L’Avenir du Marketing digital – Rencontre

Rencontre avec Solene FAURE, l’une des dernières planneuses stratégiques de Lyon – Planneuse Stratégique

Au cours de mon Master au MBA DMB, je réalise une étude sur le marketing digital et son évolution, j’ai choisi de rencontrer une personne qui exerce un métier historique dans la publicité : celui de planneur stratégique. Un entretien humain et enrichissant avec pour objectif de nous apporter un point de vue, une vision sur un monde en perpétuelle transformation.

Qui est Solene ?

Solenne commence par nous expliquer son parcours. Diplômée par le CELSA, elle obtient un master 2 en marketing stratégique et communication.

Elle a au départ le projet de devenir média planneur. Elle réalise plusieurs stages dont son premier au sein de l’agence média Media Edge où elle est chargée d’études au service planning stratégique. Elle étudie les habitudes de consommations, les panel… Elle réalise un deuxième stage chez Publicis au planning stratégique. Elle réalise des stratégies digitales, fait du marketing relationnel, de la fidélisation etc… Elle termine ses années d’études en réalisant son 3ème stage chez Ubisoft au sein du service conseil marketing et communication interne. A l’époque les équipes marketing faisaient appel à ce service pour concevoir des benchmark, faire des analyses concurrences, et s’occupe des produits dérivés.

Une fois diplômée, Solene a un profil très stratégique et pas vraiment opérationnel. Il est donc difficile pour elle de décrocher des postes comme chef de projet digital. Il est donc compliqué pour elle de trouver un premier emploi. Après maintes recherches, elle décroche son premier emploi en planning stratégique chez Kantar. A titre informatif, Kantar est le leader mondial de la data, des études et du conseil. Ils aident leurs clients à comprendre les individus et à trouver la croissance. Elle fait de la veille, elle décrypte les dernières tendances de communication et conçoit des gros bilans de tendance sur la beauté. Ensuite elle décide de monter un service de planning stratégique avec la chef de chez Ipsos. Après cette expérience, elle fait le choix de retourner travailler en agence car la création lui manque. Passionnée par son métier, elle ressent le besoin de faire des propositions stratégiques. Elle intègre donc Insign entre Lyon et Paris au service planning stratégique digital. Elle évolue ainsi sur des projets de site web, de conception de stratégies destinées aux réseaux sociaux. Elle établit également des stratégie de fidélisation et de communication globale.

Désireuse de transmettre elle commence à donner des cours au sein d’école de communication et de digital. En parallèle elle entre chez l’agence Fantastic! Au sein de cette agence on retrouve beaucoup de planneurs stratégiques : Solene est dans son élément. Elle fait vraiment du planning stratégique plus opérationnel. Elle aide à vendre les propositions, elle répond aux compétitions. Elle apprend à défendre ses propositions, à argumenter et à prendre de la hauteur. Parmi ses clients on retrouve notamment la marque TEFAL.

Ci-dessous un exemple de publicité coréalisé avec Solene lors de son expérience chez Fantastic! :

Publicité coréalisé avec Solene FAURE pour le compte de TEFAL chez l’agence Fantastic!

Solene décide ensuite de voyager, puis en rentrant se lance en freelance. Ses missions sont diverses, elle rédige du contenu, est rédactrice pour Welcome to the jungle où elle informe notamment sur les bonnes pratiques pour recruter, elle a beaucoup de clients en lien avec les ressources humaines. On compte ainsi parmi ses clients des entreprises comme Randstad, elle travaille également pour des agences de publicité qui n’ont pas de service dédié au planning stratégique et qui font ainsi appel à Solene. De par ses nombreuses années passées en agence de publicité et dans diverses entreprises liées au marketing, Solene est à même de nous parler de l’évolution du métier et de l’avenir qui lui est réservé.

Comment va évoluer le planning stratégique, métier historique dans un monde de plus en plus digital ?

