Interview : De l’alternance au freelance, immersion dans le quotidien d’une community manager
Community manager : un parcours entre opportunité et détermination
Diplômée de l’ESP en 2024, elle débute son parcours par plusieurs alternances, principalement en agence. Comme beaucoup de jeunes diplômés, elle cherche ensuite un CDI dans le marketing et la communication.
Mais son parcours prend un tournant inattendu.
Après un entretien pour un poste de cheffe de projet web, on lui propose de créer son statut d’auto-entrepreneur pour une période d’essai. L’expérience s’arrête au bout d’un mois et demi. Plutôt que de voir cela comme un échec, elle décide de transformer cette situation en opportunité.
« J’avais mon statut, et mon envie d’en faire quelque chose… donc je me suis lancée dans ce que je voulais faire depuis le début : les réseaux sociaux. »
Un choix qui marque le début de son activité freelance en tant que community manager.
Un rôle hybride entre création et stratégie
Aujourd’hui, elle accompagne principalement des petites entreprises : coiffeurs, tatoueurs ou encore indépendants.
Mais son rôle va bien au-delà de la simple gestion des réseaux sociaux.
« J’apporte de la structure à leur communication. Mon rôle, ce n’est pas juste d’être présent sur les réseaux, mais d’en faire un levier d’acquisition. »
Elle se positionne à la fois comme community manager et consultante, en adaptant ses prestations aux objectifs de chaque client.
Une stratégie social media : une recette bien dosée
Pour elle, une bonne stratégie social media s’apparente à une recette de cuisine :
« Plein d’ingrédients mélangés font un bon gâteau.»
Concrètement, cela repose sur plusieurs éléments clés :
- Une analyse du marché et de la concurrence
- Des objectifs SMART
- Des piliers de contenu définis
- Des publications avec un objectif précis (TOFU, MOFU, BOFU)
- Un reporting régulier pour analyser les performances
L’idée : tester, comprendre et ajuster en continu.
Les KPIs : au-delà des likes et des abonnés
Contrairement aux idées reçues, le nombre d’abonnés ou de likes n’est plus un indicateur suffisant.
« On peut avoir beaucoup d’abonnés, mais s’il s’agit d’une audience fantôme, ça n’a aucune valeur. »
Ce qui compte réellement :
- Une audience engagée
- Des interactions réelles
- Et surtout… des actions (prise de rendez-vous, achat, contact)
Elle insiste sur la différence entre une audience quantitative et une audience qualifiée.
Adapter son contenu selon les plateformes
Chaque réseau social a ses propres codes.
Même si le cross-posting fonctionne parfois (notamment pour ses clients), elle adapte sa stratégie en fonction :
- De son expérience en tant qu’utilisatrice
- D’une logique de test & learn
« On teste, on analyse, et on ajuste. »
Trouver des idées de contenu en continu
Créer du contenu régulièrement peut sembler difficile, mais en tant que community manager, Taïs adopte une approche simple :
Une idée = plusieurs déclinaisons
Un seul sujet peut être transformé en :
- plusieurs formats
- plusieurs angles
- plusieurs publications
Les idées viennent aussi du terrain :
- échanges avec les clients
- discussions avec leur propre clientèle
- situations du quotidien
Ce qui fait vraiment la différence : l’émotion
Aujourd’hui, un contenu qui fonctionne est avant tout un contenu qui provoque une émotion.
« Les contenus plats existent, mais ne provoquent aucun engagement. »
L’enjeu en tant que community manager n’est plus seulement d’informer, mais de faire réagir.
L’erreur majeure des marques selon une community manager
Selon elle, la plus grosse erreur est simple :
« Ne pas investir dans la communication. »
Le marketing et le commercial sont étroitement liés. Une entreprise sans communication claire (valeurs, vision, positionnement) aura du mal à attirer des clients, notamment les plus jeunes.
L’impact de l’intelligence artificielle
L’IA fait désormais partie intégrante de son quotidien, surtout en freelance où le temps est précieux.
Elle l’utilise pour :
- Automatiser certaines tâches (facturation…)
- Débloquer des idées
Mais elle pose une limite claire :
« Zéro création avec l’IA. »
Concernant l’avenir du métier :
- il va évoluer, c’est certain
- mais ne disparaîtra pas
Les défis du métier
LContrairement à ce que l’on pourrait penser, le plus difficile n’est pas toujours la création de contenu pour le community manager.
Elle évoque deux défis majeurs :
- La gestion comptable
- Et surtout… la prospection commerciale
« On n’est pas formé à trouver des clients. »
Un apprentissage qui se fait sur le terrain, souvent par l’expérience et les erreurs.
L’avenir des réseaux sociaux et l'IA
Difficile de prédire précisément l’évolution des réseaux sociaux.
Mais une tendance se dessine :
« Les formats évoluent… puis reviennent à la simplicité. »
Elle imagine un futur cyclique, avec un retour régulier à des contenus plus simples et authentiques.