Note méthodologique IA — Interview de Nina, alternante chez Dalma
Note complémentaire à l’article « IA et création de contenu : l’expérience de Nina »
Dans le cadre de ma thèse professionnelle et de mes contributions au blog du MBA DMB, j’ai utilisé l’intelligence artificielle (Claude) à certaines étapes de la production de cet article. Cette note détaille précisément où et comment, pour rester transparente sur ma méthode de travail.
L’origine du contenu
La matière de cet article vient d’un entretien que j’ai mené moi-même avec Nina, alternante en communication chez Dalma. J’ai préparé et posé les questions, recueilli ses réponses par écrit, puis décidé de changer d’angle par rapport à mon projet initial (interviewer mon manager) pour retenir ce témoignage, plus riche pour mon sujet. Aucune réponse, aucune citation de Nina n’a été générée ou reformulée par l’IA : le contenu de l’entretien est intégralement le sien.
Ce pour quoi j’ai utilisé Claude
- Structurer l’article : à partir de la retranscription brute de l’entretien, j’ai demandé à Claude de m’aider à identifier les temps forts et à les organiser en un plan à six parties, plutôt que de tout retranscrire dans l’ordre des questions.
- Trouver un titre accrocheur : j’ai demandé plusieurs pistes de titre, puis j’ai choisi de garder la citation de Nina (« elle a déplacé notre métier ») comme fil rouge parce qu’elle résumait le mieux le fond de l’entretien.
- Retravailler le style : suppression des tirets cadratins, reformulation de certains titres, ajustements de ton pour rester fluide et pas trop scolaire.
- Optimiser le SEO : proposition de meta title, meta description, mot-clé principal, et corrections pour faire remonter le score Yoast (expression clé dans l’introduction, les sous-titres et la meta description).
- Chercher des sources externes : j’ai demandé une recherche de données récentes sur l’adoption de l’IA dans les métiers du marketing/content, pour contextualiser les propos de Nina avec des chiffres extérieurs.
Ce que j’ai tranché moi-même
Plusieurs propositions de l’IA n’ont pas été retenues : certains titres trop génériques, une première structure qui mettait trop l’accent sur Dalma plutôt que sur Nina elle-même, des formulations trop lisses qui gommaient le côté direct de ses réponses. J’ai aussi retiré ou modifié des passages qui sonnaient trop « IA » (formulations creuses, effets de style artificiels) pour recentrer sur une écriture qui me ressemble.
Vérification des sources
Les deux liens externes utilisés dans l’article (étude HubSpot sur l’adoption de l’IA en marketing, article du Blog du Modérateur sur les métiers du digital) ont été vérifiés individuellement : URL fonctionnelle, chiffres cohérents avec la source citée, date de publication récente (2025-2026). Je n’ai gardé que des chiffres que j’ai pu recouper avec la page source elle-même, pas seulement avec le résumé fourni par l’IA.
transcription entretien:
1. Mise en contexte
Peux-tu me décrire ton poste et ce que recouvre concrètement « content » dans ton entreprise ?
Je suis Assistante Influence & Brand Content chez Dalma, une assurance santé pour chiens et chats. Mon rôle consiste à accompagner toute la stratégie d’influence de la marque : je recherche des créateurs de contenu, je participe à la mise en place des campagnes, j’assure le suivi des collaborations et j’analyse leurs performances. Je travaille également sur la création de contenus de marque, comme des articles SEO, des briefs créatifs, des publications LinkedIn ou différents supports de communication. Chez Dalma, le « content » englobe aussi bien les contenus produits par la marque que ceux créés par les influenceurs avec lesquels nous collaborons.
Sur une semaine type, à quoi ressemble ton découpage entre stratégie, création et exécution ?
Je dirais environ 20 % de stratégie, 30 % de création et 50 % d’exécution. Une grande partie de mon temps est consacrée à la gestion opérationnelle des campagnes : contacter les créateurs, suivre les échanges, valider les contenus, récupérer les statistiques et coordonner les différentes étapes des collaborations. La création concerne les briefs, les idées de contenus, les articles SEO ou certains supports de communication. Enfin, la partie stratégique consiste à réfléchir aux profils les plus pertinents et à analyser les performances des campagnes pour optimiser les suivantes.
Depuis combien de temps l’IA fait partie de tes outils de travail, et comment ça s’est fait ?
J’utilise l’IA, depuis le début de mon alternance chez Dalma. Au départ, c’est une initiative personnelle : je cherche un moyen de gagner du temps sur certaines tâches rédactionnelles. Petit à petit, son utilisation devient plus courante dans l’équipe, même si elle n’est pas imposée par le management.
2. Usages concrets de l’IA
Quels outils IA utilises-tu réellement au quotidien ?
J’utilise principalement ChatGPT et Claude.
Sur quelles étapes de la création de contenu l’IA intervient-elle ?
L’IA intervient principalement pendant les phases d’idéation et de rédaction. Je l’utilise pour trouver des idées de campagnes d’influence, rédiger ou reformuler des e-mails, améliorer des briefs créatifs, structurer des articles SEO ou encore trouver des accroches pour LinkedIn. Elle me sert aussi à reformuler des textes pour qu’ils soient plus fluides ou plus impactants.
Donne-moi un exemple précis où l’IA t’a fait gagner du temps.
Lorsque je rédige un article SEO sur une thématique vétérinaire, elle me permet de construire très rapidement une première structure avec les différentes parties à traiter. Cela me fait gagner beaucoup de temps sur la phase de démarrage. Ensuite, j’enrichis le contenu avec les informations spécifiques de Dalma et les validations de nos experts vétérinaires.
À l’inverse, un exemple où l’IA t’a fait perdre du temps.
