Lorsque l’on parlait de voiture autonome il y a quelques années, nous avions en tête les scènes cultes de « Retour vers le futur« . Désormais, l’autonomie d’un véhicule est un enjeux majeur pour les constructeurs automobiles. Un véhicule est autonome s’il peut assister et prendre des décisions sans intervention humaine. Un grand nombre de constructeurs sont à pied d’œuvre pour augmenter le niveau d’autonomie de leurs véhicules tout en rendant cette technologie la plus sûre possible. Il est important de différencier véhicule autonome et pilotage automatique.

Véhicule autonome, de quoi parle t’on ?

Le terme « autonome » signifie qu’une tâche s’exécute sans une intervention externe. Par conséquent, un véhicule autonome est un véhicule qui est en capacité de réaliser des actions sans intervention humaine. Les niveaux d’autonomies sont classifiés selon 5 niveaux. Actuellement, les véhicules en circulation possèdent des niveaux d’autonomie entre 2 et 3 maximum.

Un véhicule autonome possède plusieurs niveaux d'autonomie. Ces niveaux vont de 1 à 5.
Les différents niveau d’autonomie d’un véhicule – Matmur.fr

+ Le niveau 1 constitue une assistance à la conduite. En effet, le conducteur peut avoir recours à des équipements lui permettant de faciliter son expérience de conduite. Par exemple, le régulateur de vitesse, la direction assistée ou encore le radar de franchissement de ligne.

+ Le niveau 2 permet au conducteur de déléguer certaines tâches grâce à des fonctionnalités adaptatives d’une partie de l’environnement du véhicule. Néanmoins, il ne doit pas être moins vigilant puisqu’il doit pouvoir reprendre les commandes à tout moment.

+ Le niveau 3 d’autonomie donne au véhicule une compréhension totale de l’environnement sur certaines routes telles que les autoroutes. Le véhicule peut alors anticiper les dangers ou encore dépasser seul lorsque le clignotant est activé par le conducteur.

+ Le niveau 4 est une autonomie totale du véhicule mais sur des zones bien définies. Si le conducteur sort de ces zones, il doit être en capacité de reprendre les commandes du véhicule.

+ Le niveau 5 est une autonomie complète sur l’intégralité des routes. Le véhicule pourrait transporter des passagers d’un point A à un point B sans aucune assistance humaines. Le niveau 5 représente un énorme défi pour l’humanité puisqu’il faudrait faire entièrement confiance à une machine. C’est ainsi que se pose la question de la moralité.

Les choix moraux d’un véhicule autonome

En 2017, Clémence Merlot, Alumni du MBA Digital Marketing & Business de l’EFAP, s’interrogeait déjà sur l’avenir des voitures autonomes et surtout de la responsabilité en cas d’accident. Aujourd’hui, la question de la responsabilité est couramment au centre des discussions. La mise en circulation et la cohabitation de véhicule 100% autonome sur les routes interroge. En effet, les potentielles défaillances du système de pilotage automatique pourraient engendrer de grave problèmes. Alors, en cas d’accident avec un véhicule autonome, à qui la faute ?

Tout d’abord, le nom de la fonctionnalité prête à confusion. En activant le pilote automatique, le conducteur peut supposer qu’il n’a plus rien à faire à part attendre d’être arrivé à destination. Faux ! Pour le moment, les niveaux d’autonomie sur le marché constituent uniquement une assistance à la conduite. C’est certes très avancé, mais la vigilance du conducteur ne doit pas être réduite à zéro.

L’autonomie d’un véhicule ne va pas empêcher les accidents de se produire, en effet, certains facteurs externes seront impossibles à prédire. Une équipe de chercheurs s’est penchée sur cette question morale et éthique dans un article publié dans la revue Arxiv.

Foncer dans un mur pour sauver des piétons ou foncer sur les piétons pour sauver les passagers ? Tel est le dilemme d'un véhicule autonome.
Le dilemme des choix moraux d’un véhicule autonome – Le Monde

Plusieurs situations ont été présentées aux participants pour déterminer si la morale induit leurs choix. Faut-il dévier un véhicule contre un mur pour sauver des piétons à un passage protégé ? Ou faut-il renverser les piétons pour sauver les passagers du véhicule ?

Les participants sont majoritaires à vouloir sauver le maximum de personnes. L’algorithme du véhicule autonome devrait donc calculer s’il faut sauver les passagers du véhicules ou les piétons. Néanmoins, les participants sont moins nombreux à vouloir sauver le maximum de personnes lorsqu’ils se placent en position de passager. 

Quelle morale pour les voitures autonomes ? – Arte

La responsabilité en cas d’accident

Par principe, tout conducteur d’un véhicule est responsable des infractions commises dans le cadre de la conduite de ce dernier. Néanmoins, si l’infraction est commise alors qu’un système de pilote automatique est activé, c’est le constructeur automobile qui est mis en cause. Cependant, le conducteur utilisant cette fonction doit se tenir prêt à reprendre la main à la demande du système automatique. C’est donc le conducteur qui sera responsable de l’infraction sauf en cas de dysfonctionnement majeur du système de pilotage automatique.

On pourrait se dire qu’il est difficile de savoir qui du conducteur ou du système automatique était aux commandes au moment de l’infraction mais les véhicules autonomes possèdent un dispositif d’enregistrement des données : c’est la boîte noire des systèmes automatiques. Alors, si vous possédez un véhicule avec des fonctionnalités d’autonomie, restez vigilant !