Lola Cortes – Publisher Manager chez EXTE, à Barcelone

Pour vous donner un peu de contexte, Lola Cortes évolue dans les secteurs de la publicité, des médias et du digital. Son parcours lui a permis d’occuper plusieurs fonctions complémentaires : assistante cheffe de projet, business analyst, account strategist, cheffe de publicité, puis Publisher Manager.

Elle a notamment travaillé pour TF1 PUB, Havas Media Group, Publicis Conseil et TBWA\Worldwide, où elle a accompagné des marques comme Porsche, Éléphant Bleu, Gan Assurances et Le Manège à Bijoux.

Depuis novembre 2024, elle occupe le poste de Publisher Manager chez EXTE, à Barcelone.

Voici la retranscription de ses réponses à mes question :

1. Ton parcours couvre plusieurs univers : l’événementiel, les médias, la stratégie, la publicité et désormais l’adtech. Comment expliquerais-tu cette évolution ?

Lola : Mon parcours s’est construit progressivement. Je n’avais pas, dès le départ, un métier très précis en tête. Je savais surtout que je souhaitais travailler dans la communication et la publicité.

Mes premières expériences m’ont permis de découvrir la gestion de projet et la relation client. J’ai ensuite voulu comprendre davantage le fonctionnement des médias, ce qui m’a conduite chez TF1 PUB. J’y ai travaillé sur le médiaplanning, l’analyse des performances et les outils d’aide à la vente.

Chez Havas Media, j’ai développé une approche plus stratégique, en travaillant sur les tendances, les consommateurs et la culture des marques. Puis, chez Publicis Conseil et TBWA, je suis revenue vers une dimension très opérationnelle, avec la gestion de campagnes et la coordination entre les clients, les créatifs et les équipes de production.

Aujourd’hui, mon poste chez EXTE me permet de réunir plusieurs dimensions de mon parcours : la publicité, les médias, la technologie, l’analyse et la relation commerciale.


2. Quelle expérience a été la plus déterminante dans ton parcours ?

Lola : Il est difficile d’en sélectionner une seule, car chaque expérience m’a apporté quelque chose de différent.

TF1 PUB m’a permis de comprendre la logique d’une régie publicitaire et l’importance de la donnée dans la construction des plans médias. Chez Havas Media, j’ai appris à prendre davantage de recul et à réfléchir au positionnement des marques.

Publicis Conseil et TBWA ont été particulièrement structurants parce que j’étais au cœur de la création et de la production des campagnes. Il fallait comprendre les attentes du client, les traduire dans un brief, accompagner les équipes créatives et s’assurer que la campagne soit livrée dans les délais et dans le respect du budget.

Ces expériences m’ont surtout appris à relier la stratégie à l’exécution.


3. En quoi consistait ton métier de cheffe de publicité chez TBWA ?

Lola : Le rôle de cheffe de publicité consiste principalement à coordonner les différents acteurs impliqués dans la création d’une campagne.

J’étais l’intermédiaire entre le client et les équipes de l’agence. Je devais comprendre le besoin de la marque, analyser son marché et sa concurrence, puis participer à la construction des recommandations stratégiques.

Une fois la stratégie validée, je rédigeais les briefs pour les créatifs et je suivais la production de la campagne sur les différents supports. Il fallait gérer les délais, les budgets, les retours du client et les contraintes techniques.

C’est un métier très transversal. Il faut être capable de parler à des profils très différents : clients, créatifs, producteurs, planneurs stratégiques, équipes juridiques ou prestataires.


4. Tu as travaillé pour des marques très différentes comme Porsche, Gan Assurances ou Éléphant Bleu. Comment adapte-t-on son travail à des secteurs aussi variés ?

Lola : Il faut commencer par comprendre la culture de chaque marque, son marché et ses consommateurs.

On ne communique pas de la même manière pour une marque automobile premium, une compagnie d’assurances ou une enseigne spécialisée dans le lavage automobile. Les objectifs, les codes et les attentes des publics sont différents.

En revanche, la méthode reste assez similaire. Il faut analyser le contexte, identifier le problème de communication, comprendre la cible et trouver un angle créatif cohérent.

