Le Bug Humain, résumé
Ouvrage : Le Bug humain : Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l’en empêcher
Auteur : Sébastien Bohler
Editions Pocket, 160 pages
Genre : Essai

Dans le cadre du MBA, une série d’ouvrages nous étaient proposés en lecture afin de se faire une opinion sur les questions liées aux enjeux de la numérisation de notre monde. Étant attirée par les enjeux écologiques, je me suis donc plongée dans la lecture de ce livre. Mes attentes face à ce livre étaient grandes : j’étais enchantée à l’idée de découvrir des pistes de solutions afin de sauver l’humanité de son extinction prochaine. Quand j’ai refermé le livre, à la dernière page, j’ai réellement sombré dans un moment de désespoir, en me disant que nous allions bel et bien être témoin de la sixième extinction sur la planète. Je vous livre, dans ces lignes, des informations clés sur la lecture de l’ouvrage et vous explique ma position.
L’auteur : Sébastien Bohler
Ancien élève de l’Ecole polytechnique, Sébastien Bohler est Docteur en neurosciences, rédacteur en chef de la revue Cerveau & Psycho, auteur et conférencier. Depuis le début de sa carrière, il a été journaliste et chroniqueur dans de nombreuses émissions télé et radio, sur les thématiques des neurosciences et de la psychologie. Il a notamment été chroniqueur pendant six ans à l’émission La Tête au carré, sur France Inter. Cette émission était un bijou dans le journalisme scientifique avec des sujets approfondis et un journalisme de qualité. Jusqu’en 2019, elle était écoutée quotidiennement par 780 000 auditeurs et le podcast était téléchargé plus de 1,47 million de fois par mois. Il est également chroniqueur télé dans l’émission 28 minutes diffusée sur Arte. Il a écrit de nombreux ouvrages -près d’une vingtaine- dans ses domaines de prédilection. Pour moi, Sébastien Bohler fait partie des scientifiques les plus éminents que compte la France en ce début de XXIème siècle.
Sa prise de parole, à travers son essai, est donc tout à fait légitime puisque le livre traite des causes neurobiologiques qui poussent l’être humain à s’autodétruire. Son propos est argumenté scientifiquement et étayé à l’aide d’une bibliographie riche qui compose les 20 dernières pages du livre.
Un titre révélateur de la structure de l’essai
Le titre de l’oeuvre rend compte de la structure que l’on trouve dans le livre. L’ouvrage est découpé en trois parties et celles-ci sont évoquées dans le titre.
Première partie : Le bug humain
La première partie, Le Bug humain, évoque, d’une part, le lien entre l’humain et les technologies numériques récentes et donne l’orientation du reste du propos. Le mot « Bug » au sens informatique est formalisé dans notre langue depuis le XXème siècle. On en attribue la maternité à l’informaticienne Grace Hopper, qui l’aurait utilisé pour la première fois en 1947. Toutefois, son usage remonte au XIXème siècle : Thomas Edison l’avait déjà consigné dans ses notes avant 1870 pour identifier une ligne électrique parasitée.
Ainsi, « le bug humain » renvoie donc à une mécanique défaillante de notre espèce. Le livre traite ainsi d’un mécanisme qui contraint l’humain à s’autodétruire. À la fois salvateur et destructeur, ce mécanisme nous a amenés à vivre dans un monde numérisé et à adopter la technologie en masse, pour nous faciliter la vie, mais contribue à précipiter notre perte dans la sixième extinction de masse que la planète aura connue. Sordide dessein, n’est-ce pas ?
Seconde partie : Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète
Cette partie met en lumière le paradoxe avec lequel nous devons composer et propose une explication. Il faudrait réorienter notre mode de vie de manière urgente en évaluant systématiquement les conséquences de chacune de nos actions sur le futur du règne du vivant. Toutefois, notre cerveau, s’il n’est pas entraîné, est incapable de le faire. Nous nous trouvons donc dans une situation d’incohérence. Notons ici l’usage du verbe « nous pousse », parce que c’est la nature même de notre cerveau, bien que nous ne puissions que constater les dégâts que notre mode de vie a causé depuis l’avènement de l’ère industrielle.
