Dans le cadre de la réalisation d’un mémoire sur le digital et la data dans le sport, j’ai décidé de réaliser une interview avec un professionnel de l’analyse sportif.

J’ai choisi Quentin P (qui ne souhaite pas divulguer son nom complet) qui travaille en tant que data analyst pour une Rouen rugby en Pro D2

Pour moi, il était très important de recueillir les informations d’un des nouveaux métiers liés au digital dans le sport.

Voici le résultat de notre entretien :

Pouvez-vous vous présenter et m’indiquer votre rôle au sein de votre entreprise ?

Bonjour je m’appelle Quentin P, j’ai 25 ans et je travaille chez Rouen Rugby en tant que Data Analyst. Mon métier consiste à analyser des résultats, des actions lors d’un match pour en ressortir des statistiques, qui serviront ensuite aux joueurs, aux entraîneurs ou à tous les professionnels travaillant autour de l’équipe. Je suis un atout en plus au sein de l’équipe, qui permet de trouver des petites failles pour amener ce petit plus sur le terrain pour les joueurs.

En quoi consiste votre métier de « data analyst » du sport ?

 

Je me suis spécialisé dans toutes les performances en jeu. Au sein du club, nous avons analysé tous les aspects techniques, tactiques et physiques du jeu. Mon travail était axé sur la performance à long terme. Autrement dit, l’analyse s’est concentrée sur 10, 15 ou 20 matchs au lieu d’un seul. Nous avons également analysé les performances statistiques des matchs par victoire ou défaite et à l’extérieur ou à domicile.

Quelle est votre formation ?

J’ai réalisé une licence management du sport c’est-à-dire spécialisé dans la gestion du sport et conditionnement physique. J’ai pu réaliser plusieurs stages en lien avec ma licence notamment dans l’équipe de Basket de Rouen. Puis j’ai continué avec un Master (STAPS) évaluation et optimisation de la performance sportive, mention entrainement sportif et analyse de jeu. En réalisant mes stages cette fois-ci au club de Rugby de Rouen.

En parallèle je suis devenu également entraineur de Baasket pour le club de Rouen.

Pouvez vous décrire votre entreprise et ses valeurs ?

Notre Club de rugby existe depuis 2009, je dirais que c’est une réel aventure humaine, collective et émouvante car nous passons par toutes les émotions que ce soit tristesse, joie, colère… C’est une vraie famille dont j’ai la chance de faire partie. C’est un club très ambitieux qui a gravi les échelons petit à petit afin d’arriver au très haut niveau qu’il est aujourd’hui. Nos valeurs sont vraiment la perseverance et l’ambition. C’est par ailleurs ces valeurs qui nous ont fait devenir Champion de France au niveau Amateur en 2019.

Votre travail est vraiment pris en compte lorsque vous travaillez dans un club ?

Tout à fait ! Un entraîneur ne changera certainement pas le fond avec nos résultats, mais cela peut affecter sa façon de voir les choses.Dans la saison, il y a certains conseils et moments clés où les statistiques influent sur l’issue d’un match. Cependant, il est encore très difficile de quantifier l’impact du travail des analystes.

La journée type d’un « data analyst » du sport, c’est quoi ?

Cela dépend du club et du manager. Dans certains clubs, les entraîneurs se concentrent sur le prochain match. D’autres analysent fortement leur dernier match pour améliorer leurs prochaines performances.

Le numérique et l’analyse des datas ont changé la face du rugby, non ?

Oui c’est le cas. Nos joueurs sont mieux préparés, notamment physiquement, mais nous avons encore beaucoup à améliorer. Nous collectons des informations, les traitons et les mettons à la disposition de notre personnel, mais de nombreux clubs en Europe ne savent pas comment les statistiques sont utilisées, ou si elles sont utilisées du tout. 

Selon vous, quelles sont les nouvelles problématiques du secteur liées au digital ?

Vous devez apprendre à vous diversifier en permanence. Cela restera sans aucun doute le plus grand défi pour les clubs qui souhaitent intégrer ces nouveaux métiers digitaux. Le monde numérique est un monde en constante évolution et les joueurs/entraineurs et supporters en sont très conscients. il faut savoir suivre.