La prescription littéraire en réseaux : enquête dans l’univers numérique est un ouvrage écrit par Louis Wiart en 2017 aux éditions numériques Presses de l’Enssib.
C’est une thèse qu’a soutenue l’auteur en 2015 que j’ai découverte en travaillant pour ma propre thèse. Le thème principal selon le site de l’Enssib est d’ “appréhender la prescription littéraire dans le contexte historique, technique, social et économique qui marque son inscription dans l’industrie du livre à l’heure du web social.”

Louis Wiart
Chercheur et professeur
RÉSUMÉ DÉTAILLÉ
Dès le début de son ouvrage, l’auteur rappelle une vérité essentielle : le livre n’est pas qu’un objet personnel. C’est une expérience sociale. En effet, nous lisons souvent à plusieurs. Nous débattons dans des clubs, des cafés ou des salons. Traditionnellement, nous écoutons les experts et lisons les critiques dans la presse.
Avec Internet, des espaces virtuels dédiés à la lecture ont logiquement émergé. Ces communautés sont devenues de nouveaux espaces publics d’échanges culturels. Ces outils permettent d’abord de gérer sa bibliothèque virtuelle et de lister ses envies. Ensuite, ils favorisent le partage grâce aux notes et aux commentaires. Enfin, ils agissent comme des prescripteurs. Par leurs jugements individuels, les usagers débroussaillent l’immense offre de livres disponibles.
Aujourd’hui, les canaux traditionnels comme la presse ou les prix littéraires rivalisent avec ces nouveaux acteurs numériques. Louis Wiart étudie l’impact de ce phénomène sur l’économie du livre.
Chapitre 1 : L’écosystème des réseaux socionumériques de lecteurs
D’abord Louis Wiart commence par nous dresser une carte des différents réseaux.
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Les sites de lecture web : Ils permettent de lire, d’annoter et de partager directement des textes numériques.
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Les réseaux socionumériques : Ils regroupent un public dédié à l’objet livre physique (ex: Babelio, Goodreads ou Livraddict).
Ces plateformes mélangent bases de données, gestion de bibliothèque personnelle et fonctionnalités sociales. Elles sont uniques car elles marient la sphère privée (son profil) et la sphère publique (la communauté).
Selon l’étude, les réseaux respectent ces critères structurels de façon plus ou moins sophistiquée pour les consommateurs :
- se construire un profil public ou semi‐public au sein d’une communauté de lecteurs ;
- cataloguer leurs lectures, notamment à travers la constitution d’une bibliothèque virtuelle personnelle ;
- naviguer à l’intérieur d’une base de données bibliographiques, le plus souvent à partir de systèmes de contacts (amis, éclaireurs, followers, abonnés, etc.) ;
- donner leur avis sur des livres à l’aide de dispositifs de critiques, de notes et de recommandations ;
- échanger et interagir avec d’autres internautes, que ce soit via des forums, des groupes de discussion ou des messageries ;
- se livrer à des activités de récréation (jeux, quizz, tests, défis littéraires, concours) ;
- contribuer à l’enrichissement des fiches bibliographiques ;
- se procurer des livres directement (concours, e‐books, service presse, prêts entre internautes, etc.) ou indirectement (liens renvoyant vers des librairies en ligne).
Ce chapitre présente donc le livre comme un objet de partage et social.
Chapitre 2 : La redéfinition du concept de prescription
Cette deuxième partie est le cœur de son analyse.
Il commence par définir la prescription et le besoin des prescripteurs dans la consommation littéraire. La prescription permet de pallier à l’incertitude des consommateurs et d’orienter les lecteurs.
La prescription « Micro » : l’avis des pairs
La prescription numérique se distingue des modèles classiques. Elle est interpersonnelle et intégrée au quotidien. Ici, la confiance se déplace des experts (critiques, libraires) vers les « pairs » (autres lecteurs). Louis Wiart nomme ces usagers des « Tiers prescripteurs ». Leur légitimité repose sur l’émotion et l’expérience vécue. C’est une relation horizontale basée sur la ressemblance des goûts.
La prescription « Macro » : un nouveau marché
Le deuxième raisonnement est crucial : la prescription remplace parfois le bien prescrit. Les réseaux sociaux ne vendent pas des livres, mais de la recommandation. Cela crée un véritable marché de la prescription. Cette influence devient monétisable. Les maisons d’édition utilisent désormais ces réseaux comme un levier marketing industriel pour capter l’attention des lecteurs.
L’hybridation numérique
Enfin, l’auteur souligne deux spécificités techniques du numérique :
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L’hybridation : La cohabitation entre la prescription humaine (critiques qualitatives) et la prescription technique (algorithmes, classements).
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La force des traces : Chaque clic ou ajout à une liste laisse une trace. Ces données sont agrégées pour créer une recommandation automatisée. Ainsi, le lecteur participe à sa propre prescription, souvent de manière inconsciente.
Conclusion de l’étude
Pour Louis Wiart, le numérique ne supprime pas la prescription, il la transforme. L’autorité n’est plus verticale mais partagée entre l’humain et l’algorithme.
MON AVIS
J’ai trouvé ce livre / thèse très utile pour ma thèse et j’ai appris beacoup de choses sur le marketing digital et l’édition. Louis Wiart est une référence sur le sujet et donc je me devais de lire sa thèse. J’ai trouvé que le livre de Séléna Bernard sur le même sujet était complémentaire et peut-être encore plus précis et complet sur les nouvelles tendances du secteur.


