
J’ai eu la chance d’interviewer Martin Morlock, plus connu sous le pseudonyme TikTakHeure, un créateur de contenu passionné d’horlogerie qui a su transformer sa passion en véritable projet entrepreneurial. En l’espace de quelques années seulement, il est passé de vidéos TikTok tournées avec spontanéité à des collaborations prestigieuses avec des marques comme Hamilton, Citizen ou encore Frédérique Constant. À travers notre échange, il partage avec générosité son parcours, sa vision du digital, l’importance des réseaux sociaux dans la construction d’une expertise de niche, et les clés qui lui ont permis de professionnaliser son activité dans l’univers exigeant de l’horlogerie. Un témoignage inspirant pour toute personne souhaitant entreprendre dans le numérique, à partir de sa passion.
Q1 – Pouvez-vous nous raconter vos débuts dans l’univers du digital et des montres ?
« En février 2022, j’ai lancé TikTakHeure sur TikTok avec un objectif simple : partager ma passion horlogère à travers des formats courts, pédagogiques et accessibles. Mon premier “coup d’essai” fut un jeu concours en partenariat avec la bijouterie CoralieB à Rouen, qui m’a permis de poser les bases de la communauté. La même année, j’ai créé ma micro‑entreprise pour professionnaliser cette activité, en combinant création de contenu, consulting et storytelling de marque.
L’année 2023 a marqué un tournant. J’ai été invité par Hamilton à deux événements majeurs : une avant-première du film Inidina Jones à Paris, et surtout un vol acrobatique à bord d’un avion piloté par Nicolas Ivanoff pour découvrir la Khaki Aviation Pilot. Ces expériences ont été décisives — elles m’ont permis de passer au contenu immersif, avec des vidéos longues sur YouTube.

Puis, en parallèle de l’essor de TikTakHeure, j’ai été convié à plusieurs événements de prestige , comme par exemple une séance de création de contenu autour de la Speedmaster Olympics dans Paris, à l’occasion du relais de la flamme olympique ; une journée presse Citizen / Frédérique Constant au Château Voltaire pour tester les Tsuyosa automatiques ; une autre organisée par 289 Consulting au Marta Bar de l’hôtel Fouquet’s, regroupant une vingtaine de marques suisses ….

J’ai également organisé mon propre événement, le TikTak Dinner, en collaboration avec l’agence Chamarel, rassemblant 22 invités (journalistes, passionnés, créateurs de contenu) autour de maisons telles que Nivada Grenchen, Praesidus ou encore Victorinox. Un moment fort de partage et de passion horlogère, dans un format à la croisée de l’éditorial et du networking.
Enfin, cette année, j’ai eu l’opportunité d’être invité pour la première fois au salon Watches and Wonders à Genève, le rendez-vous mondial de la haute horlogerie. Ce fut une immersion totale dans l’innovation, les tendances et le futur du secteur. Un moment aussi stratégique qu’émotionnel, qui m’a conforté dans ma volonté de faire le lien entre marques, passionnés et grand public.