Pour Solene, il y a aujourd’hui une stabilité du métier de planneur stratégique. Une grosse évolution est en cours, en communication : les utilisateurs sont sursollicités en tant que consommateur. Cette sur sollicitation demande aux marques d’être plus juste. Elles doivent ainsi faire des publicités plus qualitatives, et mettre en avant leur raison d’être, pourquoi elles sont là, quels changements elles apportent et tendent donc à devenir des marques plus sociétales. Les planneurs sont donc là pour trouver une « vraie » vérité, qui matche entre la marque, son passif, son offre. Le principal enjeu est donc d’aider les marques à se transformer et à comprendre leur rôle. Le digital offre beaucoup de possibilités pour faire de la veille, pour comprendre. Au début on utilisait internet avec des blogs comme La Réclame, aujourd’hui on utilise les réseaux sociaux, il y a beaucoup plus de forums. Une pratique qui se fait bien est de descendre dans la rue directement auprès du public pour interviewer les personnes au moyen de micro-trottoir et tester les hypothèses sur le terrain. On se rend également sur le lieu de transformation de points de vente pourquoi directement comment cela se passe sur place. Aujourd’hui peu importe le sujet on retrouve des podcasts pour en apprendre plus sur le thème d’étude. Tiktok permet aussi un accès à énormément d’informations. Avant les services de planning stratégique devaient récupérer beaucoup de données, aujourd’hui l’enjeu n’est pas tant d’en récupérer mais de donner de l’intelligence à la donnée, qu’est ce que la donnée, qu’est quelle veut dire et comment je m’en sers en tant que marque. Solenne me parle alors de son expérience chez Ipsos, lorsqu’elle travaillait pour le compte de L’Oréal, on a donné au service de planning stratégique toutes les études réalisées depuis 5 ans. En regardant uniquement les études, Solenne était sûre de passer à côté de beaucoup de matière. En regardant avec un œil plus tourné vers l’innovation, tendances et choses qui sont entrain de se passer elle et son équipe ont sorti de nombreux nouveaux usages sur ce qui est entrain de se passer, et notamment sur les préoccupations de la composition des produits.

Et l’avenir du marketing digital ?

Quand il s’agit de se positionner concernant le futur de notre secteur, Solene me fait par du fait que nous sommes dans l’attente. Côté marché, marché les agences vont mal, les annonceurs se rendent compte qu’ils peuvent faire par eux-mêmes et se questionne, « à quoi ca sert de payer une agence quand on peut le faire nous même » ? Il y a donc un travail de revalorisation de notre métier, de la force créative à faire. Avant on avait de très belles campagnes, avec de grands photographes, on parlait beaucoup de la publicité. Le futur du secteur peut sembler un peu noir mais il y a encore des possibilités, dans le métier de planneur stratégique, il y a l’idée de donner du sens. Il faut relativiser, la publicité n’est pas si pourrie que ça. Côté consommateur on voit la mise en place de plus en plus d’adblock, un exaspération devant les cookies. Les marques spament et sont trop opportunistes, il convient de donner un peu de courage aux marques. Pour Solene en publicité, communication, et marketing on ne s’applique pas ce qu’on conseille, on est resté en surface du sens, de pourquoi on fait ces actions. Aujourd’hui nous sommes dans une société où on est train de dire qu’on veut moins consommer. Immédiatement il y a un coté inquiétant où on se demande comment on va faire pour travailler si on ne doit plus pousser à consommer ? Solene reste optimiste et se demande comment est-ce qu’on pourrait s’appliquer les choses. Pour elle, nous devons rendre attractive la sobriété consumérisme, donner des outils pour mieux consommer. Il ne faut pas empêcher les autres de communiquer sur leur quête de sens et montrer que la com’ peut-être utile, qu’elle peut servir à transformer et à changer les choses. Pour elle la sobriété de la communication c’est communiquer moins mais mieux, plus juste plus malin, arriver au bon moment et éviter les déceptions des consommateurs en expliquant ce qui va et ce qui ne vas pas.

La concernant, Solenne se voit continuer de travailler à son compte et se voit aller vers un mode de travail plus hybride, avec une réorganisation de ses semaines de travail. Etre à son compte c’est aussi pour elle l’opportunité de travailler pour des projets qui la passionne.