Bonjour Maud, bonjour Cécile. Vous êtes les fondatrices d’Halfonse, quel est votre parcours? 


Maud: J’ai intégré l’EFAP après le BAC, je souhaitais devenir attachée de presse, très vite après un premier stage j’ai découvert que ce monde n’était pas fait pour moi. J’ai par la suite entrepris et j’ai adoré ça ! En 2020 j’ai monté une association locale grenobloise car je voulais à mon échelle aider les personnes.

Cécile: J’ai effectué une licence information et communication à Montpellier et j'ai ensuite rejoint l’Efap en 4e année. Mon rêve était de travailler dans les médias. Au fil des stages, j'ai découvert que j'avais envie d’autre chose et j’ai commencé à m’intéresser au développement web et au digital en général. Les stages que j’ai fait ont eu un vrai impact sur la vision que j’avais du monde professionnel et sur la prise de conscience des compétences qui permettent mon épanouissement.

Nous nous sommes rencontrées au sein du #MBADMB avec Cécile. On s’est tout de suite aperçues de nos valeurs communes et, au fur et à mesure, de notre envie profonde de changer les choses et de contribuer à l’épanouissement des autres.

En plus on était confinées à ce moment là, donc on prenait vraiment conscience de l’importance de l’humain, des interactions, du soutien. On a vraiment vécu et apprivoisé le digital comme soutien des relations humaines.

Comment vous est venu l’idée? 

Ensemble: Toujours portées par ce moteur fort de contribuer à l’épanouissement des autres, le nôtre compris, on s’est retrouvées face à pas mal de questionnements à la fin de nos études. Et on s’est vite aperçues qu’on était pas les seules à se questionner sur la réassurance des compétences, nos compétences, ce que l’on voulait apporter au marché de l’emploi en accord avec nos valeurs. Et on s’est aperçues que les stages étaient les éléments forts d’un parcours pour réaliser tout ça. C’est vraiment une période « test and learn » en entreprise, et on a voulu la valoriser pour permettre à chacun de s'épanouir personnellement et professionnellement 🙌

Un étudiant passe en moyenne 42% de ses études en entreprise, c’est une période qui lui permet de se construire, d’identifier ses appétences et ses valeurs. Malheureusement, c’est aussi une période pendant laquelle l’apprenant est livré à lui-même et son tuteur en entreprise n’a pas forcément les clés managériales pour l’aider à monter en compétences et prendre confiance en lui. Pourtant, que ce soit au cours d’une alternance ou d’un stage, l’étudiant est loin de l’école mais reste sous sa responsabilité.
Chaque année les équipes pédagogiques des écoles, ont des centaines d'étudiants à suivre simultanément. L’enseignement supérieur compte une augmentation de 2,1 % des effectifs chaque année et environ 10% dans les établissements privés. Il devient impossible pour les écoles, malgré leur volonté, d’offrir aux étudiants un suivi personnalisé permettant d’identifier les besoins des apprenants et des entreprises.
C’est vraiment pour les écoles, les étudiants et les entreprises qu’on créé halfonse, l’assistant pédagogique digital. C’est une plateforme de suivi pédagogique dédiée au stage et à l’alternance qui permet de faciliter et valoriser le suivi pédagogique du stage et de l’alternance. 

Quels ont été les freins dans votre projet ? 

Cécile : Nous n’avons pas rencontré de freins à proprement parler, mais développer une solution tech suppose forcément des défis techniques de développement, notamment sur notre algorithme qui permet aux écoles de détecter les risques psychosociaux ou sur les fonctionnalités administratives de halfonse. On a vite compris qu’entreprendre c’est surtout savoir rebondir, se remettre en question et trouver des solutions. Pour les relever et faire de ces défis techniques des forces, on a de la chance d’être confronté depuis le début de halfonse à notre marché, car l’accueil qu’il fait à halfonse est porteur et on peut se nourrir de ses besoins pour affiner chacun de nos enjeux. Le fait d’être passionné par le sujet qu’on traite et autour duquel on innove joue aussi beaucoup. Avec Maud, on sait pourquoi on a commencé et ce qu’on veut changer, la valeur qu’on veut créer pour les écoles, étudiants et entreprise. Je pense que cette passion et ces convictions peuvent déplacer des montagnes. 

Est-ce que le covid a impacté le lancement de votre boîte? Si oui, de quelle façon?

