SEO et GEO : interview de Thibaut Legrand sur l'avenir de la visibilité avec l'IA

Introduction

L’essor de l’intelligence artificielle bouscule le référencement naturel : nous passons des moteurs de recherche aux moteurs de réponse. Aujourd’hui, l’enjeu n’est plus seulement d’être premier sur Google, mais d’être cité directement par ChatGPT, Gemini ou Perplexity. C’est tout l’enjeu du virage entre SEO et GEO (Generative Engine Optimization).

Pour décrypter ces nouvelles règles du jeu, nous avons rencontré Thibaut Legrand co-fondateur de l’agence Vydera.

Stratégie, erreurs fréquentes des entreprises et conseils pour les étudiants : il nous livre ses clés de terrain. Entretien.

1.Pouvez-vous vous présenter et nous expliquer votre parcours dans le SEO et la création de sites web ?

« Je suis Thibaut Legrand, co-fondateur de Vydera, une agence de visibilité AI-native spécialisée en SEO et GEO/AEO.

Mon parcours dans le digital commence pendant mon Master Management de projets digitaux à l’UPJV. En 2021, en première année de master, je rejoins l’aventure entrepreneuriale d’un ami qui voulait lancer un média en ligne dédié à la mode éco-responsable. Je m’occupe de tout le volet visibilité : gestion du site web, SEO, création de contenus. C’est là que je fais mes premières armes en référencement et en gestion de site. J’y reste six mois, puis je décide de chercher un stage de fin d’études dans le SEO pour mon master 2.

En 2022, je rejoins Digidop, une agence spécialisée dans la création de sites web sur Webflow, en tant que spécialiste SEO. Mes missions : former les clients aux bonnes pratiques du référencement naturel une fois leurs sites livrés, et piloter la stratégie SEO de l’agence pour la faire connaître.

Très vite, je m’intéresse de près à l’outil avec lequel l’agence construit ses sites : Webflow. Je me spécialise dessus, et au-delà du SEO, mes missions se recentrent sur le développement de sites optimisés pour le référencement. Pendant des années, je construis des sites sur Webflow, je gère du CMS, je mets en place de l’analytics et du tracking, bref tout ce qui fait qu’un site existe vraiment et pas seulement qu’il est joli.

Je travaille chez Digidop de 2022 à 2025. Mais sur ces années, le marché du web évolue très vite avec l’essor de l’IA. Les habitudes de recherche changent petit à petit : les gens cherchent de plus en plus directement dans les LLMs comme ChatGPT, Perplexity ou Gemini. Au-delà du SEO, on commence à entendre parler de GEO. On y voit une vraie opportunité de marché, et en 2026, je m’associe avec mes anciens patrons pour créer Vydera. »

2.Comment le SEO a-t-il évolué avec l'arrivée de l'intelligence artificielle ?

Il faut distinguer deux évolutions qui n’ont rien à voir, mais qui arrivent en même temps : l’IA a changé la façon dont les gens cherchent, et elle a changé la façon dont nous, SEO, travaillons.

Premier aspect : les usages.

Le changement le plus visible tient en une phrase : on passe de moteurs de recherche à des moteurs de réponse.

Avant, Google te renvoyait une liste de liens et l’utilisateur faisait son choix. Aujourd’hui une part croissante des recherches se termine sans aucun clic, parce que l’IA synthétise directement la réponse. Ça change la donne sur plusieurs plans :

  • Être bien positionné ne suffit plus. Le vrai enjeu devient d’être cité dans la réponse générée, ce qui n’est pas du tout la même mécanique qu’un bon classement.
  • La façon dont les modèles lisent un site est différente. Ils fonctionnent par fan-out : ils décomposent une question en plusieurs sous-questions, vont chercher des éléments de réponse à différents endroits, puis recomposent un tout. Le contenu structuré, clair et sans ambiguïté est largement favorisé.
  • Les signaux externes pèsent davantage. Les modèles s’appuient beaucoup sur ce qui se dit de toi ailleurs, pas seulement sur ton propre site.

