La place du digital dans les campagnes 360° : Rencontre avec Elodie Douroux, Cheffe de projet senior chez McCANN

Aujourd’hui, aucune grande campagne publicitaire ne peut exister sans une stratégie digitale forte. Pour comprendre comment ces écosystèmes se construisent en agence, nous avons échangé avec Elodie Douroux, Alumni de l’ISCOM et Cheffe de projet senior chez McCann Paris. Passée par SCORE DDB et Leo Burnett, Elodie nous explique comment le digital a transformé son métier et la gestion des productions publicitaires.
Bonjour Elodie ! Ton parcours en agence t’a permis de toucher à de nombreux formats. Comment la part du digital a-t-elle évolué dans tes projets depuis tes débuts ?
Elodie Douroux : Bonjour ! C’est vrai que le digital a pris une place centrale. Pendant mes études à l’ISCOM et mes premières expériences en alternance, notamment chez SCORE DDB, j’ai rapidement été amenée à gérer des productions très variées : de l’affiche classique, mais aussi beaucoup d’emailings et de vignettes digitales. Aujourd’hui, en tant que Cheffe de projet senior chez McCann, le digital n’est plus un « bonus » à la fin d’un projet, il est pensé dès la prise de brief. Une campagne globale se décline immédiatement pour les réseaux sociaux, le format web et l’affichage digital. Le rythme de production est aussi beaucoup plus rapide sur ces formats.
Sur de grandes campagnes internationales, comme celle de MSC Cruises, comment gères-tu concrètement le déploiement digital ?
Elodie Douroux : Mon rôle est de m’assurer que la vision créative globale s’adapte parfaitement à chaque canal digital. Je coordonne ce qu’on appelle la production en « soft decoupling ». Cela signifie que l’on sépare la conception de l’idée créative (l’image de marque, le film principal) de son exécution technique et de ses multiples déclinaisons numériques. Concrètement, à partir d’une vidéo ou d’un visuel clé, nous allons devoir produire des dizaines de formats digitaux spécifiques (bannières web, stories Instagram, vidéos courtes pour TikTok). Cela demande une coordination millimétrée entre les équipes créatives, les équipes techniques et le client.
Quels sont les outils numériques ou les méthodes qui te sont indispensables au quotidien pour mener à bien ces missions ?
Elodie Douroux : Dans la gestion de projet digital, la donnée et le respect des plannings sont rois. Il faut maîtriser les outils de gestion de budget (les Scope of Work) et de suivi des timings. D’ailleurs, même si l’on parle d’innovation numérique tous les jours, l’outil qui reste le plus indispensable pour structurer nos données et nos plannings complexes, c’est Excel ! J’ai d’ailleurs récemment partagé un post pour ses 40 ans : il reste notre meilleur allié pour garder le contrôle sur des campagnes aux centaines de livrables digitaux. Ensuite, il est crucial de faire une veille concurrentielle digitale permanente pour comprendre les nouveaux formats qui émergent.
Quel conseil donnerais-tu à un.e étudiant.e qui souhaite s’orienter vers la gestion de projet digital en agence ?
Elodie Douroux : Soyez curieux techniquement ! Un.e bon.ne chef.fe de projet n’a pas besoin de savoir coder ou maîtriser toute la suite Adobe, mais vous devez impérativement comprendre les contraintes techniques du digital (les formats, le poids des fichiers, les parcours utilisateurs, etc.). Lors de vos stages ou alternances, observez comment travaillent les créatifs digitaux. Plus vous comprendrez leur langage, mieux vous saurez les briefer et défendre leurs idées face aux clients.