Maud : Non en revanche le covid à permis l’éveil des consciences. Les écoles commencent à capitaliser sur le digital pour poursuivre leur pédagogie hors les murs. Désormais les relations humaines et le digital ne sont plus antagonistes mais complémentaires.

Quelle place le digital occupe-t-il au sein de votre entreprise ? 

Maud : La composante digitale de notre entreprise est très forte, en effet nous avons créé un assistant pédagogique “digital” ahah ! C’est clairement un produit tech qui accompagne les écoles, les étudiants et les entreprises pour leur permettre de privilégier les rapports humains qui comptent ! Pour nous le digital est un outil et non une fin en soi. 

Combien de temps le projet a-t-il mis pour voir le jour?

Cécile : On travaille sur halfonse à plein temps depuis avril 2021 mais en réalité, on l’avait déjà imaginé bien avant, quand on s’est rencontrées et qu’on a perçu nos valeurs communes. 

Donc je dirais qu’il a vu le jour assez rapidement. Après, tout le process de suivi que propose halfonse a été développé en plusieurs mois car on a souhaité impliquer toutes les parties prenantes du stage. En septembre on a rejoint le centre d’entrepreneuriat de Lyon et en décembre on a décroché une subvention qui a permis de donner une impulsion conséquente à la boîte, de recruter et d’accélérer notre déploiement. 

Ça va bientôt faire un an qu’on travaille pour halfonse et on a déjà des perspectives et une vision de nouvelles dimensions en service pédagogique pour les prochaines années. 

Avez-vous été guidés par des mentors ? 

Maud : Depuis le début de notre aventure nous avons été soutenus par des mentors, Arnault Chatel, Responsable pédagogique du MBADMB, Arnaud Leroux CMO chez Fioul Market et Martin Leclercq, Fondateur de AKUMAW. A nôtre arrivée au Centre d'entrepreneuriat Lyon Saint Etienne nous avons rencontré d’autres entrepreneurs brillants tels que les fondateurs de Luniwave et nous sommes accompagnées par des professionnels et entrepreneurs passionnés. Grâce à Linkedin nous avons rencontré des professionnels formidables dont la passion pour la pédagogie et les valeurs font sens avec halfonse. Nous recevons un très grand soutien de la communauté Edtech France, Anne-Charlotte Monneret, la DG du réseau, fédère une communauté très active sous le signe de la bienveillance. 

Que retenez-vous de ce début de parcours entrepreneurial? 

Cécile : La mission, l’entourage et les valeurs sont primordiales. La résilience aussi. Je pense que c’est les éléments qui nous ont permis d’arriver jusque là, car entreprendre c'est pas tous les jours simples, même si notre marché est réceptif, le déploiement de halfonse et la création de valeur pour un maximum de personnes ne dépend que de nous. Personnellement, on a aucun regret de s’être lancées. Même si ça peut être parfois difficile à comprendre au début d’entreprendre direct après les études, je pense que si on devait refaire nos choix, on ferait les mêmes. 

Avez-vous un conseil à nous donner? 

Maud : 

Se faire confiance. Au début d’une aventure entrepreneuriale, on demande régulièrement l’avis des autres sur son travail et on essaye de tous les concilier. Il faut apprendre à se faire confiance et à prendre ses propres décisions 🤗 #youdabest

Ne pas tout dire C’est aussi très important de sélectionner les informations qu’on diffuse et l’entourage à qui on le diffuse, car malheureusement nous ne sommes pas toujours entouré de gens plein de bonnes intentions. Et quand on est copié par exemple, il faut garder à l’esprit que des valeurs et une vision long terme ne peuvent pas l’être, et c’est exactement ce qui fait la valeur de ce pourquoi vous travaillez !

#GOGOGO On a tendance à se comparer aux autres très régulièrement et à penser que tout ce que l’on fait n’est pas à la hauteur. STOP, il faut se lancer, tester des choses et puis on s’améliore. La pire des choses serait de ne rien faire 😉

Ne pas culpabiliser Il faut se fixer des objectifs (SMART) oui, c’est important mais chacun à son rythme et son fonctionnement et puis parfois tout ne se passe pas comme on l’avait prévu… Prenez du temps pour digérer certaines situations et comprendre comment vous fonctionnez. 

On vous conseille de regarder la vidéo de Maud Alavez sur le sujet:

https://www.youtube.com/watch?v=ZSuDBPeEUpI

Pour en savoir plus, c’est par ici : halfonse.com