On note également que c’est le pronom « nous » qui est employé, car il s’agit d’une affaire collective : au vu de la situation actuelle de la planète, des actions à la fois individuelles et collectives sont nécessaires afin de redresser la barre. En effet, notre planète a atteint un tel degré de détérioration que les actions individuelles, seules, sont insuffisantes. Elles sont toutefois nécessaires, s’additionnant aux mesures que peuvent mettre en place les structures collectives, des gouvernements locaux à l’échelle des supranations, en passant par les entreprises privées. Comme Bohler l’évoque, il faut que tous les acteurs sociétaux se saisissent de la question, pour venir en appui aux initiatives individuelles.
Troisième partie : Comment l’en empêcher ?
La troisième partie a un double objectif. En utilisant l’adverbe « Comment », Bohler propose une réflexion doublée d’une piste de solution afin de ralentir cette auto-destruction. Cette partie traite d’un mécanisme propre au cerveau humain : la capacité d’entraîner et d’exploiter sa conscience. Pour Bohler, il s’agit d’une des pièces principale de l’équation afin de ralentir notre course folle vers l’autodestruction. Il a d’ailleurs participé à une conférence Ted X sur le sujet :
De quoi parlent les différentes parties du livre ?
Partie 1 : Dans la boîte noire de notre cerveau
Le cerveau humain est l’invention la plus complexe de la Création. C’est grâce à celui-ci que nous pouvons effectuer une multitude d’actions de manière automatique et simultanée. C’est également grâce à lui que notre espèce a su s’adapter à la vie sur Terre et prospérer. Toutefois, comme rien n’est parfait, le cerveau cache également une face très sombre : à l’heure où il faudrait se situer dans un mouvement global de décroissance et changer radicalement notre mode de vie pour sauver notre habitat -notre planète-, nous en sommes incapables.
Que peut-il bien se passer dans notre cerveau pour que, malgré les alertes envoyées de toutes parts par Mère Nature sur la nécessité de réformer notre mode de vie, nous continuions à faire la sourde oreille, les yeux rivés sur notre portable, les doigts prêts à cliquer sur la première pub de Temu ? Comment se fait-il que, malgré une situation climatique qui empire d’année en année, nous n’arrivions pas à croire au désastre sur lequel les scientifiques nous alertent depuis quelques années et que les mouvements qui se produiront bientôt à l’échelle mondiale restent hypothétiques dans notre esprit ?
Les preuves, pourtant, sont là : fonte des calottes glaciaires, augmentation de la fréquence des épisodes de sécheresse, augmentation des températures, radicalisation des tempêtes… Pourtant, ces phénomènes semblent n’inquiéter qu’une infime partie de la population, dont celle concernée par l’incident météorologique en question.
Bohler nous explique alors que ce qui semble être une indifférence généralisée serait liée à la constitution de notre cerveau.
Quelle autre espèce, dans la nature, a pour projet de se balancer tout droit dans le mur ? Aucune. Or, bien que l’humain ne l’affiche pas de manière pleinement assumée, c’est bien le but qui est poursuivi par une grande partie de nos actions du quotidien. Progresser pour s’autodétruire. Voilà un bien beau paradoxe.
Dans la première partie de l’ouvrage, l’auteur nous explique donc comment est fait notre cerveau. Il nous explique d’abord que l’objectif commun à toute forme de vie est la survie de l’espèce. Ainsi, l’ensemble des actions sont tournées vers cet objectif et se compose de quelques gestes simples :
- Manger
- Se reproduire
- Acquérir du pouvoir
- Glaner un maximum d’informations sur son environnement
- Tout en fournissant le moins d’efforts possible.
Ces cinq grands objectifs ont été le leitmotiv de tous les cerveaux qui ont précédé le nôtre sur le chemin accidenté de l’évolution des espèces vivantes.
