La gen Z : un tourisme 2.0

Luxe et métavers : quand les opposés s’unissent

Au cours des derniers mois, le métavers est au centre de l’attention de l’industrie du luxe, aux côtés de ses acolytes les NFT, la blockchain et les cryptomonnaies. Le métavers désigne un monde virtuel en 3D axé sur la connexion sociale, les échanges commerciaux et différentes activités dans lequelles les utilisateurs peuvent s’immerger tout en restant chez eux.

Considéré comme étant le monde de demain et propulsé vers le devant de la scène lors de la pandémie de Covid-19, l’attractivité de ce temple numérique n’a pas échappé aux radars des grandes Maisons de Luxe telles que Louis Vuitton, Gucci ou encore Balenciaga.

Avec la montée en puissance du monde numérique, il n’est pas incohérent d’imaginer que dans un futur proche, une partie de la population entretiendra une majeure partie de sa vie sociale dans le métavers. Cette nouveauté ouvre un large champ des possibles aux marques de luxe prêtes à explorer cet univers parallèle.

A l’instar de la Maison de luxe italienne Gucci qui a récemment inauguré sa ville virtuelle « Gucci Town » au sein du jeu Roblox. Décrite par la Maison comme étant « une destination numérique (…) dédiée aux personnes à la recherche de l’inattendu » et qui permet « d’en savoir plus sur la Maison et son héritage ainsi que sur la vision créative d’Alessandro Michele ». Gucci pousse également l’aspect social de cette interface virtuelle en précisant que celle-ci permet « d’exprimer votre individualité et d’échanger avec des personnes du monde entier qui partagent vos opinions. » 

Vous pourrez y retrouver un beau jardin central baptisé le « Gucci Garden », entouré de plusieurs espaces imaginés par la marque tels que le Vault Plaza, espace d’exposition, le Gucci Café ou encore une boutique virtuelle permettant aux utilisateurs de la plateforme d’habiller leurs avatars en total look Gucci.  

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https://www.gucci.com/fr/fr/st/stories/inspirations-and-codes/article/gucci-town-on-roblox

Face à une génération pour laquelle le monde numérique occupe un rôle sans cesse grandissant au niveau de leur choix de vie et de leur consommation, ce nouvel outil s’avère être une porte d’accès exceptionnelle pour qui sait naviguer dans ce monde de l’influence.

La nouvelle ère des influenceurs virtuels

« Elles » sont influenceuses et/ou mannequins, s’appellent Lil Miquela (2,9M), Shudu Gram (238K) ou encore Imma Gram (406K) et comptabilisent à elles trois des millions de followers sur Instagram.

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De gauche à droite : Imma Gram, Shudu Gram et Lil Miquela

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Miquela Sousa, plus connue sous le nom de Lil Miquela est une jeune femme de 19 ans, mi-brésilienne, mi-espagnole vivant à Los Angeles. La It Girl et fervente supportrice du mouvement #BlackLivesMatters n’hésite pas à s’exprimer et mettre en avant les causes qui lui tiennent particulièrement à cœur sur ses réseaux sociaux. Entre prise de parole, voyages, musique et sorties entre amis, Lil Miquela partage tout avec ses 2,9 millions de followers, pour leur plus grand plaisir.

Shudu Gram, mannequin virtuel, travaille quant à elle avec les plus prestigieuses marques de luxe telles que Christian Louboutin, Valentino ou Louis Vuitton. De Harper’s Bazaar à Vogue, Shudu a posé pour les plus grands magazines de mode et a également été l’égérie de la marque de cosmétique Fenty Beauty, appartenant à la célèbre chanteuse Rihanna.

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Shudu Gram habillée par Louis Vuitton prend la pose pour la collaboration éditoriale entre Harper’s Bazaar Espagne x Elle Espagne

Cependant, ces jeunes femmes au succès fulgurant sont bel et bien des robots créés de toutes pièces par des passionnés du milieu de la Tech grâce à des logiciels d’imagerie 3D et à l’intelligence artificielle. En effet, derrière ces avatars se cachent en réalité des jeunes start-up ainsi que des professionnels du luxe et du marketing.

Alors qu’en est-il de ce type d’influenceuses/eurs d’un nouveau genre ?

Si l’on peut être fasciné par cette nouvelle tendance émergente et par les possibilités quasi-infinies qu’elle nous promet, quelles en sont les dangers et les dérives possibles ?

Plusieurs facteurs liés à l’influence virtuelle sont effectivement vivement critiqués par le public. Par exemple, la transparence et l’authenticité que l’on ne retrouve pas suffisamment chez ces nouveaux influenceurs mais qui sont pourtant des points clés du marketing d’influence. En effet, les marques peuvent contrôler le discours, l’image et la personnalité de ces avatars ce qui peut causer des problèmes d’éthique.

D’autres questions sur le faible encadrement juridique du milieu de l’influence virtuelle ou l’illégitimité de ces robots à influencer et à promouvoir des produits à l’intention des utilisateurs se posent également.

Alors, pour ou contre ces influenceurs d’un nouveau genre ?