Sur des sujets très spécifiques liés à l’assurance animale ou aux remboursements, les réponses de l’IA sont parfois inexactes ou trop génériques. Je dois alors vérifier chaque information, ce qui peut parfois prendre plus de temps que si j’avais rédigé directement.
Sur LinkedIn spécifiquement, l’IA t’aide plus sur le fond ou sur la forme ?
Principalement sur la forme. Les idées de publications viennent généralement de notre actualité ou des projets de l’équipe. En revanche, elle m’aide beaucoup à améliorer la rédaction, rendre les textes plus fluides et adapter le ton à LinkedIn.
3. Productivité vs valeur humaine
Est-ce que tu dirais que l’IA a changé la nature de ton travail, ou juste sa vitesse d’exécution ?
Je pense qu’elle change surtout la vitesse d’exécution. Mon métier reste le même, mais certaines tâches sont réalisées beaucoup plus rapidement. Je passe donc davantage de temps sur l’analyse, la stratégie et la personnalisation des contenus.
Y a-t-il des tâches que tu refuses de déléguer à l’IA ?
Oui. Je ne délègue pas le choix des influenceurs, les échanges avec les créateurs ou la validation finale des contenus. Ces missions demandent une vraie compréhension de la marque, des objectifs de la campagne et de la relation humaine.
As-tu déjà eu l’impression qu’un contenu généré ou assisté par IA perdait en authenticité ?
Oui. Les contenus générés par l’IA peuvent rapidement paraître très génériques. Ils utilisent souvent les mêmes formulations et manquent d’exemples concrets ou d’émotions. Je le remarque surtout lorsque le texte pourrait convenir à n’importe quelle entreprise. Chez Dalma, nous avons une identité de marque forte, donc il est indispensable de retravailler les contenus pour qu’ils reflètent réellement notre ton.
Dans ton équipe, est-ce que l’IA a remplacé une partie de votre rôle créatif ou l’a déplacé ailleurs ?
Je dirais qu’elle a déplacé notre rôle. Nous passons moins de temps sur les tâches répétitives de rédaction et davantage sur la réflexion stratégique, la personnalisation des contenus et la supervision.
Comment vois-tu la frontière entre « l’IA m’aide à mieux faire mon travail » et « l’IA fait mon travail à ma place » ?
Pour moi, l’IA reste un assistant. Elle peut produire une première version ou proposer des idées, mais c’est toujours moi qui décide, qui adapte et qui valide. Tant que je garde un regard critique et que j’apporte une réelle valeur ajoutée, l’IA ne fait pas mon travail à ma place.
As-tu ressenti une forme de pression à produire plus, plus vite ?
Oui, un peu. Comme certaines tâches sont réalisées plus rapidement grâce à l’IA, il y a naturellement des attentes plus importantes en matière de productivité. En revanche, cela ne signifie pas que la qualité doit être sacrifiée.
4. Cadre, formation et gouvernance
Ton entreprise a-t-elle une charte ou des règles sur l’usage de l’IA ?
À ma connaissance, Dalma ne dispose pas d’une charte spécifique sur l’utilisation de l’IA. En revanche, il est évident que tous les contenus doivent être relus et validés avant leur publication. L’IA est considérée comme un outil d’aide et non comme un outil de publication automatique.
As-tu reçu une formation ?
Non. Je me forme principalement de manière autonome, en testant les outils, en regardant des tutoriels et en échangeant avec mes collègues.
Qui décide de ce qui peut être fait par IA ?
Pour les tâches du quotidien, chacun est assez autonome dans son utilisation de l’IA. En revanche, les contenus destinés à être publiés sont toujours validés par les responsables de l’équipe.
5. Perception, limites et recommandations
Si tu devais donner une règle simple à une entreprise pour intégrer l’IA sans dévaloriser les créatifs, ce serait laquelle ?
Je dirais qu’il faut utiliser l’IA pour automatiser les tâches répétitives, mais toujours laisser aux équipes la réflexion stratégique, la créativité et la validation finale des contenus.
Quel est le risque principal que tu vois pour ton métier ?
Le principal risque est que certaines entreprises considèrent l’IA comme un moyen de remplacer totalement les métiers du contenu, alors qu’elle ne remplace ni la créativité, ni la compréhension d’une marque, ni la relation avec les audiences.
À l’inverse, quelle opportunité concrète l’IA t’a ouverte ?
L’IA me permet de consacrer davantage de temps à des missions à plus forte valeur ajoutée, comme l’analyse des campagnes d’influence, la recherche de nouveaux créateurs, la réflexion stratégique ou encore la personnalisation des contenus.
Comment imagines-tu ton métier dans 3 à 5 ans avec l’IA en place ?
Je pense que le métier sera encore plus stratégique. Les professionnels du content devront surtout savoir utiliser l’IA intelligemment, vérifier les informations qu’elle produit, personnaliser les contenus et construire des stratégies éditoriales adaptées aux différentes plateformes. Les compétences humaines, comme la créativité, l’esprit critique et la capacité à comprendre une audience, deviendront encore plus importantes.
Question de clôture
Y a-t-il un sujet lié à l’IA et au content qu’on n’a pas abordé et qui te semble important pour ma thèse ?
Oui. Je pense qu’on parle beaucoup du gain de temps apporté par l’IA, mais pas assez de l’importance du regard humain. Pour moi, la vraie valeur d’un professionnel du content ne réside pas seulement dans sa capacité à produire rapidement, mais dans sa capacité à comprendre une marque, raconter une histoire, créer une émotion et construire une relation avec son audience. L’IA est un excellent outil d’assistance, mais elle ne remplace pas cette dimension humaine. C’est probablement ce qui fera la différence entre les créateurs de contenu dans les années à venir.