Une particularité commune à tous les mammifères est la présence du cortex. Plus l’espèce est intelligente et développée socialement, plus celui-ci sera développé. Or, nous sommes l’espèce dont le cortex est le plus développé. C’est cet organe qui fait que nous pouvons réussir des mouvements extrêmement coordonnés et complexes. C’est par celui-ci que transigent également les émotions, que nous pouvons tirer des informations issues de nos sens, parler et comprendre le langage, apprendre, ou encore se représenter des concepts abstraits, de planifier et d’anticiper.
Cependant, le cortex n’est pas le seul organe en action. Celui-ci est assujetti à l’action du striatum, qui met en action le processus de reconnaissance lié à la récompense. Si j’effectue une action et que celle-ci est valorisée en débouchant sur une quelconque forme de reconnaissance -ce peut être de l’accès à la nourriture, à un statut social, à un partenaire amoureux- il s’ensuit une décharge de dopamine, hormone essentielle dans le système de récompense.
Toutefois, cette caractéristique ne suffit pas en elle-même pour se situer dans une logique auto-destructive car si c’était le cas, il y a longtemps que nous aurions été éliminés par les autres espèces… Ce qui nous distingue de nos congénères animaux, selon Bohler, c’est la présence, dans le cerveau humain, d’un organe plus développé que chez les autres espèces. Cet organe, c’est le cortex préfontal, qui nous a permis d’adopter des comportements sociaux comme s’organiser et coopérer en groupe .
Le problème, c’est que ce cortex est soumis aux injonctions du striatum. C’est l’une des composantes de notre cerveau qui a un rôle fondamental dans la reproduction ou l’annihilation d’un comportement. Sébastien Bohler nous explique que la survie de notre espèce à l’époque préhistorique, puis sa sophistication -et le raffinement des techniques, processus et objets que nous utilisons- ont été rendues possibles grâce, entre autres, à cet organe. Mais aujourd’hui, bien que le monde ait évolué et que notre planète soit en péril, la structure du cerveau et du striatum n’ont pas bougé d’un iota. L’humain est donc témoin de la prochain extinction qui le guette :
Notre conscience de ce qui nous attend ne semble avoir aucun effet sur le cours des événements. Tout se passe comme si notre intelligence était impuissante, dominée par des processus profonds, inconscients, que nous ne maîtrisons pas. Nous assistons, sans réaction, aux préparatifs de notre propre enterrement.
C’est de la combinaison du striatum et du cortex néo-frontal que provient l’ingéniosité de l’humain, qui est capable de mettre en place des mécanismes et des systèmes. Or, ces mêmes mécanismes et systèmes le mènent maintenant vers sa perte. La cause de notre auto-destruction, ce bug, est lié à notre instinct de survie et du fait que celui-ci appréhende les choses dans une logique de courte échéance.
Partie II : Le bug humain
Dans cette partie, Sébastien Bohler démontre comment, malgré une situation qui se veut catastrophique, nous restons dans ce système : notre système de fonctionnement étant basé sur le paradigme du court terme, nous préférons assoiffer nos désirs du moment présent, plutôt que de préserver les ressources et la planète pour la laisser aux générations futures. N’en déplaisent à ceux qui se préoccupent des besoins de nos enfants, petits-enfants et arrières-petits-enfants : pour le striatum, qui veut se shooter à la dopamine, ces concepts sont bien loin de ses préoccupations premières. Ceci est renforcé par une double idée. D’abord, pour arriver à survivre, il faudrait sacrifier notre confort du moment présent pour le futur.
« Plus un avantage est éloigné dans le temps, moins il a de valeur dans notre cerveau ».
Ensuite, ces sacrifices n’entraîneront pas de bénéfices personnels directs, mais auraient uniquement pour enjeu la sauvegarde de notre milieu de vie, en tant que collectif, c’est-à-dire d’un ensemble d’espèces dont l’humain est seulement l’une d’elle. Pour beaucoup de cerveaux humains, ce sont de bien piètres avantages, dans la mesure où nous ne connaissons pas d’autre environnement de vie, et que, jusqu’ici, Mère Nature nous a gracieusement fait don de ses largesses. Tout ce qui compose le mode de vie -occidental, du moins- est bien souvent pris pour acquis par l’ensemble de la population.
