L’agent qui agit à la place de l’utilisateur

Analyse de marché, VivaTech 2026 · Pavillon French Tech Grand Paris

Pendant longtemps, l’intelligence artificielle a surtout produit du texte : des réponses, des résumés, des brouillons. Une nouvelle famille de modèles change la donne. Ces systèmes ne se contentent plus de répondre, ils utilisent un ordinateur comme le ferait un salarié : ils regardent l’écran, cliquent, saisissent des données et enchaînent les actions dans plusieurs logiciels. C’est le terrain de l’« IA agentique », et c’est aussi le terrain sur lequel H Company, présente sur le pavillon French Tech Grand Paris au Hall 7.2, a choisi de se positionner.

Un marché qui passe de la conversation à l’action

Les fiches du pavillon montrent que l’IA agentique occupe une place centrale parmi les 18 scale-ups présentes. Plusieurs d’entre elles proposent des agents capables d’exécuter des tâches, et non plus seulement de les décrire. La question qui se pose désormais aux entreprises n’est donc plus seulement « que sait faire l’IA ? », mais « que peut-elle faire seule, et avec quelles garanties ? ».

H Company répond à cette question par la recherche. La société a lancé Holo3 fin mars 2026, une famille de modèles conçus pour piloter des logiciels à travers leur interface graphique, avec une version open source, Holo3-35B-A3B, disponible sous licence Apache 2.0. La version suivante, Holo3.1, est sortie début juin 2026 en quatre tailles, dont une version assez légère pour tourner sur un ordinateur portable. Ce choix compte pour les entreprises qui veulent limiter les coûts et garder leurs données en local.

Un modèle hybride : laboratoire et ingénieurs sur le terrain

Ce qui distingue H Company, selon sa présentation sur le pavillon, c’est son organisation. La société combine un laboratoire de recherche en IA avec des ingénieurs intégrés aux équipes clients, qui conçoivent des solutions sur mesure. Son CEO, Gautier Cloix, est l’ancien dirigeant de Palantir France, un passé qui éclaire cette approche orientée déploiement plutôt que démonstration.

Les premiers partenariats confirment cette logique. H Company a annoncé, lors du sommet Choose France, un partenariat avec FDJ UNITED, un opérateur européen de jeux et de loteries, pour déployer l’IA agentique sur plusieurs processus opérationnels. Le fait que l’entreprise cite des cas d’usage dans des organisations existantes, et non uniquement des démonstrations, est un signal important pour les directions qui doutent encore de la maturité de ces technologies.

Une trajectoire qui n’a pas été linéaire

Le parcours de H Company illustre aussi les tensions du secteur. Selon la presse spécialisée, la société a été fondée à Paris, a levé 220 millions de dollars dès sa création, puis a connu un renouvellement important de sa direction, trois de ses cinq cofondateurs ayant quitté l’entreprise. Elle a depuis été intégrée à une coalition internationale d’acteurs de l’IA qui mettent en commun des ressources de calcul, un avantage décisif dans une course où les moyens de calcul sont l’un des principaux facteurs de compétitivité.

Ce que cela dit du marché européen

H Company est un bon indicateur de la place de la France dans l’IA agentique. Son CTO, Pierre-Louis Cedoz, doit présenter à l’événement AGNTCON Europe, à Amsterdam, en septembre 2026, la manière dont l’entreprise a construit Holo3 et déploie ses agents dans des environnements de production. Le sujet n’est donc pas réservé aux laboratoires : il intéresse déjà les entreprises européennes qui cherchent des alternatives aux grands acteurs américains.

Pour les dirigeants, la question qui se pose est désormais double : où placer l’IA agentique dans l’organisation, et comment en garder le contrôle. Les modèles qui tournent localement et les agents qui agissent dans des logiciels métiers répondent à une partie de ce besoin, mais ils déplacent aussi la responsabilité des erreurs vers ceux qui les déploient.

Et du côté de H Company ?

Le pavillon présente H Company comme une entreprise de deeptech spécialisée dans l’IA agentique, capable d’automatiser des processus complexes de bout en bout. Son CEO, Gautier Cloix, est présent sur le salon. Ses modèles, selon la fiche officielle, se classent parmi les meilleurs sur le benchmark OSWorld-Verified, qui mesure la capacité d’un agent à accomplir des tâches sur un ordinateur. L’entreprise revendique ainsi une position de tête sur une mesure encore jeune, mais de plus en plus suivie.