Cette diversité est très enrichissante, car elle oblige à rester curieux et à apprendre rapidement.


5. Tu es désormais Publisher Manager. Peux-tu expliquer simplement ce métier ?

Lola : Le Publisher Manager travaille avec les éditeurs de sites internet et de plateformes digitales.

Mon rôle est de développer et d’entretenir des partenariats avec ces éditeurs afin qu’ils puissent intégrer et commercialiser des solutions publicitaires digitales. Il faut comprendre leur audience, leurs formats, leurs objectifs de monétisation et leurs contraintes techniques.

Je suis donc en contact régulier avec les partenaires pour suivre les performances, identifier des opportunités et proposer des optimisations.

C’est un métier à la croisée du commercial, de la technologie et de la gestion de projet. Même si l’environnement est très digital, la relation humaine reste essentielle.


6. Quelle est la différence entre ton travail actuel et ton expérience en agence ?

Lola : En agence, j’étais principalement tournée vers les besoins des annonceurs. Je cherchais à comprendre les objectifs de la marque pour concevoir et produire une campagne.

Aujourd’hui, je travaille davantage du côté des éditeurs. L’objectif est de comprendre comment valoriser leurs espaces publicitaires et leurs audiences grâce à des solutions digitales adaptées.

Ce changement m’a permis d’avoir une vision plus globale de l’écosystème. Une campagne digitale implique plusieurs acteurs : l’annonceur, l’agence, la régie, les technologies publicitaires et les éditeurs.

Mes expériences précédentes m’aident à comprendre les attentes de chacun.


7. Pourquoi as-tu choisi de travailler à Barcelone ?

Lola : J’avais envie d’une expérience internationale et d’un nouveau défi professionnel.

Barcelone est une ville très dynamique dans les secteurs de la technologie, de la publicité digitale et de l’adtech. De nombreuses entreprises internationales y sont installées, ce qui permet de travailler dans un environnement multiculturel.

Le fait de partir à l’étranger oblige aussi à sortir de sa zone de confort. Il faut s’adapter à une nouvelle entreprise, à une nouvelle ville, à une nouvelle culture professionnelle et parfois à plusieurs langues.

C’est très formateur, aussi bien sur le plan professionnel que personnel.


8. Quelles sont les compétences les plus importantes pour travailler dans le digital ?

Lola : Je pense d’abord à la curiosité. Le secteur évolue rapidement, avec de nouveaux outils, de nouveaux formats et de nouveaux usages. Il faut donc avoir envie d’apprendre en permanence.

La capacité d’adaptation est également essentielle. Les projets changent vite et les besoins des clients ou des partenaires peuvent évoluer.

Il faut aussi être organisé, car on gère souvent plusieurs interlocuteurs et plusieurs projets en parallèle.

Enfin, je dirais que les qualités relationnelles restent fondamentales. La technologie est importante, mais les projets avancent grâce à la communication, à la confiance et à la capacité à comprendre les autres.


9. Quelle place occupent les données dans les métiers de la communication et de la publicité ?

Lola : Les données occupent aujourd’hui une place centrale.

Elles permettent de mieux comprendre les audiences, de mesurer les performances d’une campagne et d’identifier des pistes d’amélioration. Elles aident également à prendre des décisions plus objectives.

Mais il ne faut pas opposer la donnée et la créativité. Une bonne campagne repose souvent sur les deux. La donnée permet de mieux comprendre le contexte et les comportements, tandis que la créativité permet de produire un message qui attire l’attention et qui marque les esprits.

Le véritable enjeu est de savoir interpréter les données et de les transformer en recommandations utiles.


10. L’intelligence artificielle transforme-t-elle déjà ton secteur ?

Lola : Oui, elle transforme déjà certaines méthodes de travail.

Elle peut aider à analyser des informations, produire des variantes de contenus, automatiser certaines tâches ou optimiser des campagnes. Elle permet aussi aux équipes de gagner du temps sur les missions les plus répétitives.

En revanche, l’intelligence artificielle ne remplace pas la compréhension du client, la réflexion stratégique ou la qualité de la relation avec les partenaires.