Dans bien des cas, nous sommes tellement habitués au confort qu’on le considère comme un dû. Cependant, nous oublions souvent que tout ce que nous possédons et ce à quoi nous avons accès couramment (eau courante, électricité, maison en dur, accès à des soins de santé et à une éducation universelle, alimentation en abondance et facile d’accès) fût, à d’autres époques, envié par les plus grands rois et les plus grands chefs des tribus les plus guerrières. De plus, dans cette masse collective, l’individu perd son statut d’exclusivité : il devient un élément parmi les autres, pas plus, ni moins importants.
Or, dans cette dernière idée, il y a quelque chose d’incompatible avec l’idée même de la perpétuation de l’espèce – donc le collectif – décrite en début de ce texte. Car pour parvenir à cet objectif, la différenciation des individus fait toute la différence. En effet, c’est par un acte individuel que s’opère la perpétuation de l’espèce. Et cet acte, c’est la reproduction. Bohler nous rappelle donc ici les impératifs sous-jacents à ce mécanisme.
Pour assurer la survie de leur lignée, les humains doivent trouver, chez le sexe opposé, un spécimen « fort », qui offrira le maximum de probabilités pour continuer, par la suite, sa lignée. Chez l’homme, cela passe par une démonstration de sa force, qui lui facilite l’élévation dans la pyramide sociale, ce qui lui donne accès aux femmes les plus aptes à reproduire l’espèce dans les meilleures conditions. Chez la femme, cela passe par le fait d’attirer à elle le spécimen qui sera le plus apte à la préserver de tout aléa pour perpétuer l’espèce. Mais aujourd’hui, nous ne sommes plus aux temps de l’homme préhistorique, direz-vous. Même si l’accès à ces « privilèges » ne s’opèrent plus de la même manière, le mécanisme, lui, est encore bien actif dans notre cerveau d’animal.
Ainsi, pour élever son statut social, l’homme mettra son énergie dans le développement de son prestige, ce qui lui donnera des chances pour augmenter son statut social qui, en retour, lui donnera plus de chances d’accéder aux spécimens féminins les plus à même de reproduire sa lignée. La démarche est similaire pour la femme : plus elle s’élève dans l’échelle sociale, plus elle a théoriquement de chances de pouvoir perpétuer sa lignée, avec un maximum de sécurité pour sa descendance.
Nous pourrions penser que cette façon de penser est dépassée. Que nous sommes « au-dessus de tout ça ». Qu’avec les avancées de la société moderne, l’égalité homme-femme et toutes les valeurs mises en avant dans notre société du XXIème siècle, ce raisonnement est digne des plus grands mysogines du Moyen-Âge. Que ni ni ! Le cerveau de l’homo sapiens, notre espèce animale, a revêtu sa forme il y a plus de…300 000 ans. La complexité des fonctions cérébrales s’est probablement affinée dans le passage l’homo sapiens idaltu et l’homo sapiens sapiens. C’est là où serait apparu le cortex préfrontal.
Si cette hypothèse est exacte, cela signifie que la structure de notre cerveau est inchangée depuis 100 000 ans. Les 80 années qui nous séparent de l’octroi du droit de vote aux femmes, en France, sont un battement de cils sur l’échelle de l’histoire de l’évolution. Les mécanismes qui régissaient le cerveau il y a 100 000 ans sont donc les mêmes ; c’est seulement les représentations de ces questions et les moyens d’accéder à un statut social supérieur qui ont changé.
Partie 111 : Les voies de la sobriété
Devant cette destruction annoncée de notre planète par ses habitants, quelle solution est mise en avant par l’auteur ? La réponse réside dans une clé : la conscience. Utiliser les capacités de notre cerveau afin de travailler notre relation au long terme. Entraîner notre cerveau à résister à l’envie d’avoir tout dans l’instant immédiat. Se remémorer que les bonnes choses, les choses de qualité, mettent du temps pour être érigées. Or, voilà le paradoxe de notre société : on nous fait croire, depuis plusieurs années, que tout est facile d’accès et tout est accessible immédiatement. Et en grande partie, cela est vrai.