Le SEO ne disparaît pas pour autant. Il devient une couche dans un écosystème plus large, où l’objectif final n’est plus seulement le trafic mais la présence dans les réponses.

Deuxième aspect : notre façon de travailler.

L’autre révolution, beaucoup moins racontée, c’est que l’IA est devenue un levier de productivité énorme pour les SEO eux-mêmes. Elle nous fait gagner un temps considérable sur tout ce qui était chronophage :

  • les analyses et les audits,
  • la recherche et la veille,
  • la production de contenu.

C’est exactement notre vision chez Vydera : l’humain au centre de la stratégie, et des agents IA pour piloter l’opérationnel. Concrètement, la stratégie est pensée et arbitrée par nos experts, et l’exécution est confiée à nos agents IA. On ne remplace pas l’humain par la machine, on met chacun là où il est le meilleur : le jugement et la vision côté humain, la vitesse et le volume côté IA.

C’est ce qui résume le mieux l’évolution selon moi : l’IA a changé le terrain de jeu pour nos clients, et elle a changé nos méthodes pour le couvrir.

3.Le GEO est-il une révolution ou simplement une évolution du SEO ?

Les deux. C’est une évolution sur le fond. Les fondamentaux qui faisaient un bon site en SEO sont exactement ceux qui font qu’un modèle te cite aujourd’hui :

  • un contenu de qualité, qui répond réellement à une intention,
  • une structure claire et hiérarchisée,
  • des données structurées propres,
  • de la crédibilité et de l’autorité.

Mais c’est une révolution sur la forme. Le terrain de jeu change radicalement :

  • on ne se bat plus pour une position dans une page de résultats, mais pour exister dans une réponse qu’on ne maîtrise pas,
  • cette réponse est générée à la volée et varie d’une fois à l’autre, donc on ne peut pas l’auditer comme un classement figé,
  • les métriques et les méthodes de mesure sont à réinventer presque entièrement.

Donc, pour résumer : évolution dans la philosophie, révolution dans la pratique et dans l’outillage. Ceux qui ont de bonnes bases SEO partent avec un avantage, à condition d’accepter que les règles du jeu ont changé.

3.Le GEO est-il une révolution ou simplement une évolution du SEO ?

Les deux. C’est une évolution sur le fond. Les fondamentaux qui faisaient un bon site en SEO sont exactement ceux qui font qu’un modèle te cite aujourd’hui :

  • un contenu de qualité, qui répond réellement à une intention,
  • une structure claire et hiérarchisée,
  • des données structurées propres,
  • de la crédibilité et de l’autorité.

Mais c’est une révolution sur la forme. Le terrain de jeu change radicalement :

  • on ne se bat plus pour une position dans une page de résultats, mais pour exister dans une réponse qu’on ne maîtrise pas,
  • cette réponse est générée à la volée et varie d’une fois à l’autre, donc on ne peut pas l’auditer comme un classement figé,
  • les métriques et les méthodes de mesure sont à réinventer presque entièrement.

Donc, pour résumer : évolution dans la philosophie, révolution dans la pratique et dans l’outillage. Ceux qui ont de bonnes bases SEO partent avec un avantage, à condition d’accepter que les règles du jeu ont changé.

4.Quelles sont les erreurs les plus fréquentes que vous constatez sur les sites web d'entreprises ?

Les deux. C’est une évolution sur le fond. Les fondamentaux qui faisaient un bon site en SEO sont exactement ceux qui font qu’un modèle te cite aujourd’hui :

  • un contenu de qualité, qui répond réellement à une intention,
  • une structure claire et hiérarchisée,
  • des données structurées propres,
  • de la crédibilité et de l’autorité.

