La révolution des montres connectées

par | Juil 14, 2021 | Apps, E-Santé, Santé | 1 commentaire

Apple, Samsung, Xiaomi, Withings… ces sociétés investissent et révolutionnent le marché de la santé avec leurs montres connectées capables de réaliser des ECG (électrocardiogramme). Nous assistons à une vraie révolution non seulement pour le domaine de la santé mais finalement pour la cardiologie. En effet, les cardiologues et autres médecins s’enthousiasment à l’idée de donner accès à des millions de personnes en temps réel, aux données d’un ECG de surface.

Le fait que ces géants internationaux investissent dans la santé est une réelle bonne nouvelle. D’autant plus que ces sociétés ont choisi l’électrophysiologie (l’étude des phénomènes électriques qui se produisent dans les cellules, tissus, neurones et fibres musculaires) à forte valeur symbolique de vie et/ou de mort, pour s’installer sur le marché de la santé.

Comment cela fonctionne ?

Concrètement, ces montres mesurent l’activité électrique du cœur ; c’est-à-dire l’impulsion électrique qui traverse le cœur pour permettre sa contraction, grâce à deux électrodes, une placée sous la montre au contact du poignet et une seconde au niveau d’un bouton pressoir. Elles vérifient une seule dérivation, un seul « point de vue » de l’activité électrique, permettant de détecter un éventuel défaut électrique du coeur.

Si la montre détecte un problème, elle affiche un message préventif de suggestion de fibrillation auriculaire (aussi appelé fibrillation atriale), et invite à consulter rapidement un spécialiste ; il s’agit ici de l’anomalie cardiaque la plus fréquente (elle se caractérise par une contraction anarchique et inefficace de l’oreillette du coeur, ce qui favorise la formation de caillots sanguins).

Des challenges pour la profession

Selon les différents acteurs de profession médicale, il est désormais de se préparer – cardiologues, équipes médicales et paramédicales, enseignants, étudiants, chercheurs – pour une modification en profondeur des pratiques.

Dans un premier temps, sur le volet technique, ces montres connectées ne permettent l’enregistrement que d’une seule dérivation contre douze pour les dispositifs habituels. La question soulevée par les spécialistes est donc de savoir ce que l’on peut détecter avec l’enregistrement d’une seule dérivation et ce que l’on peut manquer. En effet, dans un ECG, c’est avoir plusieurs points de vue différents de la même activité électrique (fournie par les 12 dérivations) qui permet un constat médical complet et sûr.

Dans un second temps, l’accès à ces données par le public (à priori non-expert) nécessiterait éventuellement une formation. Il serait question non seulement de former les utilisateurs de ces montres connectées à leur compréhension, mais également de former le corps médical, spécialiste et non spécialiste, à lire les données. L’idée est que chacun soit capable de lire correctement les données fournies et puisse accompagner les patients dans cette approche.

Finalement, ces montres ouvrent tout le champ des possibles dans le domaine de la recherche. Peut-être que vous ne le saviez pas mais les montres surveillent également automatiquement toutes les deux heures et sans intervention particulière le rythme cardiaque (le pouls) de son propriétaire. Couplées aux données de télémédecine, c’est une aubaine pour multiplier les angles de vue. On peut aisément imaginer que de nombreuses entreprises investiront ce domaine dans les années à venir.

En résumé, les montres connectées capables de réaliser des électrocardiogrammes révolutionnent les pratiques cliniques.
Ce développement constant du domaine de la santé connectée laisse même rêveur, avec à terme une intelligence artificielle capable peut-être d’établir un premier diagnostic sur la montre.
Autant de bruit permettant par ailleurs de sensibiliser le public aux troubles du rythme cardiaque. En effet, il est bon de rappeler que les maladies du rythme cardiaque sont un vrai enjeu de santé publique, car la fibrillation atriale (trouble du rythme cardiaque le plus commun devant la fibrillation ventriculaire), elle-seule, touche 33 millions de personnes dans le monde.