Au fil de ces expériences, TikTakHeure est devenu bien plus qu’un compte TikTok : c’est une plateforme de création et de conseil digital dédiée à l’horlogerie, où j’accompagne aujourd’hui les marques dans leurs stratégies de contenu, en France comme à l’étranger. »
Q2 – Pourquoi avez-vous décidé de vous lancer ?
Au départ, je ne cherchais pas à en faire un métier. C’était une envie simple : partager ma passion pour les montres avec un public plus large. Mais très vite, j’ai compris qu’il y avait un vide sur les réseaux sociaux autour de l’horlogerie : soit les contenus étaient très techniques et réservés à une élite, soit trop commerciaux. J’ai voulu créer un format accessible, incarné, crédible, où l’on apprend sans se sentir jugé.
Q3 – Quels ont été les moments déclencheurs de ton évolution ?
Il y a eu plusieurs étapes décisives. L’un des premiers tournants, c’est quand j’ai été invité par Hamilton pour vivre un vol acrobatique avec Nicolas Ivanoff. C’était une expérience incroyable, et j’en ai profité pour produire ma première vidéo immersive sur YouTube. Jusque-là, je faisais surtout du contenu court sur TikTok, mais là, je me suis dit : « tu peux aller plus loin, raconter de vraies histoires ».
Ensuite, il y a eu le projet « J’offre une montre à… », qui a très bien marché. L’idée, c’était de sortir de la simple revue de produit pour créer du lien humain autour de l’objet. J’ai par exemple offert une montre à Élie Semoun, à Cartman et Michel Ferracci. Ces vidéos m’ont permis de toucher d’autres communautés, et de montrer une autre facette de ma passion.
Enfin, ce qui a vraiment structuré mon activité, c’est la décision de créer une vraie offre de création de contenu pour les marques horlogères. Je ne suis plus seulement créateur, je suis aussi consultant, storyteller. C’est ce qui me permet aujourd’hui de vivre de cette passion.
Q5 – Quelle est ta vision des réseaux sociaux dans une stratégie professionnelle ?
Les réseaux, c’est bien plus que de la visibilité. C’est un écosystème. TikTok m’a permis de capter une audience large et engagée. LinkedIn m’a permis de professionnaliser mon image et de nouer des partenariats avec les marques. Et YouTube me donne l’espace de raconter de vraies histoires, de développer des formats plus ambitieux. Chaque réseau joue un rôle spécifique.
Ce que je dis souvent, c’est que les réseaux permettent trois choses fondamentales : créer de la confiance, partager une vision, et générer des opportunités. Aujourd’hui, une marque qui me contacte m’a souvent découvert via une vidéo TikTok, puis m’a suivi sur LinkedIn, et enfin me contacte pour un projet concret. C’est un cercle vertueux.
Q6 – Comment te diversifies-tu sur les réseaux sociaux sans te répéter ?
C’est une vraie question, parce qu’on peut vite tourner en rond. C’est pour ça que j’ai lancé la série « J’offre une montre à… » : je voulais sortir du simple contenu produit, et aller vers quelque chose de plus humain, plus narratif. Offrir une montre à une personnalité, c’est l’occasion de raconter une histoire, d’établir un lien entre la personne et l’objet.

J’’ai pu offrir une Furlan Marri à Élie Semoun, une Nivada à Cartman et enfin une Vulcain à Michel Ferracci. Ces vidéos m’ont permis de toucher un public différent, d’élargir mes formats, et de valoriser les marques d’une manière plus émotionnelle.
Q7 – Quels sont tes projets à venir ?
J’ai plein d’envies. Déjà, continuer la série « J’offre une montre à… », parce que ça me plaît et que le public accroche. Ensuite, je prépare un nouveau TikTak Dinner, encore plus ambitieux, pour réunir créateurs, collectionneurs, journalistes et marques autour de l’horlogerie. L’idée, c’est de créer un vrai rendez-vous de passionnés.
L’interview de Martin Morlock, créateur de TikTakHeure, met en lumière un parcours inspirant où une passion personnelle – l’horlogerie – est devenue une activité professionnelle à part entière grâce à une stratégie digitale bien pensée. En partant de vidéos TikTok simples en 2022, Martin a su bâtir une communauté engagée, capter l’attention de grandes marques, et structurer une offre de création de contenu sur-mesure. Il montre l’importance de se diversifier sur les plateformes, d’adapter son format à chaque audience, et de toujours innover – comme en témoigne sa nouvelle série où il offre des montres à des personnalités. Son approche démontre que dans le digital, la clé n’est pas seulement dans la technique ou le volume de contenus, mais dans la cohérence, la régularité et l’authenticité. Martin incarne parfaitement cette génération d’entrepreneurs créatifs qui savent transformer leur passion en expertise, et leur audience en opportunité.
Lien vers ma note méthodologique : https://blog.mbadmb.com/note-methodologique-interview-avec-tiktakheure/
Andréa Girard : www.linkedin.com/in/andréa-girard