaitent retourner au bureau, mais veulent une redéfinition du monde du travail pour un modèle hybride qui conjugue à la fois travail sur site et travail à distance”. Cette étude se base sur un panel de 1750 employés à travers 7 pays, dont notamment la France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Cette investigation révèle que le premier facteur de manque en télétravail est le lien social. Difficile de remplacer les pauses café entre collègues, les déjeuners et les after work, par des conversations via des chat. Le 2eme acteur qui fait retentir le signal d’alerte n’est autre que l’état de bien-être psychologique. Cela s’explique par plusieurs phénomènes. Tout d’abord le salarié ne dispose pas de temps de déconnexion, comme il peut l’avoir avec les transports. Ce temps qui lui est d’habitude réservé pour lui seul et ses pensées n’a plus lieu d’être, et il est désormais compliqué de déconnecter de ses responsabilités. Dans un second temps, il est peut-être difficile d’assimiler notre espace de vie avec notre espace de travail : manque de place, d’intimité, trop de distraction… le nombre de réunions qui augmentent et encore bien d’autres raisons.  Cela peut aboutir à certains troubles, comme l’explique la psychologue Astrid Chevances. Ces mêmes troubles  qui se sont renforcés avec la crise, comme les problèmes de sommeil, les crises d’angoisse, la dépression et même les tendances suicidaires. En effet, le psychiatre Bertrand Lievre confirme une augmentation des consultations après le confinement où le télétravail venait d’être généralisé.

Outre un point de vue psychologique, le télétravail peut nous faire rencontrer certains inconvénients techniques. Difficulté de connexion Internet, d’entrée dans la réunion, de connexion périphérique audio et vidéo… Cependant il n’y a pas que des aspects négatifs.

Un des avantages du télétravail n’est autre que le mode hybride, qui n’oblige pas le salarié à être dans la localisation géographique de son lieu de travail. En conséquence, les ressources humaines peuvent engager des talents en fonction de leurs compétences, et les salariés peuvent se retirer en campagne dans un espace de travail plus adéquat. La digitale workplace favorise l’intelligence collective et grâce à cela nous fragmentons les silos traditionnels de prise de parole au sein d’une entreprise.

Le télétravail peut à la fois apporter des bénéfices pour le salarié et l’employeur à travers la digitalisation. En effet, certaines personnes à contrario de ressentir une sorte de frustration chez soi, vont plutôt retrouver un certain équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée. Les missions vont donc être effectuées dans de meilleures conditions et l’entreprise va réduire son taux d’absentéisme et ses frais généraux. De plus, grâce à l’apparition d’outils collaboratifs, les équipes deviennent plus agiles et autonomes, ainsi le manger subit moins de charge et de pression et peut se consacrer à d’autres missions.

Nous apercevons que finalement la digitalisation repose sur un modèle beaucoup moins individualiste qu’il n’en paraît. Collaboration, communication, innovation sont les mots d’ordre de cette nouvelle forme de digitalisation. Certaines entreprises se voient continuer le télétravail après la crise, afin de répondre à une réelle demande mais aussi afin d’en bénéficier en termes de recrutement. Il faut cependant prendre en compte le caractère particulier de chacun de ses salariés, et la possibilité qu’ils ne soient pas tous adaptés à ce modèle.

Ce digital workplace réserve encore de nombreuses opportunités et n’a pas terminé d’évoluer, qui sait, peut-être que demain une IA sera capable de faire des comptes rendus de réunions basés sur les participants et leurs engagements? En tout cas, le télétravail n’a pas fini de faire parler de lui.