S’il y en a qui regardent la crise économique qui arrive sans trembler, ce sont eux les GAFAM, dont la main mise sur nos vies devient difficile à nier. Plus on avance plus c’est une évidence, les GAFAM; tout puissant face à la crise ressortent comme les grands gagnants de la crise sanitaire actuelle comme économique à venir.

#STAYATHOME, les GAFAM incontournables.

Cela n’aura échappé à personne, dans un contexte ou la moitié de l’humanité a été confiné, les starlettes Californiennes ont été nos compagnes de chaque instant. Non pas qu’il faille en être surpris ou même effarouché, car cela fait désormais un temps certain que nous sommes tous perfusés aux services et autres produits d’Amazon, Google, Apple…

Néanmoins, cette période a fini d’asseoir leur caractère incontournable dans nos vies de confinés. Télétravail, enseignement à distance, divertissement, les tech-compagnies sont partout.

Pour l’ occasion, nous avons pu voir des services particulièrement dopés : ZOOM en est un belle exemple. Plateforme de visioconférence née en 2011 dont le nombre de connexions a connu un accroissement exponentiel à mesure que les déplacements d’affaires et autres RDV business s’atténués. Plateforme qui durant la crise a frôlé les 50 milliard de dollars de capitalisation boursière…

Vous me direz un service de plus aux côtés de Skype et autres services Google Hangout, oui mais accessible en 1 seul clic.

Otage de la facilité : et la privacy ?

Et c’est peut-être là, le début du problème. Surprise, cher utilisateur iOs ; Zoom fournissait automatiquement toutes vos données à Facebook et cela même si vous n’aviez pas de compte Facebook.

ZOOM, l'application de télétravail qui a décollé durant le confinement

On hausse un sourcil bien sûr, mais lorsque l’on a une réunion de travail le lendemain à 10h dessus ; alors tant pis ! Entre temps et pour faire suite aux violentes réactions des activistes Privacy Matters l’application a mis à jour son service.

Action-Réaction me direz-vous ; ce qui peux être salué ! Il ne faut cependant pas oublier le caractère récidiviste car l’application avait été déjà épinglé pour une faille de confidentialité lui permettant d’allumer la webcam d’un MAC sans aucune autorisation de son propriétaire.

Désagréable sensation, mais leur omniprésence durant la crise nous a condamné en otages consentants de ces facilitateurs du quotidien tout droit venu de la Silicon Valley.

Amazon, cette GAFAM pas comme les autres.

Jeff Bezos CEO Amazon

Pendant ce temps-là, Amazon montre à quel point elle n’est pas une entreprise comme les autres. Ainsi durant la crise, la firme américaine a employé plus de 100 000 personnes en un mois aux Etats-Unis, pour faire face à la demande.

Amazon a également profiter de ce petit moment « je créé de la croissance », pour virer les leaders de la grève new-yorkaise qui demandaient une sécurité minimum dans leurs entrepôts.

Lire aussi > Amazon attaqué en justice par des employés new-yorkais

Une agilité dans la gestion de ses ressources.

En France, le tribunal de Nanterre a rendu un jugement mardi 14 Avril pour contraindre Amazon à se restreindre aux commandes jugées essentielles et a condamné la firme de J.BEZOS à une amende de 1 millions d’euros/jours où ils ne respecteraient pas cette injonction. Mais Amazon a déjà fait appel, allant même jusqu’à reconsidérer ses intérêts en France si le terrain social n’est pas favorable…

Alors oui, ça fait quelques lignes dans les médias mais sûrement pas assez pour empêcher à des millions de désœuvrés de continuer à commander ce dont ils ont besoin ou pas…

Selon The Guardian, dans ces conditions les compteurs ont grimpés pour atteindre 11000 dollars de vente de produits et services par seconde à travers le monde. Amazon apparaît comme l’un des principaux bénéficiaires de cette crise. Une dynamique qui devrait encore profiter au géant américain au-delà du contexte pandémique. D’ailleurs la firme de n’y trompe pas et prévoit aux Etats-Unis, 75000 embauches supplémentaires pour faire face à l’afflux de commande en ligne.

Philanthropie et parterre de stars.

Avec l’explosion des ventes en ligne, Jeff Bezos qui détient 11% des actions d’Amazon a vu sa fortune personnelle gagner 24 milliards de dollars depuis le début d’année. Avec un pactole estimé par Bloomberg à 138 Milliards de dollars, le patron du mammouth Américain a pu aisément se permettre de faire un don de 100 millions de dollars aux banques alimentaires américaines, confrontées elles aussi à une demande inédite outre-Atlantique.

La fondation GATES finance à Bâle, la recherche médicale pour enrayer la pandémie. Le couple Zuckerberg s’est lui largement impliqué à coup de millions dans cette cause et fait des cadeaux en pagaille à l’OMS.

L’OMS, dont D.Trump viens de couper les budgets américains.

Zuckerberg trauma hospital

Un vrai tapis rouge hollywoodien pour le bien être de nous tous bien entendu… Où, la philanthropie comme cheval de Troie pour investir de nouveaux marché et accroitre son pouvoir politique.

Immanquable, affaire à saisir: l’opportunisme face à la crise.

