Social shopping : l’avenir du
e-commerce ?

Le e-commerce a connu une forte accélération dû à la digitalisation de nombreux commerces en période de crise sanitaire. Selon la Fevad, les ventes en lignes, tous produits et services confondus, ont atteint 112 milliards d’euros en 2020, soit une augmentation de 8,5%. Avec une part de m-commerce basée sur les smartphones de plus en plus importante, aujourd’hui le mobile participe à 81% des achats en ligne mais encore à seulement 40% des transactions (rapport annuel établi par Médiamétrie pour la Fevad). Au niveau mobile, les réseaux sociaux aussi prennent du terrain et leur utilisation quotidienne a augmenté de 7 min depuis 2019, et atteint en moyenne 2h29 par jour.

Avec la crise sanitaire, les habitudes évoluent plus rapidement et de nouveaux leviers se développent. Point de rencontre entre le e-commerce et les réseaux sociaux, le social commerce ou social shopping est le nouveau canal d’achat préféré des cyberacheteurs.

smartphone social shopping

Un canal d’achat déjà adopté en Chine

Le social shopping, qui commence à se développer en Europe et en France est déjà bien installé sur le marché chinois.

Cette année en Chine, la vente au détail en ligne devrait être majoritaire dans tout le pays. Leader en terme de e-commerce, mais aussi en terme de social commerce, les consommateurs chinois ont adopté le social shopping grâce à leur très forte culture mobile. Selon la gentlemen marketing agency, 97,5% des internautes chinois se servent de leur smartphone pour naviguer sur Internet et utilisent les solutions de paiement mobile comme AliPay et WeChat Pay. C’est notamment grâce à ces systèmes de paiement numérique innovants et des offres de service de livraison à faible coût, presque illimité que la Chine arrive à se démarquer. 45% de la population achète chaque semaine directement avec leur mobile, contre seulement 11% au niveau mondial et 61% des ventes en ligne sont faites sur mobile.

Cet usage du e-commerce et m-commerce est poussé par les difficultés que les consommateurs chinois rencontrent dans le commerce physique, avec une vente en détails peu pratique, non user-centric et souvent conflictuelle. Des freins qui ont poussé les consommateurs à développer des habitudes d’achats différentes et très digitalisées, notamment avec l’essor du livestreaming shopping. Une pratique de vente de plus en plus utilisée en Chine, qui consiste à présenter des produits à travers des vidéos en direct. Selon les médias d’Etat chinois, cette tendance est un moyen efficace de réduire la pauvreté dans les zones rurales.

Une opportunité puissante pour les marques

En France, le social shopping peine encore à se démocratiser, mais se développe de plus en plus. Selon une étude Omnibus de novembre 2020, les adultes français sont près 31% à avoir déjà acheté un produit via un réseau social, dont 38% des 18-34 ans. Mais les achats effectués à travers les réseaux sociaux concernent encore en majorité des achats entre 20 et 50 euros (5o%), contre 5% seulement pour les achats au-dessus de 100 euros.


Pour les consommateurs français le commerce via les platesformes sociales est encore synonyme d’achats exceptionnels pour profiter d’une offre promotionnelle (39%) ou bien d’un produit qui n’est pas disponible ailleurs (25%). Mais avec 53% de la population mondiale qui utilise les réseaux sociaux, les habitudes sont vouées à se développer massivement.

Le social shopping est une opportunité grandissante que les marques ne peuvent pas négliger. Les réseaux sociaux offrent la possibilité de simplifier le parcours d’achat sans quitter les plateformes. Ils permettent aux internautes de découvrir de nouveaux produits et des recommandations sur-mesure, notamment grâce aux influenceurs et aux publicités personnalisées. C’est un véritable écosystème où le commerce s’introduit dans la vie sociale des internautes. Les plateformes dépassent de leurs usages initiaux pour devenir de véritables moteurs de recherches capables de conduire rapidement vers des achats potentiels. Parmi les français qui achètent déjà à travers ce canal de vente, 23% affirment qu’ils sont plus susceptibles d’être intéressés par de la publicité sur les réseaux sociaux que sur des sites internet classiques.

De nouveaux formats hybrides dédiés aux achats

Les médias ont bien compris et saisissent chacun leur tour cette nouvelle opportunité, en élaborant des fonctionnalités dédiées à l’achat. Instagram a lancé un espace shopping, une fonctionnalité également disponible sur les autres réseaux du groupe comme WhatsApp ou Messenger. Dans la même optique, de nombreuses plateformes créent des formats hybrides qui permettent d’effectuer directement des achats de produits. Chez Google aussi on se penche sur le sujet, avec Youtube Shopping ou encore Google Shoploop, une application mobile dédiée au shopping vidéo.

Selon l’étude Omnibus, Facebook (76%), Instagram (23%) et Snapchat (11%) sont les trois réseaux qui ont le plus servi aux français à réaliser leurs achats à travers le social commerce en 2020. Mais encore beaucoup de français sont méfiants à l’égard des publicités et placements de produits sur les réseaux sociaux, soit 86% d’entre eux dont 92% des 55 ans et plus. Pour le m-commerce, plusieurs freins entrent en jeu, notamment le temps de chargement et l’ergonomie. Les utilisateurs sont moins patients sur mobile, 53% des visites sont abandonnées si une page met plus de 3 secondes à se charger (source Google).

Pour en savoir plus :

Découvrez l’étude Omnibus sur le Social Shopping, réalisée du 20 au 21 novembre 2020 auprès de 1 022 personnes représentatives de la population nationale française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas :

https://fr.yougov.com/news/2020/11/26/les-reseaux-sociaux-canal-de-vente-en-plein-essor/