Aujourd’hui, les professionnels de santé sont de plus en plus nombreux à prendre la parole sur les réseaux sociaux. Mais derrière cette exposition, il y a tout un travail de fond. Pour comprendre les enjeux, j’ai interviewé Clara, talent manager chez Elema Agency spécialisée dans l’accompagnement de créateurs de contenus santé. Elle gère aujourd’hui des profils variés comme Marine Lorphelin, Anna Roy, ou encore Victoria.

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Peux-tu nous parler un peu de ton parcours et de comment tu es arrivée à ce métier ?

Clara : Bien sûr ! J’ai fait une formation en communication, puis j’ai commencé comme chargée de communication chez Kokoroe. Ensuite, j’ai eu une expérience en pharmacie, avant de devenir assistante cheffe de projet chez Kidding. Toutes ces expériences m’ont petit à petit menée vers un secteur qui me tient particulièrement à cœur aujourd’hui : la santé.

En tant que talent manager, tu travailles avec des professionnels qui sont aussi soumis à un cadre légal très spécifique. Peux-tu nous en dire plus ?

Clara : Oui, c’est un point fondamental. Les professionnels de santé qui s’expriment publiquement restent soumis au Code de déontologie du CNOM (Conseil National de l’Ordre des Médecins). Ils ne peuvent pas faire de publicité pour eux-mêmes, ni recommander des produits librement comme des influenceurs classiques. Il faut toujours garder en tête l’intérêt du patient et la véracité scientifique. Mon rôle, c’est aussi de les aider à rester dans ce cadre, tout en étant visibles et impactants

Tu accompagnes aujourd’hui plusieurs figures connues de la sphère santé. Peux-tu nous parler de leurs profils ? 

Clara : Oui, et ce que j’adore, c’est la diversité ! J’accompagne des médecins généralistes comme Marine Lorphelin, des sages-femmes comme Anna Roy, des psychologues comme Victoria, des kinés, des ostéopathes, etc. Chacun a une approche différente. Certains veulent vulgariser, d’autres veulent sensibiliser ou rassurer. Et ce sont souvent des profils très engagés, qui veulent faire bouger les lignes dans leur discipline.

Quels sont les principaux risques quand on est créateurs de contenus dans la santé ?

Clara :  Il y en a plusieurs. Déjà, l’exposition : dès qu’un professionnel de santé s’exprime, il peut être critiqué, y compris par ses pairs. Ensuite, les risques juridiques : une mauvaise formulation ou une information sortie de son contexte peuvent avoir des conséquences. Enfin, il y a la charge mentale. Quand on parle de santé, on touche à l’intime, aux émotions. Il faut être solide pour recevoir les messages, les témoignages… et parfois les attaques.

Parlons d’un autre enjeu : les fakes news. Comment les talents que tu accompagnes y font face ?

Clara :  C’est une vraie bataille. Les fausses informations circulent très vite, notamment sur des sujets sensibles comme les vaccins, la santé mentale, la nutrition. Les créateurs de contenu santé ont un rôle clé pour rétablir la vérité. On fait un énorme travail en amont : vérification des sources, formulation rigoureuse, ton pédagogique. Mais il faut aussi rester humain, accessible. La crédibilité passe par la constance et la sincérité.

Et malgré tout, tu continues à défendre cette prise de parole. Quels sont selon toi, les bénéfices de ces contenus santé ? 

Clara :  Les bénéfices sont immenses. On humanise la médecine, on la rend plus accessible. Une vidéo bien faite peut rassurer des milliers de personnes, casser des tabous, ou inciter à consulter. Et puis on crée un lien direct, très fort, entre les professionnels et le public. Ce sont des espaces de confiance, d’éducation, de bienveillance.

On sent que ton rôle dépasse la simple gestion de carrière. Comment décrirais-tu ta mission aujourd’hui ?

Clara :  C’est clairement un rôle hybride. Il y a de la stratégie, de la communication, de la gestion de crise, mais aussi beaucoup d’écoute et d’accompagnement humain. J’aide mes talents à trouver leur voix, à s’exprimer avec justesse, sans se brûler les ailes. Et je milite pour que ce métier soit mieux reconnu, car il participe à faire évoluer les mentalités autour de la santé.

Enfin que retiens-tu de ton quotidien avec ces professionels ? 

Clara :  Beaucoup de respect, d’admiration, et de fierté aussi. Ils osent prendre la parole, souvent sans filet, dans un environnement complexe. Et ils le font pour les bonnes raisons : pour aider, pour éduquer, pour transmettre. C’est une chance de les accompagner dans ce chemin-là.

Voici ma note méthodologique juste ici.