Dans un monde où l’intelligence artificielle et les technologies immersives redessinent les frontières du possible, L’ExPERIENCE VISION s’impose comme un rendez-vous incontournable pour les acteurs de l’innovation. Organisé au Grand Rex à Paris le 6 février dernier, cet événement a réuni plus de 1000 experts, entreprises et passionnés autour des avancées en IA, réalité augmentée, réalité immersive et réalité mixte. Plus qu’une simple vitrine technologique, il s’agit d’un espace d’échange et de réflexion sur les enjeux et opportunités de ces révolutions numériques.

Photo prise lors de l'expérience vision au grand rex le 6 février 2025. Il s'agit du lancement de la conférence introductive de l'événement à 9h30 dans la salle principale du grand rex.
Conférence de lancement de l’ExPERIENCE VISION, 6 février 2025

En tant qu’étudiant au MBA DMB, j’ai eu la chance d’assister à L’ExPERIENCE VISION. J’ai pu mieux comprendre comment ces innovations transforment les stratégies d’engagement des marques et les expériences utilisateur. Au total, en plus de la scène principale ayant accueilli des grands noms de la tech comme Arthur Mensch (CEO de Mistral AI), c’est 6 salles avec chacune un thème propre qui étaient accessibles : Manufacturing, Luxury, HealthcareRetailCulture & Entertainment, et Education. À travers près de 100 conférences thématiques, des démonstrations immersives et des retours d’expérience, j’ai pu explorer des applications concrètes et mesurer l’impact croissant de ces technologies sur différents secteurs.

Photos des différentes salles du Grand Rex

Parmi les nombreuses conférences et démonstrations, certaines interventions ont particulièrement retenu mon attention. Nous nous attarderons donc aujourd’hui sur les sujets de l’IA et de la réalité immersive à travers les conférence de Marc-Antoine Parrona et Samuel Gaulay.

Le Louvre x Snapchat : « L’Egypte augmentée »

Lors de la conférence intitulée « Le Louvre x Snapchat », Marc-Antoine Parrona, chef de la communication numérique et représentant du musée du Louvre lors de cette journée, a présenté une collaboration innovante entre le musée et la plateforme Snapchat lancé en 2023, visant à enrichir l’expérience des visiteurs grâce à la réalité augmentée (AR).

Conférence le Louvre x Snapchat à l’ExPERIENCE VISION, 6 février 2025

Des expériences immersives au service du patrimoine

Cette initiative permet aux visiteurs de redécouvrir certaines œuvres emblématiques du département des Antiquités égyptiennes du Louvre en utilisant la technologie AR de Snapchat. En scannant un simple QR code à l’aide de leur smartphone, les visiteurs accèdent à des expériences immersives qui redonnent vie et couleur à des artefacts anciens.

Parmi les exemples notables présentés, le naos dédié au dieu Osiris, datant de 600 avant J.-C., a été mis en lumière. Les reliefs de cette œuvre, aujourd’hui estompés par le temps, retrouvent leurs couleurs et leurs détails d’origine grâce à la réalité augmentée, offrant aux visiteurs une immersion dans le quotidien d’un prêtre égyptien.

Un autre exemple est le Zodiaque de Dendérah, un bas-relief représentant la voûte céleste et ses constellations. Grâce à la réalité augmentée, les visiteurs peuvent découvrir les couleurs vives et lumineuses de l’œuvre, rendant hommage aux dynasties de rois qui ont précédé le pharaon Thoutmosis III sur le trône d’Égypte.

L’impact sur les visiteurs est significatif : ces expériences immersives créent une connexion émotionnelle profonde entre le public et les œuvres, rendant la visite plus mémorable. Le dispositif est conçu pour être simple et accessible : un QR code accompagné d’une fiche explicative permet, une fois scanné, de vivre l’œuvre à travers une expérience immersive sur son propre smartphone. De plus, ces expériences sont disponibles en plusieurs langues, assurant une accessibilité optimale pour un public international.

Une collaboration bien orchestrée

Par ailleurs, le succès de cette initiative réside en grande partie dans l’intégration précoce des équipes scientifiques du musée au projet, favorisant une collaboration étroite et une communication interne efficace. Si je me permets un aparté qui me semble particulièrement pertinent d’un point de vue organisationnel, c’est parce que de trop nombreux projets digitaux d’ampleur échouent lamentablement pour des questions d’organisations en interne.