Mais c’est une révolution sur la forme. Le terrain de jeu change radicalement :

  • on ne se bat plus pour une position dans une page de résultats, mais pour exister dans une réponse qu’on ne maîtrise pas,
  • cette réponse est générée à la volée et varie d’une fois à l’autre, donc on ne peut pas l’auditer comme un classement figé,
  • les métriques et les méthodes de mesure sont à réinventer presque entièrement.

Donc, pour résumer : évolution dans la philosophie, révolution dans la pratique et dans l’outillage. Ceux qui ont de bonnes bases SEO partent avec un avantage, à condition d’accepter que les règles du jeu ont changé.

5.Quels outils utilisez-vous le plus au quotidien pour optimiser un site ?

Ma réponse va sûrement surprendre, parce que mon outil central aujourd’hui, ce n’est pas un outil SEO classique : c’est Claude Code.

L’idée, c’est que je place l’IA au centre, et je lui connecte tous les outils dont j’ai besoin pour qu’elle travaille sur de la donnée fiable. Concrètement, je crée mes propres dashboards via Claude Code, que je branche directement aux sources qui comptent :

  • Google Search Console, pour les données SEO.
  • GA4, pour le tracking et le comportement utilisateur.
  • DataForSEO et d’autres API, pour aller chercher de la donnée SEO à la demande.
  • Des API qui interrogent les IA, c’est-à-dire qui envoient des prompts dans ChatGPT, Perplexity ou Gemini pour monitorer les réponses et vérifier si nos clients y apparaissent.
  • Screaming Frog, connecté lui aussi, pour analyser les performances techniques d’un site.

Le principe est toujours le même : l’IA est au cœur du dispositif, et les outils connectés autour servent à lui apporter de la donnée fiable et à jour. C’est ce qui fait la différence, parce qu’une IA ne vaut que par la qualité de ce qu’on lui donne à analyser.

6.Quel conseil donneriez-vous à un étudiant qui souhaite se spécialiser dans le SEO, le GEO ou le marketing digital ?

Je résumerais ça en trois conseils qui s’enchaînent.

  1. Sois curieux.

C’est la première qualité dans ce métier. Le marché évolue très vite, surtout en ce moment avec l’IA. Il faut suivre ce qui se passe, rester au courant des nouveautés, lire, tester les nouveaux outils. Celui qui décroche six mois se retrouve vite dépassé.

  1. Mais la curiosité seule ne suffit pas : teste.

Être curieux c’est bien, mais si tu ne fais rien de ce que tu apprends, ça ne sert pas à grand-chose. En SEO comme en GEO, il n’y a pas une formule magique qui marche à tous les coups, il faut tester des stratégies en permanence. Et plus tu testes vite, même sur de petits projets, plus tu prends de l’expérience. La pratique vaut souvent mieux que la théorie. Le plus simple, c’est de te lancer sur des projets personnels : monte ton propre site, essaie de le faire ressortir sur Google, essaie de te faire citer par une IA, et observe ce qui fonctionne vraiment.

  1. Ne mise pas tout sur l’IA.

L’IA aide énormément et il faut absolument l’utiliser pour ne pas être dépassé, mais ce n’est pas une béquille. Il faut apprendre à réfléchir par soi-même et à raisonner sur le long terme pour bâtir des stratégies viables. Pour l’instant, l’IA reste un outil : si la personne derrière n’a pas les bonnes connaissances et la bonne expertise, le résultat ne sera pas qualitatif. C’est exactement notre conviction chez Vydera, l’humain au centre et l’IA au service de l’opérationnel. La technologie démultiplie une expertise, elle ne la remplace pas.

Un grand merci à Thibaut Legrand pour son temps et la richesse de ses réponses. Et vous, avez-vous déjà commencé à adapter votre stratégie au GEO ?

Autre article d’Emmanuelle : https://blog.mbadmb.com/revolution-retail-du-marche-de-la-skincare/
Note méthodologique :