Chiffre d'affaires triplé, 1000 pharmacies, levée de fonds : Thaddée Caron, fondateur d'Athana, raconte l'après Qui veut être mon associé. Découvrez.

On voit souvent les startups pitcher en prime time. On sait rarement ce qu'elles deviennent quand les caméras s'éteignent. Pour cet entretien avec un acteur du digital, j'ai interviewé Thaddée Caron, fondateur d'Athana, la startup FemTech française derrière Héra, un dispositif de cryothérapie contre les bouffées de chaleur de la ménopause. Son passage dans Qui veut être mon associé ? a marqué un tournant pour l'entreprise [insérer lien vers l'article QVEMA du blog].

Je le précise par transparence : je travaille chez Athana, où je pilote la communication et le marketing. C'est cet accès privilégié qui rend cet entretien possible, et j'ai volontairement gardé les questions qu'un lecteur extérieur poserait, chiffres à l'appui : chiffre d'affaires triplé, plus de 1000 points de vente en pharmacie, une équipe qui a doublé et une levée de fonds en préparation. Retour sur cette ascension, sans filtre.

« L'émission a été un accélérateur, pas une baguette magique »

Commençons par le lendemain de la diffusion. Qu'est-ce qui se passe concrètement ?

Un raz-de-marée, mais un raz-de-marée qu'il faut savoir absorber. Le trafic sur le site explose, les messages arrivent de partout : clientes, pharmaciens, distributeurs, journalistes, candidats. La vraie leçon, c'est que l'émission ne fait rien à ta place. Elle ouvre des portes pendant quelques semaines. Si tu n'es pas prêt à répondre, à livrer et à convertir, l'effet retombe aussi vite qu'il est monté.

Depuis, le chiffre d'affaires d'Athana a triplé. Qu'est-ce qui explique cette croissance ?

Trois choses. D'abord la notoriété : la ménopause est un sujet dont on ne parle pas, l'émission a fait tomber la barrière du silence, les clientes n'ont plus besoin qu'on leur explique qui on est. Ensuite la crédibilité : passer l'épreuve d'investisseurs expérimentés devant des millions de téléspectateurs, c'est un stress test public. Et enfin la distribution : la télévision nous a fait connaître, mais c'est le terrain qui transforme. Un pic de notoriété sans réseau de distribution derrière, ça ne fait pas un business.

Le pari de la pharmacie : plus de 1000 points de vente

Justement, Athana a ouvert un canal B2B en pharmacie avec plus de 1000 points de vente en France. Pourquoi la pharmacie plutôt que le tout e-commerce ?

Parce que notre produit touche à la santé, et qu'en santé, la confiance ne se décrète pas, elle se prescrit. Le pharmacien est le professionnel de santé le plus accessible de France. Quand une femme lui parle de ses bouffées de chaleur et qu'il lui présente Héra, la recommandation vaut toutes les publicités du monde. Le digital reste essentiel, on y travaille notre marque, notre SEO, notre communauté. Mais le point de vente physique apporte ce que l'écran ne peut pas : le conseil et l'essai.

Comment on convainc 1000 pharmacies quand on est une jeune startup ?

Une par une au début, puis par la preuve. Les premières pharmacies partenaires ont servi de laboratoire : on a mesuré la rotation, affiné le discours de comptoir, construit les outils d'aide à la vente. Ensuite, les groupements ont suivi, parce qu'on arrivait avec des chiffres de sell-out, pas des promesses. Et la médaille d'argent du Concours Lépine [insérer lien vers l'article Foire de Paris] a fait le reste : un label tiers rassure un acheteur bien plus qu'un argumentaire.

Une équipe qui double, une levée qui se prépare

L'équipe a doublé. Qu'est-ce qui change dans ton rôle de fondateur ?

Tout. Au début, tu fais ; maintenant, je dois faire faire. Le plus dur n'est pas de recruter, c'est de transmettre : la vision, le niveau d'exigence, la façon de parler d'un sujet intime comme la ménopause. Chaque recrutement est un pari sur la culture autant que sur les compétences. Et paradoxalement, doubler l'équipe m'a rendu plus disponible pour ce que je suis le seul à pouvoir faire : la stratégie, les partenariats structurants et la levée.

Parlons-en. Où en est la levée de fonds ?

Elle est en développement, avec des business angels et des investisseurs qui comprennent la FemTech. Ce que l'émission a changé, c'est le sens de la conversation : avant, on courait après les investisseurs ; aujourd'hui, certains viennent à nous. Mais je reste très sélectif. Un investisseur, c'est un associé pour dix ans, pas un chèque. On cherche des gens qui apportent un réseau santé, retail ou international, pas seulement du cash.

Les conseils d'un fondateur aux futurs professionnels du digital

Qu'est-ce que tu dirais à un étudiant en marketing digital qui veut rejoindre ou créer une startup ?

Trois choses. Un : allez sur le terrain. Une journée à vendre en salon ou en pharmacie t'apprend plus sur tes clients que trois mois de dashboards. Deux : construisez votre marque personnelle dès maintenant, publiez, montrez comment vous pensez ; c'est ce qui fait la différence en entretien. Trois : choisissez un sujet qui compte. On sous-estime l'énergie que donne le fait de travailler sur un vrai problème. La ménopause concerne 1,5 milliard de personnes dans le monde : je n'ai jamais besoin de me demander pourquoi je me lève le matin.

Et la suite pour Athana ?

Consolider la France, préparer l'international, et continuer à faire de la santé des femmes un sujet visible. Le passage télé était un chapitre. L'histoire, c'est ce qu'on construit depuis.

Ce que je retiens de cet entretien

Trois enseignements traversent cet échange. La notoriété est un capital périssable : elle ne vaut que si l'exécution suit. La distribution physique et le digital ne s'opposent pas, ils se renforcent, surtout sur les produits de santé. Et le personal branding n'est pas réservé aux influenceurs : c'est un outil de crédibilité pour un fondateur comme pour un étudiant.

Merci à Thaddée Caron pour sa transparence. Vous pouvez le retrouver sur LinkedIn et découvrir Héra sur le site d'Athana

Et vous, quelle question auriez-vous posée à un fondateur passé par QVEMA ? Posez-la en commentaire.