La loi anti-gaspillage, un acteur de changement pour les marques ?

En 2022, l’interdiction de détruire les produits non alimentaires neufs invendus s’appliquera aux articles non alimentaires. Cela signifie que les producteurs, importateurs et distributeurs devront désormais « donner, réutiliser ou recycler ».

On y est.

Et c’est très concret.

En France chaque année, 630 millions de produits sont détruits ; entre 10 000 et 20 000 tonnes de produits textiles connaissent le même sort ; l’équivalent de 180 millions d’euros de produits d’hygiène et de beauté finissent eux aussi à la benne.

Chaque famille française accumule 30 kg d’imprimés publicitaires ; chaque hypermarché utilise 10 600 rouleaux de papier pour l’impression des tickets de caisse qui finssent bien souvent à la poubelle sitôt passées les portes des grandes surfaces… Pourvus qu’ils soient jetés.

gouvernement.fr

Ces chiffres sont vertigineux, c’est bien plus que les dons de ces mêmes produits qui sont cinq fois supérieur et s’élève à 140 millions d’euros, selon la dernière étude de l’Agence du don en nature (ADN) qui collecte les invendus non-alimentaires et les redistribue aux plus démunis.

Certaines des mesures issues de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire va permettre de les faire diminuer pour, à terme, les faire disparaitre selon différentes échéances. (voir infographie plus bas).

En 2020, le Premier ministre Édouard Philippe, a promis l’interdiction de la destruction des produits non alimentaires neufs invendus : « Ce sera une première mondiale. Le but n’est pas d’imposer ou de contraindre, mais d’accompagner les entreprises dans la gestion de leurs stocks, dans le recyclage de leurs produits et ainsi d’économiser les matières premières et d’éviter ce gaspillage insupportable. »

Cette mesure figure, parmi bien d’autres, dans le projet de loi sur l’économie circulaire et la lutte contre le gaspillage, préparé par la secrétaire d’État Brune Poirson. Avec ce texte, présenté en Conseil des ministres le 10 juillet, le Gouvernement entend marquer l’accélération du changement des modèles de production et de consommation afin de limiter les déchets et préserver les ressources naturelles, la biodiversité et le climat.

Selon l’étude Ipsos réalisée pour Comerso, « 13 % des grandes surfaces spécialisées interrogées déclarent détruire leurs invendus, quand 58 % ont recours au déstockage. » Il est effectivement regrettable que chaque établissement soit libre de se débarrasser de ses invendus comme bon lui semble. Cela signifie souvent que les produits sont gaspillés faute des attentes de notre société.

Notre société est-elle la source de tous ces maux ?

De nombreux d’entre nous estiment que le gaspillage existe à cause de la société de consommation. Et plus particulièrement des industriels, supermarchés et magasins. Selon une étude, l’ADEME indique que généralement le gaspillage concerne « les autres » autres que nous-même.

Pour les personnes interrogées de l’enquête, le gaspillage et action de jeter vont souvent de pair. Une conception qui peut s’avérer erronée et qui s’explique notamment par le fait que la pensée commune associe gaspillage à alimentation. Mais voilà, pour ces personnes interrogées, les objets peuvent être inutilisés et rester dans un placard sans qu’ils ne soient jetés à la poubelle, comme des millions de smartphones en France par exemple ou encore, des objets achetés sans en avoir pour autant besoin.

L’objectif de la loi AGEC est de contraindre les entreprises à changer leur modèle de production. Il ne suffit plus de justifier la destruction des invendus, mais bien de l’interdire et de la sanctionner. En effet, il est nécessaire que les marques reviennent à la source du problème universel : la surproduction engendrée par notre demande excessive de biens pas toujours essentiels. De ce fait, cette loi vient mettre un coup de pied dans la fourmilière des marques de mode, habituées à détruire ce qui leurs reste. Depuis 2019, nous entendions parler du projet de loi Anti-Gaspillage pour l’Économie Circulaire (AGEC). Enfin votée à l’Assemblée Nationale et au Sénat, la loi va accélérer le changement de modèle de production et de consommation des entreprises et des consommateurs afin de limiter les déchets et préserver les ressources naturelles, la biodiversité et le climat.

