Trois jours, trois intelligences : ce que le Hackathon Intelligence a révélé sur nos modes de réflexion
Hackathon intelligence : Infographie

Un hackathon pour repenser notre façon de réfléchir
Pendant trois jours intensifs, le MBA DMB a proposé un hackathon pas comme les autres, centré non pas uniquement sur la technologie ou l’innovation produit, mais sur une question plus fondamentale : comment réfléchissons-nous à l’ère du numérique ? Cet événement immersif avait pour objectif de nous faire expérimenter concrètement trois formes d’intelligence :- l’intelligence naturelle,
- l’intelligence assistée,
- l’intelligence augmentée (via l’IA).
I. L’intelligence naturelle : le socle irremplaçable de la réflexion
L’intelligence naturelle correspond aux capacités humaines fondamentales : pensée critique, créativité, intuition, jugement éthique et prise de décision. Même dans un contexte fortement digitalisé, elle reste la base de toute réflexion pertinente. Selon le Forum Économique Mondial, la pensée analytique et critique est aujourd’hui considérée comme la compétence la plus recherchée par les employeurs. L’OCDE va dans le même sens en qualifiant l’esprit critique de compétence éducative majeure du XXIᵉ siècle. Ces données confirment que savoir réfléchir par soi-même demeure un atout central pour les étudiants, y compris dans des domaines comme le marketing digital, où les outils sont omniprésents. Lors d’un hackathon, cette intelligence se manifeste particulièrement : ce sont souvent l’intuition, l’expérience personnelle et la capacité à remettre en question une idée qui permettent de proposer des solutions innovantes, bien plus que l’application mécanique de méthodes ou d’outils. Les limites de l’intelligence artificielle renforcent d’ailleurs ce constat. Une étude menée par Harvard et l’Université de Berkeley (2025) a montré que l’IA seule n’améliore pas significativement les performances de décideurs inexpérimentés. Sans capacité de jugement, l’outil ne permet pas de distinguer une bonne idée d’une mauvaise ni d’orienter une stratégie sur le long terme. L’intelligence humaine reste donc indispensable pour donner du sens et orienter les décisions. Cependant, l’intelligence naturelle est aujourd’hui confrontée à un défi majeur : la surabondance d’informations. Le volume de données mondial devrait atteindre 175 zettaoctets en 2025, ce qui rend le tri et l’analyse plus complexes. En 2024, seuls 4 jeunes sur 10 déclarent être capables de confronter plusieurs sources pour se forger une opinion. Ce chiffre souligne l’importance de renforcer l’esprit critique, la capacité d’analyse et la vérification des informations dans les parcours de formation.II. L’intelligence assistée : un accès massif à l’information, à utiliser avec discernement
L’intelligence assistée repose sur l’utilisation d’outils numériques externes, principalement Internet, les moteurs de recherche, les bases de données et les plateformes de contenus, pour enrichir la réflexion humaine. Chez les étudiants, cette forme d’intelligence est devenue un réflexe quotidien. En France, les 15-24 ans passent en moyenne 4h21 par jour sur Internet, ce qui leur permet d’accéder rapidement à une grande quantité de ressources éducatives, d’articles, de vidéos et de données. Cette accessibilité représente un gain de temps considérable par rapport aux méthodes traditionnelles de recherche. D’un point de vue quantitatif, 77 % des individus déclarent apprécier l’abondance d’informations disponibles, signe que le numérique est perçu comme une opportunité plutôt que comme une contrainte. Pour un étudiant en marketing digital, cela permet d’élargir sa vision d’un sujet, de comparer plusieurs points de vue et de nourrir ses projets plus efficacement. Cependant, cette intelligence assistée comporte des limites importantes. 53 % des 15-30 ans identifient les réseaux sociaux comme leur principale source d’information, malgré la conscience des risques de désinformation. Les algorithmes, les biais de sélection et la fiabilité variable des sources peuvent influencer la réflexion si l’on ne prend pas de recul. L’enjeu n’est donc pas de consommer plus d’informations, mais de mieux les sélectionner, les croiser et les analyser. Sans esprit critique, l’intelligence assistée peut enfermer l’étudiant dans une vision partielle ou biaisée du réel, au lieu d’enrichir sa réflexion.III. L’intelligence augmentée : l’IA comme accélérateur de réflexion
L’intelligence augmentée repose sur la collaboration entre l’humain et des systèmes d’intelligence artificielle, notamment les IA génératives comme ChatGPT. Ces outils ne se contentent plus d’assister ponctuellement : ils accompagnent la réflexion, structurent les idées et accélèrent la production. En 2024, 86 % des étudiants français déclarent utiliser l’IA dans le cadre de leurs études, et plus de 54 % l’utilisent au moins une fois par semaine. ChatGPT est l’outil le plus utilisé, avec des taux d’adoption compris entre 66 % et 88 %, devant d’autres solutions comme Gemini ou Claude. Les bénéfices perçus sont clairs :- 65 % des étudiants estiment que l’IA améliore leur productivité,
- 62 % l’utilisent principalement pour gagner du temps,
- 40 % s’en servent pour stimuler leur créativité.
Vers une intelligence hybride et équilibrée
L’expérience du hackathon MBA DMB a mis en évidence une réalité essentielle : aucune forme d’intelligence n’est suffisante seule.- L’intelligence naturelle donne le sens, le recul et la créativité.
- L’intelligence assistée apporte l’accès rapide à l’information.
- L’intelligence augmentée accélère, structure et optimise la réflexion.
Voici mon infographie généré par NoteBookLM
Sources :
World Economic Forum, Future of Jobs Report 2025, WEF.
OCDE, Perspectives de l’OCDE sur les compétences 2025, OCDE.
Digital Education Council, Global AI Student Survey 2024.
Médiamétrie, Usages numériques 2024 (France).
Pôle Léonard de Vinci et partenaires, Étude 2024 : L’impact des IA génératives sur les étudiants.
Heaven, Born AI Report 2025.