Entretien avec Mylène Wittmer, chargée de communication au Musée National de l’Automobile – Collection SCHLUMPF

Par Antonin SCHIRCK, le 04/06/2026

À l’heure où les visiteurs préparent de plus en plus leurs sorties en ligne, les institutions culturelles doivent adapter leur communication pour rester visibles et attractives. Afin de mieux comprendre ces évolutions, nous avons rencontré Mylène Wittmer, chargée de communication au Musée National de l’Automobile – Collection Schlumpf à Mulhouse.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours et votre rôle au sein du musée ?

Je travaille au Musée National de l’Automobile au sein du service communication. Mes missions sont variées : gestion des réseaux sociaux, création de contenus, relations avec les médias, suivi des campagnes de communication et accompagnement des événements organisés par le musée. Mon rôle consiste à valoriser l’offre culturelle du musée tout en développant sa visibilité auprès de différents publics.

Selon vous, comment le digital a-t-il transformé la communication des musées ces dernières années ?

Le digital a profondément changé notre manière de communiquer. Aujourd’hui, la majorité des visiteurs effectuent des recherches en ligne avant de choisir une activité culturelle. Les réseaux sociaux, les moteurs de recherche ou encore les plateformes d’avis sont devenus des points de contact incontournables. La communication n’est plus descendante : elle est désormais interactive et continue.

Quels sont aujourd’hui les canaux digitaux les plus importants pour une institution culturelle ?

Les réseaux sociaux occupent une place centrale, notamment Facebook, Instagram et de plus en plus TikTok pour toucher les jeunes générations. Le site internet reste également essentiel puisqu’il constitue souvent la première porte d’entrée vers l’établissement. Enfin, l’e-mailing et les newsletters permettent de fidéliser les visiteurs et de maintenir un lien régulier avec eux.

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Les réseaux sociaux ont-ils changé la relation entre le musée et ses visiteurs ?

Comment attirer un public plus jeune grâce au digital ?

Oui, complètement. Les visiteurs ne sont plus simplement des spectateurs, ils deviennent aussi des ambassadeurs. Lorsqu’ils partagent des photos ou des vidéos de leur visite, ils participent à la promotion du musée. Les réseaux sociaux permettent également de dialoguer directement avec le public, de répondre aux questions et de recueillir des retours en temps réel.

Il faut avant tout adopter les codes des plateformes qu’ils utilisent quotidiennement. Les contenus courts, visuels et immersifs fonctionnent particulièrement bien. La vidéo est devenue un format incontournable. L’objectif n’est pas seulement de promouvoir le musée mais de raconter des histoires, de faire découvrir les coulisses ou encore de mettre en avant des anecdotes qui suscitent la curiosité.

Quelle place occupe la vidéo dans votre stratégie de communication ?

La vidéo est aujourd’hui l’un des formats les plus performants. Elle permet de transmettre des émotions et de valoriser le patrimoine de manière dynamique. Les formats courts adaptés aux réseaux sociaux génèrent souvent davantage d’engagement que les publications classiques. Ils permettent aussi de toucher des personnes qui ne connaissent pas encore le musée.

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Le digital remplace-t-il les supports de communication traditionnels ?

    Non, il les complète. Les affiches, les relations presse ou les partenariats locaux restent importants. L’enjeu est plutôt de créer une communication cohérente entre les supports physiques et digitaux afin d’accompagner le visiteur tout au long de son parcours.

    L’intelligence artificielle représente-t-elle une opportunité pour les institutions culturelles ?

      Oui, à condition de l’utiliser intelligemment. L’IA peut aider à analyser les données, à optimiser certaines tâches ou à personnaliser davantage la communication. En revanche, la créativité, la sensibilité culturelle et la relation humaine restent des éléments essentiels qui ne peuvent pas être remplacés.

      Quels sont les principaux défis de la communication culturelle aujourd’hui ?

        Quel conseil donneriez-vous aux étudiants qui souhaitent évoluer dans les métiers de la communication digitale ?

          L’un des principaux défis consiste à capter l’attention dans un environnement saturé d’informations. Les institutions culturelles sont en concurrence avec de nombreuses formes de divertissement. Il est donc nécessaire de proposer des contenus pertinents, authentiques et adaptés aux attentes des différents publics.

          Je leur conseillerais de rester curieux et de développer une véritable culture digitale. Les outils évoluent rapidement mais les fondamentaux restent les mêmes : comprendre son audience, raconter une histoire et créer du lien. Il est également important de multiplier les expériences de terrain afin de confronter la théorie à la réalité professionnelle.

          Les 3 enseignements à retenir

          • Le digital est devenu indispensable pour la visibilité des institutions culturelles.
          • La vidéo et les réseaux sociaux permettent de toucher de nouveaux publics et notamment les jeunes générations.
          • L’intelligence artificielle constitue un outil d’accompagnement, mais la créativité et l’humain restent au cœur des métiers de la communication.

          À travers cet entretien, Mylène Wittmer rappelle que la transformation digitale ne consiste pas à remplacer les pratiques existantes, mais à enrichir l’expérience proposée aux visiteurs. Pour les institutions culturelles, le défi est désormais de conjuguer patrimoine, innovation et proximité avec leurs publics.