Plusieurs solutions d’éco-conception sont actuellement déjà disponibles, telles que le démantèlement facile des produits en fin de vie, la production sur commande plutôt qu’en vrac, et la revalorisation des produits existants en les intégrant dans des plateformes ou au sein même d’une marque. S’attaquer à la cause est certainement plus complexe et plus long que de trouver des excuses aux conséquences, mais c’est néanmoins la seule solution éthique.

Le gaspillage est souvent associer à l’acte de jeter, et si dans l’imaginaire ne pas jeter équivaut à ne pas gaspiller ?

Garder les objets pour ne pas les jeter est souvent évoqué. Ceux-ci seront souvent accumulés en pensant qu’ils pourront un jour être réparés ou utilisés. mais voilà, de nombreuses solutions existent dans le but d’éviter à ces objets de s’entasser et ainsi éviter le gaspillage des solutions existent : les dons, la remise en circulation des objets par des associations, le réemploi, ainsi que la transformation en donnant une seconde vie à ses objets ou vêtements.

Chacun d’entre nous doit faire sa part pour faire ralentir à titre collectif notre façon de consommer…

Les produits qui ne se vendent pas sont considérés comme une perte par les détaillants. Le coût d’élimination de ces produits s’élève à environ 1 milliard de dollars par an aux États-Unis, où les détaillants paient des transporteurs pour enlever les invendus des produits qui pourraient être portés ou réparés/upcyclés/recyclés. La seule façon de ralentir le rythme est de changer l’obsession de notre société pour la nouveauté. Il y a trop de produits créés, trop de choses produites et trop de choses jetées. Ce rythme n’est pas viable.

En 2000, la production de vêtements a doublé. Parallèlement, en 20 ans, notre façon de consommer la mode a changé : nous achetons deux fois plus de vêtements et les gardons deux fois moins longtemps. Un piège qui se referme sur la planète comme sur nous !

Les méthodes de H&M sous le feu des critiques. Selon des journalistes danois qui ont mené l’enquête, l’enseigne suédoise de prêt-à-porter aurait brûlé au Danemark 60 tonnes de vêtements invendus depuis 2013. Soit 12 tonnes par an. MAis, L’entreprise l’assure : ses invendus, quand ils ne sont pas dangereux pour le consommateur, sont donnés à des oeuvres de charité ou bien recyclés, lorsqu’ils ne sont pas soldés. Une promesse environnementale et marketing sur laquelle H&M, qui a fait de la mode durable un credo, n’entend pas être attaquée.

Enfin, la loi pose un objectif de 100% de plastique recyclé d’ici 2025 ainsi que la fin de la mise sur le marché d’emballages en plastique à usage unique d’ici à 2040. Des objectifs de réduction, de réutilisation, de réemploi et de recyclage de ces emballages sont fixés par décret pour la période 2021-2025, puis tous les cinq ans jusqu’en 2040. Parallèlement, plusieurs mesures pour réduire le plastique à usage unique sont instaurées : 

La loi a été promulguée le 10 février 2020

Elle a été publiée au Journal officiel du 11 février 2020

Pour en savoir plus, voici un infographie réalisée par le gouvernement français récapitulant différents piliers de cette loi et leurs échéances.

Sources.

https://www.thegoodgoods.fr/societe/destruction-invendus-marques-mode-luxe-sera-interdite-2022/

https://www.ecologie.gouv.fr/loi-anti-gaspillage-economie-circulaire-1

https://www.vie-publique.fr/loi/268681-loi-10-fevrier-2020-lutte-contre-le-gaspillage-et-economie-circulaire

https://www.leparisien.fr/economie/l-enseigne-h-amp-m-accusee-de-bruler-des-tonnes-de-vetements-invendus-31-10-2017-7365513.php

https://www.gouvernement.fr/gaspillage-il-sera-bientot-interdit-de-jeter-les-invendus

https://www.lsa-conso.fr/non-alimentaire-la-chasseau-gaspillage-est-ouverte,322876

https://www.gouvernement.fr/vetements-aliments-medicaments-evitez-le-gaspillage-au-quotidien#:~:text=L’interdiction%20de%20la%20destruction,incin%C3%A9r%C3%A9s%20mais%20donner%20ou%20recycler.

https://www.lsa-conso.fr/non-alimentaire-la-chasseau-gaspillage-est-ouverte,322876