Il n’y a qu’à se rendre au magasin pour acheter des meubles déjà tout prêts. Pour avoir accès à un bifteck, plus besoin d’attendre des semaines. De prendre des risques inconsidérés. De pister l’animal sur plusieurs heures ou jours afin de lui tendre un traquenard pour le piéger. De risquer sa vie face au tigre ou au mammouth. Il n’y a plus qu’à se rendre au magasin ou au marché du dimanche matin et la viande est là, dépecée, propre, consommable dès le retour chez soi. Pour avoir accès à la connaissance, plus besoin de se déplacer à l’école, de consacrer des mois à son apprentissage afin de s’élever sur l’échelle sociale. Il n’y a qu’à se rendre sur Youtube ou à acheter un MOOC certifiant des meilleures universités.
Bien que ces dispositifs comportent incontestablement des avantages, ils sont en train d’anéantir tout goût pour l’effort. Mais surtout, en ouvrant la voie à une consommation illimitée, immédiate et facile d’accès, ils ont ouvert la voie à une destruction programmée de la planète. C’est la raison pour laquelle Sébastien Bohler prône le fait de travailler sur ses désirs personnels afin de rester dans une logique de sobriété, dans une logique de raison, qui n’est pas celle d’accéder à tout, tout de suite, et de consommer ou d’acheter des biens et des objets seulement lorsque l’on en a besoin.
Mon avis sur ce livre
Il s’agit d’un excellent essai que tous les dirigeants et décisionnaires devraient lire. Il propose une explication détaillée des mécanismes qui nous poussent à l’autodestruction de notre planète. Étant assez lucide sur l’état de notre monde et sur la piètre situation de notre planète, je comptais y trouver un peu de réconfort et des pistes de solutions, tant à l’échelle individuelle que collective. À ce niveau, bien que je sois consciente que la marge d’action soit mince, ça a été une douche froide.
Sur les 241 pages de l’essai, seules 54 pages traitent de la solution. Sur ces 54 pages, une seule solution revient, celle de la prise de conscience. Quand on sait que prendre conscience de quelque chose demande du temps et un travail sur soi, ses valeurs et ses croyances, cela semble complètement contradictoire avec le fonctionnement de notre système actuel. Au final, plutôt que de m’apporter du réconfort, ce livre a confirmé ce que je pensais déjà : la sixième extinction aura bien lieu. Ce n’est qu’une question de temps. En ce sens, Elon Musk a bien raison de chercher à établir une colonie sur la lune ou chercher une autre planète pour vivre : l’état de notre monde est tellement dégradé qu’il est beaucoup plus facile, à l’heure actuelle, de chercher à appuyer sur le bouton « Reset » et tout recommencer, plutôt que de chercher à réparer nos erreurs et de remettre vraiment en question notre mode de vie.
Même s’il devait se produire un miracle et que tous les humains, en un seul moment, élargissaient leur champ de conscience à ces questions – ce qui me semble une impossibilité, en soi – combien de décennies, voire de siècles, devrions-nous vivre avec les conséquences de nos actes présents et passés ? Prenons pour exemple la seule destruction de la forêt amazonienne : même si toutes les activités sylvicoles devaient être arrêtées aujourd’hui, le retour à un écosystème sain et non affecté prendrait des siècles.
Comme 60 à 70 % des espaces de la forêt d’Amazonie sont déforestés pour la production de bétail, qui sert ensuite à notre consommation, cela devrait entraîner une cascade d’actions, comme le fait de réduire notre consommation de viande de manière importante. Or, même si on peut contester la légitimité de l’élevage à des fins d’alimentation, il reste qu’il y a un marché de consommateurs et des emplois à la clé. Tous les consommateurs de viande ne sont pas prêts à remettre en question leurs habitudes afin de sauver la planète, et beaucoup de citoyens minimisent l’impact de leurs actions individuelles sur le collectif.
En somme, ce livre est d’une grande utilité pour avoir une vue d’ensemble de la situation actuelle et de la raison pour laquelle il sera difficile de changer les choses.