INTERVIEW

IA et UX Design : Romain Bailleul nous explique pourquoi l’interface devient un algorithme

Cheveux texturés

L’intelligence artificielle ne se contente plus d’assister les designers ; elle redéfinit les règles du jeu de l’expérience utilisateur. De la génération automatique d’interfaces à l’émergence des agents autonomes, le secteur de l’UI/UX traverse une mutation sans précédent. Décryptage d’un futur où le design devient un moteur de performance piloté par la data.

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Romain Bailleul, l’artisan de l’IA concrète

Pour explorer ces mutations, j’ai eu l’opportunité d’échanger avec Romain Bailleul, une figure de proue de l’écosystème IA en France. Co-fondateur de La Mine, un studio spécialisé dans le déploiement d’agents IA et de micro-SaaS, et directeur des partenariats de Lead Camp, une agence de prospection B2B, Romain incarne cette nouvelle génération d’entrepreneurs « augmentés ».

Ancien infirmier reconverti dans la tech, il prône une approche pragmatique : l’IA doit servir à supprimer les tâches à faible valeur ajoutée pour se concentrer sur l’impact. Inventeur du concept d’ipromptisme et conférencier TEDx, il accompagne les entreprises dans leur transition vers l’automatisation intelligente. Son expertise nous éclaire ici sur la bascule radicale que vit actuellement le monde du design.

L’IA, le nouveau « collaborateur » du designer

L’époque où la création d’une interface nécessitait des semaines de travail semble révolue. Aujourd’hui, des outils comme V0.dev ou des agents spécialisés permettent de générer du code et des maquettes en un temps record. Comme le souligne Romain Bailleul lors de notre échange : « ceux qui ont les compétences métier et qui y ajoutent l’IA accélèrent à 500% ».

L’IA ne remplace pas le talent, elle supprime les frictions techniques. Pour un expert UX, l’enjeu se déplace : il ne s’agit plus de « dessiner » manuellement, mais de piloter l’outil qui optimisera le placement des éléments pour maximiser l’efficacité.

Vers une UX adaptative et vivante

L’une des révolutions majeures évoquées est l’apparition d’outils comme Keak, un agent IA capable d’optimiser un site web en temps réel. Imaginez une interface qui effectue de l’A/B testing en continu, analysant le comportement des utilisateurs pour s’auto-modifier afin d’augmenter la conversion.

Nous passons d’un design statique à un design évolutif. L’UX devient une entité organique qui apprend de ses visiteurs. Cette automatisation soulève une question de personal branding et d’image : comment maintenir une cohérence de marque quand l’interface change de manière autonome ?

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Le passage de l’acquisition à la rétention

Le trafic web traditionnel est bousculé par l’essor du GEO (Generative Engine Optimization). Si les utilisateurs obtiennent leurs réponses directement via Perplexity ou Gemini, l’enjeu du site web change radicalement.

L’effort de design se déplace vers la rétention. Une fois que l’utilisateur est sur la plateforme, l’UX doit être si fluide qu’elle transforme la visite en engagement durable. Romain Bailleul insiste sur l’importance de la réassurance : des patterns d’UX qui ne servent pas la technique, mais l’émotion humaine et la confiance.

Conclusion

L’IA redonne aux designers leur mission originelle : résoudre des problèmes complexes. Si elle automatise les tâches ingrates, elle exige en retour une vision stratégique plus pointue. Pour nous, futurs diplômés du MBA DMB, la clé réside dans cette hybridation : être assez technicien pour piloter l’IA, et assez psychologue pour comprendre l’humain.

Alysée ROUIBI

MBA Digital Marketing & Business – Full Time