
Cette infographie résume en une planche ce que mon article sur l’AI washing développait en mots. J’ai voulu fixer ce paradoxe dans un seul visuel, lisible d’un coup d’œil : d’un côté, des chiffres de licenciements qui donnent le vertige, de l’autre, une réalité bien plus politique qu’elle n’y paraît.
Pourquoi cette infographie
Le constat de départ est simple. 55 000 licenciements ont été directement attribués à l’IA aux États-Unis en 2025. C’est un chiffre qui circule beaucoup, qui inquiète, qui fait les gros titres. Mais il cache une réalité plus trouble que la planche met en évidence avec le donut chart central : selon la Harvard Business Review, une bonne partie de ces suppressions de postes relèveraient en fait de restructurations classiques, l’IA servant de justification commode. C’est tout l’enjeu du bloc « AI washing » — montrer que le chiffre brut ne dit pas toute la vérité.
Ce que la planche met en tension
L’infographie joue sur un contraste volontaire. En haut, l’ampleur du choc : 55 000 emplois, 1,17 million de suppressions au total. Au centre, le doute méthodologique sur l’origine réelle de ces chiffres. Et en bas, ce qui me semble le vrai sujet : seulement 40% des entreprises françaises forment leurs salariés à l’IA, alors que 287 000 d’entre eux devront l’être d’ici 2030 selon l’OPIIEC. La barre de progression bleue et grise visualise ce déséquilibre en un regard — bien plus parlant qu’un paragraphe de texte.
J’ai aussi choisi d’inclure la fracture sociale dans trois cartes statistiques distinctes : le risque d’automatisation triplé pour les femmes, le recul de 13% de l’emploi chez les 22-25 ans, et la prime salariale de 56% pour les compétences IA en France. Ces trois chiffres, mis côte à côte, racontent une histoire que les moyennes nationales masquent souvent : l’IA ne touche pas tout le monde de la même façon.
Une note d’optimisme mesuré
La planche se termine volontairement sur un encart jaune, en rupture avec le reste : 86% des métiers vont se transformer, pas disparaître. Ce n’est pas un message naïf. C’est un rappel que la transformation n’est pas synonyme d’extinction — à condition que la formation suive. C’est précisément le pont entre cette infographie et mon article complet sur le sujet, où je développe pourquoi le vrai scandale n’est pas l’IA elle-même, mais l’angle mort de la formation.
Cette infographie est donc une porte d’entrée visuelle vers une réflexion plus large sur la responsabilité des entreprises et des pouvoirs publics face à cette transition. Les chiffres parlent, mais ils ne suffisent pas à eux seuls — c’est pour ça que je continue de creuser le sujet dans mes prochains articles.
Sources : Challenger Gray & Christmas (2025) · Harvard Business Review · OPIIEC · France Stratégie · DemandSage · OCDE & McKinsey
Consultez ma note méthodologique détaillée sur l’usage de l’IA pour cette infographie : https://blog.mbadmb.com/note-methodologique-infographie-ia-emploi/