
« Le vrai luxe en 2025 ? Un produit digital qui ne fatigue ni l’utilisateur… ni la planète » Entretien avec Iman Boulat Head of product chez Jow
Contexte
Dans un monde saturé de notifications, d’interfaces complexes et de promesses d’IA toutes plus spectaculaires les unes que les autres, Jow continue de faire figure d’exception. Cette startup française — qui aide les familles à planifier leurs repas et faire leurs courses en quelques clics — parvient à conjuguer efficacité technologique, intelligence produit et simplicité d’usage.
Pour comprendre comment cette alchimie fonctionne, j’ai échangé avec Iman Boulat, Head of Product chez Jow, dont le parcours mêle design thinking, stratégie produit et une vision très humaine du digital.
L’interview
Q : Bonjour Iman. Chez Jow, vous pilotez le produit. Concrètement, ça veut dire quoi au quotidien ?
Iman Boulat : Mon rôle, c’est de faire en sorte que notre application reste ultra fluide, utile et fidèle à nos valeurs. Je travaille au carrefour du design, de la data et du business. L’idée, c’est de créer des fonctionnalités qui résolvent de vrais irritants, sans jamais surcharger l’utilisateur. On fait de la tech, oui — mais toujours au service d’un usage concret, pas pour cocher une case “innovation”.
Q : Justement, on parle beaucoup d’IA dans les apps alimentaires. Quelle est votre approche chez Jow ?
On l’utilise tous les jours, mais on est très vigilants. Notre IA génère des menus personnalisés, optimise les listes de courses, apprend les habitudes de chaque foyer. Mais on refuse le côté “magie noire” : on privilégie la transparence. L’utilisateur voit pourquoi telle recette est suggérée, ou pourquoi on remplace un ingrédient. L’IA est là pour aider, pas pour imposer.
Q : Un exemple concret d’arbitrage tech vs expérience utilisateur ?
Oui : on nous a proposé d’ajouter une fonction de scan de frigo par caméra, très tendance avec l’IA visuelle. Techniquement, on pouvait. Mais on a abandonné. Trop de friction à l’usage, pas assez de valeur ajoutée. À la place, on a lancé la saisie libre “Ce qu’il me reste”, plus rapide, plus simple, moins énergivore. Résultat ? Adoption x3, feedbacks hyper positifs.
Q : Le numérique responsable, c’est un vrai sujet produit chez vous ?
Totalement. On a mis en place un score carbone des fonctionnalités. Chaque nouvelle feature est évaluée non seulement en termes de valeur utilisateur, mais aussi en termes de coût environnemental (serveur, stockage, données). On applique le principe : ce qui ne sert pas, pollue. Le minimalisme, ce n’est pas une contrainte, c’est un choix stratégique.
Q : Et humainement, comment gardez-vous vos équipes centrées sur l’impact ?
On fait beaucoup de shadowing utilisateur : aller voir les gens cuisiner, comprendre leurs galères, leurs routines. Et on documente chaque itération produit avec une phrase simple : “Cette fonctionnalité rend la vie plus facile pour…”. Si on ne peut pas finir la phrase, on abandonne.
Q : Un dernier conseil à celles et ceux qui veulent se lancer dans les métiers du produit ?
N’oubliez jamais que la technique est un moyen, pas une finalité. Les meilleurs PM que je connais sont ceux qui savent écouter, reformuler un besoin, et oser dire non. Le plus grand luxe d’un produit digital, aujourd’hui, c’est la clarté. Et ça, ça demande du courage.
💡 Ce que je retiens de cet échange : Entretien avec Iman Boulat Head of product chez Jow
Avec lucidité,
Cette entretien avec Iman Boulat nous rappelle que l’innovation n’est pas dans les effets spectaculaires, mais dans l’attention aux détails. Chez Jow, le succès ne repose pas uniquement sur l’IA ou la scalabilité, mais sur un mantra simple : simplifier le quotidien sans sacrifier les valeurs.
Dans un monde digital de plus en plus bruyant, ce type de vision produit — exigeante, responsable et résolument centrée sur l’humain — est inspirante pour toute une génération de futurs acteurs du numérique.
