Rencontré à VivaTech 2025, le gérant d'ITNET nous a ouvert les portes d'une vision où cybersécurité, cloud et écologie ne font qu'un.

Dans les allées animées de VivaTech, difficile de passer à côté d'ITNET. Cette startup fondée en 2020 ne ressemble pas aux autres exposants. Pas de grands écrans tape-à-l'œil, pas de discours marketing creux. Ici, on parle de data centers, de cybersécurité, de cloud et surtout, d'une technologie de refroidissement qui pourrait bien changer la donne dans un secteur parmi les plus énergivores au monde.
Une entreprise née à la croisée de deux urgences
Dès les premières minutes de l'échange, le ton est donné. "Nos axes de métiers, c'est la cybersécurité et le cloud. On a une vision 360° sur ces deux domaines", explique le gérant. Mais ce qui distingue vraiment ITNET, c'est son approche du déploiement des centres de données. Après un premier site lancé à Chanteloup commune française d'Ille-et-Vilaine, l'entreprise poursuit son développement à Cergy, où elle déploie une infrastructure dédiée à la puissance de calcul pour l'intelligence artificielle avec une particularité technique majeure : le refroidissement par immersion.

Immerger pour mieux économiser
Le principe peut surprendre au premier abord. Les équipements informatiques sont plongés dans un liquide non, pas de l'eau spécialement conçu pour absorber la chaleur dégagée par les serveurs et les refroidir naturellement. "On va prendre les équipements, on va les immerger dans un liquide pour maintenir la température et absorber la chaleur de l'équipement", détaille le gérant. Le résultat ? Des économies d'électricité significatives, dans un secteur où la consommation énergétique des data centers devrait bondir de plus de 75 % d'ici fin 2026 selon l'Agence internationale de l'énergie.
Autre atout de taille : le liquide utilisé est biodégradable, fabriqué à partir de composants naturels, et la durée de vie du système atteint 15 ans sans remplacement. Une longévité rare dans un secteur où l'obsolescence est souvent programmée.
L'écologie, une conviction pas une case à cocher
Quand on lui demande si la RSE fait partie des priorités quotidiennes d'ITNET ou si elle est perçue comme une contrainte extérieure, la réponse est immédiate et sans ambiguïté. "L'écologie, c'est super important pour nous. On essaie de réduire au maximum notre consommation d'énergie." Une posture qui tranche avec le greenwashing ambiant que l'on croise trop souvent dans les allées des salons tech.

Le gérant reconnaît cependant une limite réelle : ITNET ne dispose pas encore d'outils numériques dédiés au suivi de ses indicateurs environnementaux. "Dans le futur, il faudra qu'on les utilise", admet-il avec franchise. Une honnêteté qui force le respect, dans un contexte où beaucoup d'entreprises surestiment leur maturité RSE.
Tech et RSE : deux domaines qui se "matchent"
Sur la question centrale la technologie peut-elle être un moteur de la RSE, ou les deux restent-ils des mondes séparés ? le gérant convoque Lavoisier pour répondre : "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Ce sont deux domaines qui se marient, qui se matchent." Une formule simple, mais qui résume parfaitement la philosophie d'ITNET.
Il pointe toutefois un frein structurel souvent sous-estimé : les composants électroniques sont majoritairement achetés auprès de fabricants étrangers, qui ne sont pas toujours soumis aux mêmes exigences environnementales qu'en Europe. "Si le fournisseur ne peut pas suivre ces normes-là, on ne pourra pas non plus", analyse-t-il. Un enjeu qui dépasse largement les seules startups françaises et qui interroge la cohérence des chaînes d'approvisionnement mondiales.
"C'est une question de volonté"
Dernière question, la plus directe : est-ce que la transition écologique du numérique, c'est vraiment possible ? "C'est une question de volonté, c'est une question de choix", répond-il sans hésiter. "Nous, on a choisi d'aller à fond dans l'écologie parce que c'est important pour la nature et on arrive à le faire."
Un message clair, à l'heure où trop d'entreprises attendent d'y être contraintes pour bouger. ITNET, elle, n'a pas attendu.