Il faut la considérer comme un outil. La valeur ajoutée du professionnel réside toujours dans sa capacité à poser les bonnes questions, à interpréter les résultats et à prendre des décisions cohérentes.


11. Quel a été le principal défi de ton parcours ?

Lola : Le principal défi a probablement été de passer d’un environnement à un autre.

Changer de secteur ou de poste demande de réapprendre certaines choses et d’accepter de ne pas tout maîtriser immédiatement. Mon passage de l’agence à l’adtech m’a notamment demandé d’approfondir des dimensions plus techniques.

Mais j’ai aussi compris que mes compétences étaient transférables. La gestion de projet, la relation client, l’analyse et la coordination sont utiles dans de nombreux métiers.

Il ne faut donc pas sous-estimer ce que l’on a appris lors de ses expériences précédentes.


12. Quel conseil donnerais-tu à un étudiant qui souhaite travailler dans le digital ?

Lola : Je lui conseillerais de multiplier les expériences afin de comprendre ce qui lui plaît réellement.

Le digital regroupe des métiers très différents : stratégie, création, média, data, influence, commerce, gestion de projet ou technologie. Les stages et les rencontres permettent de découvrir cette diversité.

Je lui conseillerais également de ne pas attendre de maîtriser toutes les compétences avant de candidater. On apprend énormément en travaillant.

Enfin, il ne faut pas hésiter à contacter des professionnels. Beaucoup de personnes acceptent de présenter leur métier ou de partager leur expérience lorsqu’elles sont sollicitées de manière personnalisée.


13. Comment entretiens-tu ton réseau professionnel ?

Lola : J’essaie d’abord de conserver de bonnes relations avec les personnes avec lesquelles j’ai travaillé.

Le réseau ne consiste pas uniquement à ajouter des contacts sur LinkedIn. Il se construit à travers les projets, les échanges et la confiance.

Je reste en contact avec d’anciens collègues et je suis les évolutions de leur parcours. Je participe aussi à des événements professionnels et j’échange avec les acteurs de mon secteur.

Il faut entretenir son réseau de manière naturelle, sans contacter les personnes uniquement lorsqu’on a besoin de quelque chose.


14. Comment imagines-tu la suite de ton parcours ?

Lola : J’aimerais continuer à évoluer dans l’écosystème digital et approfondir ma connaissance des médias et des technologies publicitaires.

Mon objectif est de développer une expertise suffisamment solide pour accompagner des partenaires dans leur stratégie, tout en conservant la dimension relationnelle et internationale qui me plaît dans mon poste actuel.

Je souhaite aussi continuer à travailler dans des environnements où les métiers, les cultures et les marchés se rencontrent.


Conclusion de l’interview

Zoé : Merci Lola pour cet échange. Ton parcours montre qu’une carrière dans le digital peut se construire grâce à des expériences très différentes, à condition de savoir créer des liens entre les compétences acquises.

Lola : Merci à toi. J’espère que cet échange pourra aider les étudiants à mieux comprendre les possibilités offertes par le digital et à ne pas avoir peur d’explorer plusieurs métiers avant de trouver leur voie.


Synthèse personnelle

Cette interview m’a permis de comprendre que le digital ne correspond pas à un métier unique, mais à un écosystème composé de nombreux acteurs.

Le parcours de Lola Cortes illustre la complémentarité entre la stratégie, la création, les médias, la gestion de projet et la technologie. Ses différentes expériences lui permettent aujourd’hui de comprendre aussi bien les besoins des annonceurs que ceux des agences et des éditeurs.

Je retiens également que les compétences humaines restent indispensables dans un environnement de plus en plus technologique. La curiosité, l’organisation, l’adaptation et la capacité à créer des relations de confiance sont aussi importantes que la maîtrise des outils.

Enfin, cet échange m’a permis d’élargir mon réseau et de découvrir plus précisément le métier de Publisher Manager, ainsi que les opportunités professionnelles offertes par l’adtech et les environnements internationaux.


Lien vers la fiche méthodologique: https://blog.mbadmb.com/fiche-methodologique-interview-dune-professionnelle-du-digital/

Lien vers le LinkedIn de Lola : https://www.linkedin.com/in/lolacortes1/