La banque : d’un lieu à une application

Aujourd’hui, tout devient digital, même notre banque. Virements, prêts, suivi de nos comptes… Tout se pilote depuis notre smartphone, souvent sans pousser la porte d’une agence. Nos pratiques évoluent de jour en jour et remettent en question la relation bancaire.

Ce sujet n’est pas anodin pour moi. Étudiante en marketing digital, je travaille sur une thèse consacrée à la transformation organisationnelle des services bancaires à l’ère des agents IA : comment repenser la répartition du travail et la performance après l’automatisation ?

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Avant d’entrer dans le fonctionnement interne des banques nous allons découvrir : comment le digital a changé la relation entre les clients et leur banque. On passe ainsi du grand sujet, la digitalisation du secteur, à ce qui se joue à l’intérieur des établissements bancaires.

1. Une infographie pour prendre la mesure de ce changement : 

Pour prendre conscience de cette transformation, j’ai réalisé une infographie qui rassemble des chiffres clés sur le digital et les banques en Europe.

Infographie : La banque d'un lieu à une application

2. Voyons ce que ces chiffres racontent : 

Avant : la banque était un lieu

Il y a quelques années encore, la relation bancaire se créait principalement en agence physique, via des rendez-vous avec son conseiller ou bien par courrier. La banque avait une adresse, un visage et des horaires d’ouverture. Cette proximité faisait partie de la promesse : on confiait son argent à quelqu’un que l’on connaissait.

Aujourd’hui : la banque tient dans la poche

D’après Eurostat, 72 % des Européens utilisent les services bancaires en ligne. Ce n’est plus un usage de niche : près de trois Européens sur quatre gèrent au moins une partie de leur relation bancaire à distance.

Selon Selectra, on compte aujourd'hui plus de 10 néo-banques en Europe. Ces établissements n’ont ni guichet ni agence : leur point de contact, c’est l’application.

Un compte, une carte, un virement : les produits se ressemblent d’une banque à l’autre. La différence se fait donc ailleurs, dans la confiance du et la façon dont la banque se fait comprendre de ses clients.

Paiements : le mobile progresse, la carte résiste

L’infographie consacre une partie aux paiements, et elle invite à la nuance. D’un côté, 57 % des paiements ne se font pas en espèces en Europe (BCE, second semestre 2025). Le paiement dématérialisé est devenu la norme, même si cela ne signifie pas que l’espèce ait disparu.

De l’autre, le paiement par mobile est encore discret : selon l’étude de la BCE sur les attitudes de paiement, seuls 6 % des paiements par carte en point de vente physique sont réalisés par mobile. Autrement dit, notre smartphone est devenu notre banque, mais pas encore notre portefeuille. Je trouve ce chiffre intéressant : il montre que l’adoption digitale n’est pas uniforme.

Réseaux et vigilances : moins d’agences, plus de risques

Le dernier volet de l’infographie met face à face deux phénomènes. Le premier est la disparition progressive du réseau physique : -24 % d’agences bancaires physiques dans l’Union européenne entre 2018 et 2025 (BCE). Le chiffre concerne l’ensemble de l’Union et ne dit rien de la situation de chaque pays, mais la tendance est nette.

Le second est plus inquiétant. Selon le rapport conjoint de l’ABE (Autorité bancaire européenne) et de la BCE sur la fraude aux paiements, 74 % des virements frauduleux en Europe viennent d’une manipulation du client : faux conseiller, hameçonnage… Ces fraudes ne piratent pas un système, elles exploitent la confiance d’une personne. On peut alors se demander si la distance créée par le digital ne rend pas ce type d’arnaque plus facile : face à un faux conseiller au téléphone, qui peut vérifier ? Ce chiffre pose une question à la fois de sécurité et de marketing : comment une banque 100 % digitale rassure-t-elle, éduque-t-elle ses clients et reste-t-elle identifiable parmi les imitateurs ?

Quelle place pour la relation humaine ?

Passer d’un lieu à une application a un effet que les chiffres montrent mal : la relation devient plus autonome, plus rapide, mais aussi plus distante. Le conseiller qui connaissait son client ne disparaît pas forcément, mais son rôle change, et celui de toute l’organisation bancaire. C’est précisément le point de départ de ma thèse. Si les agents IA prennent en charge une part croissante des tâches, comment répartir le travail entre l’humain et la machine, et que devient la performance ?

Cela pose une question simple, que je vous laisse en commentaire : jusqu’où sommes-nous prêts à perdre la relation humaine avec notre banque, et qu’attendons-nous d’elle demain ?

Sources : BCE, Eurostat, Selectra

Candice Dubois, LinkedIn

→ Note méthodologique IA