Pour ce nouvel article, j’ai envie de vous parler d’un sujet que l’on aborde très rarement quand on évoque les objets connectés. Je vais vous parler des fermes connectées !

Nichée dans la campagne francilienne à 60km de Paris, la Digiferme de Boigneville préfigure ce que seront les exploitations de demain. Dans cette station expérimentale développée par Arvalis  (un institut de recherche dédié aux grandes cultures) sont testées des technologies au service d’un agriculteur « cyber manager »

http://www.mbadmb.com/wp-content/uploads/2018/02/ferme-connectée.png

Alors concrètement, comment fonctionnent les fermes connectées ?

Premièrement : des capteurs scrutent les champs

La station météo  

Elle mesure en performance, à l’échelle de la parcelle, la température de l’air, son humidité et l’orientation du vent.

Les puces RFID (Radio Frequency Identification)

Sous forme de « radio étiquette » autoadhésives, elles permettent de localiser les produits chimiques dans l’exploitation et de tracer leur utilisation. L’agriculteur peut ainsi vérifier le traitement de ses parcelles.

Le moniteur de culture

A l’état expérimental, le Field Sensor, développé par Bosch, dispose d’un système optique complexe capable de mesurer la taille des feuilles, leur teneur en azote ou même de les filmer en temps réel pour restituer une vidéo time-lapse (en accéleré) de leur croissance. Les données collectées permettent de de fournir des informations très précises sur l’état sanitaire des cultures.

Le drone cartographe

Piloté par un opérateur en bordure de champs, l’appareil commercialisé depuis 2016 par Airinov, survole les champs et scanne les cultures bande après bande avec un capteur optique rouge, bleu vert mais aussi infrarouge. Le spectre lumineux renvoyé par les plantes permet de déterminer leur état de santé ou leur niveau de développement.

Deuxièmement : les données sont analysées

Le Data center

Des supers-ordinateurs croisent les données du terrain transmises par les différents capteurs avec des modèles théoriques. Ils génèrent ensuite préconisations et conseils de gestion des cultures. Ce travail virtuel est géré par des experts en bio-informatique et en traitement du signal.

Troisièmement : le fermier reçoit informations et conseils sur son smartphone

Le cloud

Le « cloud » sorte de nébuleuse informatique agrège les données transmises par le data center. Puis les rend accessibles à l’agriculteur via un tableau de bord centralisé. Il peut le consulter en permanence depuis son ordinateur, sa tablette ou son smartphone.

Les relevés météo

L’agriculteur peut gérer ses parcelles en fonction de la météo. Une pluie la veille le dissuadera de désherber une terre trop humide à l’aide de son robot. Néanmoins des bourrasques importantes le décideront à laisser son pulvérisateur de pesticides au hangar. Un système de notification le prévient quand il est temps de désherber.

Les cartes conseils

L’agriculteur reçoit sur la console de son tracteur une image de la parcelle couverte de couleurs, indiquant là où il faut fertiliser et à quelle dose.  Ces cartes conseils, générées par le data center à partir des photos prises par le drone, permettent de contrôler et de mieux doser l’apport en fertilisant.

Quatrièmement : le matériel agricole est mis en route

Le tracteur assisté

Guidée par un système GPS baptisé RTK (Real Time Kinematic), la machine s’oriente sans l’intervention du conducteur dans le champ. Elle suivra par exemple, les instructions de la carte de modulation d’engrais : elle dépose ainsi la bonne quantité d’azote au bon endroit. De la même façon, le pulvérisateur de pesticide évite l’application excessive de produit : aux endroits déjà traités, les buses, associées en plusieurs « tronçons » cessent leur pulvérisation portion par portion.

A présent, après avoir lu ces quelques lignes, vous ne pourrez plus dire que les fermes connectés n’existent pas !