 

Ce constat vertigineux du triomphe des tech compagnies laisse peu de doute sur la volonté de s’attribuer un super pouvoir ! Celui de la santé. Durant cette période de confinement, Amazon a vu sa stratégie de diversification au travers le cloud, le divertissement et l’e-commerce validé par le marché. Néanmoins, la firme à l’appétit de géant ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et souhaite désormais étendre son influence dans le lucratif secteur de la santé qui se retrouve évidemment au cœur de la crise du coronavirus.

Et puisque l’on est jamais mieux servi que par soi-même, Amazon a décidé de s’emparer de cette problématique sanitaire en créant son propre laboratoire , Amazon Care, permettant de tester ses employés américains. Ainsi, plutôt que de freiner ses entrepôts, Amazon veut dépister massivement ses salariés pour les rassurer certes, mais surtout éviter que l’un d’entre eux ne deviennent un cluster de contagions.

Amazon Care : le laboratoire

L’entreprise a donc mobilisé une partie de ses ressources pour se doter de solutions ad hoc, et cela en dépit de l’existant. En effet, on entrevoit là l’essentiel, qui est de détenir le savoir-faire en interne pour l’industrialiser sous la forme de produits et services à commercialiser ensuite. Stratégie déjà payante pour ses solutions d’hébergement (AWS) aujourd’hui véritable vache à lait de la firme.

Même si la démarche n’en est qu’à ses balbutiement, Amazon démontre une nouvelle fois sa capacité d’adaptation sur les marchés qu’elles convoitent.

Un effet d’aubaine.

Si le COVID-19 peut permettre à Amazon de développer de nouveaux produits notamment matière de dépistage, pour d’autre il fut également une aubaine pour investir ce marché.

Dans le cadre d’une initiative commune baptisée « Exposure Notification » Apple et Google ont proposé de créer un outil efficace pour tracer et isoler les malades du COVID.

Une structure qui aurait pu servir de base à STOP COVID que nous connaissons aujourd’hui en France. Pour rappel, STOP COVID est capable de vous prévenir si vous avez croisé un porteur du virus dans la journée ou pas en utilisant non pas votre géolocalisation mais votre bluetooth afin de préserver le peu qu’il vous reste de vie privée.

Google-Apple : API notification exposure

La France vers un FLOP COVID ?

Alors au début, quand Apple et Google propose … Le gouvernement français dit Oulà ! Non, et notre souveraineté numérique, il faut pas déconner avec ça. Et puis les gens revendique : j’en ai marre d’être tout le temps tout nu, un peu de décence. Et puis en y regardant de plus près, on se dit que peut-être l’une des seules manière de s’éviter un FLOP COVID, est de travailler avec Apple et Google.

Lire aussi : Pourquoi Google et Apple s’intéressent-ils tant aux applications de traçage numérique.

D’ailleurs, suite à la découverte de Gaëtan Laurent relayé par Mediapart, STOP COVID semble bel et bien en contradiction avec sa promesse initiale comme le précise clairement le décret et l’arrêté encadrant l’utilisation de l’application. Les français ne s’y sont pas trompés, l’application connaît des débuts décevants au point de poser question moins d’un moins après son lancement.

Bref une proposition d’Apple et Google qui, dans l’urgence ne peut presque pas être refuser.

Apple et Google vers un consensus européen.

D’ailleurs séduit, le service public de santé britannique le NHS a fait volte-face et s’est engagé dans cette voie pour suivre ses malades. Cette engagement britannique laissant entrevoir un consensus européen avec l’adhésion de la première heure de l’Allemagne. Bonnet d’âne pour la France et STOP COVID donc.

Lire aussi : Dr Google, gares aux effets secondaires.

Pour conclure, ce qui aurait pu paraître hier comme une forme de solidarité de prime abord de la part de Google et Apple a tout d’un cheval de Troie pour investir de nouveau marché. Celui de la santé.

NHS application britannique de traçing

Vers un dépendance toujours plus forte.

A un niveau basique de lecture chacune des initiatives de ces géants, dons pécuniaires, dons de matériels, collaboration dans le développement d’application de traçing… sont remarquables. Ces GAFAM peuvent s’enorgueillir d’avoir soulager du personnel soignants, mais également le quotidien de certains malades. Néanmoins, il faut garder en toile de fond que nous avons besoin de leur ressources pour limiter la casse. Et ce qui semble « gratuit » aujourd’hui… ne le sera surement plus demain.

La donne est simple et notre dépendance à leur savoir-faire autant qu’à leur charité semble évidente, tant nos systèmes de santé et nos économies sont à l’agonie.

Encore une fois, Google, Apple, Facebook, Amazon, les GAFAM comme on les appelle, ont su démontrer leur formidable agilité et capacité d’adaptation au plus fort de la crise. Cette même agilité qui présage une main mise encore plus forte avec la crise économique à venir.

Entre gloire & déboire ses géants font partie intégrantes de notre quotidien et se sont frayés un chemin vers des projets et failles de l’État : outil de traçage des malades, logistique des tests du COVID ou bien encore financement de la recherche médicale. Néanmoins peut-être devrions-nous arrêter de demander aux incendiaires d’un système d’en être les pompiers.

Et pendant ce temps-là, au Texas, des procès ont déjà lieu sur ZOOM.