Le musée du Louvre n’est pas le premier à se lancer dans ce genre de projet VR/AR, nous avons déjà eu l’occasion d’assister à de belles réussites comme la collaboration entre le Château de Versailles et Google arts & culture ou celle entre le British Museum et Oculus.

En conclusion, la réalité augmentée ou réalité immersive s’affirme comme un outil prometteur pour les musées, offrant de nouvelles façons de rendre les collections accessibles et de transmettre le savoir, enrichissant ainsi la médiation culturelle.

L’intelligence artificielle et son impact sur l’humanité : une (brève) réflexion autour de l’éthique et de l’avenir

L’autre moment fort de l’événement fut la conférence de Samuel Gaulay, qui a exploré les implications éthiques et sociétales de l’intelligence artificielle.

Conférence autour de l’IA et l’Homme augmentée, 6 février 2025

L’IA face à l’intelligence humaine

Lors de sa conférence, Samuel Gaulay aborde plusieurs aspects de l’intelligence artificielle (IA), et en particulier ses implications sur l’humanité et les défis éthiques qu’elle soulève. Gaulay a tout d’abord commencé par faire la distinction entre l’IA, l’IB (l’intelligence Biologique), c’est-à-dire la capacité humaine à percevoir et à comprendre, et l’IC (l’intelligence collective) qui désigne la capacité d’une communauté à faire converger les intelligences et connaissances. Selon lui, l’intelligence d’une IA est mesurée par sa capacité à communiquer un message efficacement, souvent plus rapidement et précisément que l’IB, qui est limitée par sa propre cognition et subjectivité.

Le conférencier a fait un parallèle avec l’histoire, notamment l’été 1943, lorsque Turing a permis de déchiffrer les codes allemands, mettant en évidence le potentiel de l’informatique pour résoudre des problèmes complexes. Cependant, cette avancée a également soulevé une question fondamentale : « Une machine peut-elle être meilleure qu’un humain ? » Gaulay a pris l’exemple du match de 1997 entre Garry Kasparov et le programme d’IA Deep Blue, un événement marquant dans l’histoire des échecs, où l’IA a battu le champion mondial. Cette victoire a soulevé une réflexion plus large sur ce que l’IA pourrait signifier pour l’avenir de l’humanité.

Un avenir entre crainte et opportunité

Une des interrogations majeures abordées était la peur de la disparition de l’humanité face à des machines toujours plus performantes. Gaulay a nuancé cette vision en insistant sur l’importance de garder l’humain « dans la boucle » des décisions prises par l’IA.

Pour illustrer son propos, Samuel nous à proposer une animation avec le robot Pepper qui parvient à deviner en quelques secondes le chiffre auquel pense un humain. L’occasion pour le conférencier de mettre en exergue les capacités impressionnantes des IA actuelles, et cela lui a permis de rebondir sur son message clé :

« Le risque demain, ce n’est pas d’être remplacé par une IA, mais d’être remplacé par un humain qui maîtrise l’IA. »

Cette phrase résume parfaitement l’enjeu actuel : ceux qui savent exploiter l’IA auront une avance décisive sur ceux qui la craignent. Il conclue sa conférence sur une image marquante en rappelant qu’il existe deux approches face à ces évolutions technologiques : Il y a ceux qui prennent le train en marche et s’adaptent, et ceux qui le regarde passer et qui sont condamnés à refuser le progrès, à croire en une utopique porte de sortie.

L’IA et la réalité immersive : en conclusion

L’ExPERIENCE VISION m’a offert une plongée fascinante dans le futur des technologies immersives et de l’intelligence artificielle. Cet événement illustre à quel point l’IA et la réalité immersive redéfinissent notre rapport au monde, aussi bien dans la culture que dans l’industrie.

L’une des grandes leçons à retenir est que l’innovation ne repose pas uniquement sur la technologie elle-même, mais aussi sur la manière dont elle est intégrée, partagée et adoptée. Alors que ces avancées s’accélèrent, une question demeure : comment assurer un équilibre entre développement technologique et valeurs humaines ?

Retrouvez juste ici le lien vers mon article, et le lien vers ma note méthodologique.

Jules Querret.