Innovation Retail et Phygital : Rencontre avec Alexandre Baquet

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Dans un secteur en pleine mutation, l’innovation retail et le phygital redéfinissent la frontière entre le physique et le digital. Pour décrypter ces enjeux, j’ai rencontré Alexandre Baquet… Alexandre Baquet, fondateur d’Abra Retail et intervenant au sein du MBA DMB. De ses années chez L’Oréal à l’entrepreneuriat, il nous livre un regard sur son parcours, ses réussites et sa vision d’un milieu en pleine mutation.

Le parcours d’un expert de l’innovation retail : de L’Oréal à Abra Retail

Diplômé de l’ESSEC en 1992, Alexandre Baquet a fait ses armes au sein du groupe L’Oréal. De la direction financière chez Maybelline au contrôle de gestion chez L’Oréal Paris, il a exploré toutes les facettes de la performance avant de s’orienter vers le commerce et le merchandising, tant en France qu’à l’international.

En 2012, fort de cette expertise, il franchit le pas de l’entrepreneuriat en créant Abra Retail, une société spécialisée dans les solutions merchandising pour le luxe, la mode et la beauté.

Lorsqu’on l’interroge sur ses débuts, il confie qu’il referait globalement le même chemin, à un détail près : « Je développerais davantage dès le départ une sensibilité créative et artistique en complément de ma formation business. »

Aujourd’hui, il partage son temps entre sa structure et la transmission, en tant qu’intervenant et conférencier international.

La vision du métier : au-delà de la technique, l’humain

Pour Alexandre Baquet, réussir dans le business ne se résume pas à maîtriser des outils. La qualité essentielle ? La résilience : « Il faut de l’engagement, croire en ce que l’on fait, savoir analyser les chiffres, mais aussi porter une attention sincère aux autres : collaborateurs, partenaires et fournisseurs. »

Pour lui, le numérique a toujours été un levier de performance dans ses projets : « J’ai intégré et développé des solutions digitales dans mes projets, aussi bien chez L’Oréal que dans mon entreprise. »

Ses études lui ont apporté une base solide, mais pour lui, l’école ne fait pas tout :

« L’essentiel est d’acquérir une capacité d’adaptation et une curiosité permanente pour continuer à apprendre tout au long de sa carrière. Il faut cependant quelques solides fondamentaux : notions scientifiques, langues, histoire-géographie, arts et méthode. »

Des projets marquants : du « présentoir vidéo » au « bénitier connecté »

L’innovation est le fil rouge de sa carrière. Alexandre Baquet se souvient particulièrement d’un projet mené entre 2002 et 2004 : un présentoir maquillage déployé dans 1 000 magasins, intégrant déjà de la vidéo. 

Plus récemment, il cite avec fierté le développement d’un bénitier automatique pendant le Covid : « C’était une réussite technique, design et commerciale qui répondait à une problématique sanitaire. » Il évoque aussi avec enthousiasme le lancement de Maty Beauty au Sénégal, « un petit business Beauté avec une sénégalaise entrepreneuse. »

Le quotidien et les outils d’un expert

À Paris, Alexandre se déplace à vélo « pour être efficace et en forme. » 

Ses journées sont intenses : « Mes journées sont longues et très structurées. Elles commencent tôt et se terminent tard. Je reste constamment impliqué dans mon travail, y compris le week-end. »

Côté technologie, il mise sur un mix d’analyse et de modernité : « Excel pour l’organisation et l’analyse, PowerPoint ou Canva pour la présentation, et enfin ChatGPT et LinkedIn. »

Un regard critique sur les tendances

Interrogé sur les transformations récentes, il pointe deux évolutions majeures : la généralisation de la RFID dans la distribution et l’essor de l’IA.

Cependant, il garde la tête froide face au « hype ». Je lui ai demandé quelle était l’idée reçue qui l’agaçait le plus dans le digital. Il m’a répondu que c’était l’enthousiasme excessif pour le Métaverse ou les NFT au détriment des fondamentaux : « On néglige encore trop des éléments essentiels comme l’éclairage ou la signalétique, qui ont pourtant un impact concret sur l’expérience client », confie-t-il.

Apprendre de ses erreurs pour mieux recommencer

Sa « meilleure » erreur ? Avoir accepté un poste de contrôleur de gestion trop ambitieux au début de sa carrière : « Cela a été difficile, mais extrêmement formateur. » 

Si Alexandre devait recommencer à zéro aujourd’hui ? Il suivrait le même chemin de la grande entreprise à l’entrepreneuriat, mais avec un petit ajustement : développer plus tôt une sensibilité créative et artistique pour compléter sa formation business.

Le mot de la fin

Cette rencontre avec Alexandre Baquet nous rappelle que le digital doit rester un moyen de réussir, et non l’unique objectif. Son parcours souligne l’importance de rester curieux, résilient et surtout, de ne jamais oublier l’humain derrière la technologie.

Auteur : Margaux Chila

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Sources : Interview avec Alexandre Baquet