Digital et voyage : peut-on vraiment découvrir le monde derrière un écran ?
Je suis tombée sur un article publié sur le blog du MBA DMB consacré à la transformation digitale du tourisme. L’article expliquait comment les outils numériques ont profondément modifié notre manière de préparer, vivre et partager nos voyages.
Je partage largement ce constat : aujourd’hui, impossible d’imaginer partir sans Google Maps, sans applications de réservation ou sans réseaux sociaux. Le digital est devenu un compagnon de voyage presque incontournable.
Pourtant, en tant que passionnée de voyage, une autre réflexion me vient souvent à l’esprit : à force de regarder le monde à travers nos écrans, ne risque-t-on pas parfois d’oublier de le vivre réellement ?
Le digital nous fait voyager avant même le départ
Le digital et le voyage sont désormais intimement liés.
Avant même de réserver un billet d’avion, nous avons déjà parcouru la destination sur Instagram, TikTok ou YouTube. Nous connaissons les meilleurs restaurants grâce à Google Maps. Nous enregistrons des dizaines de vidéos et construisons des tableaux Pinterest remplis d’idées.
Je fais moi-même partie de ces voyageurs qui préparent leurs aventures de cette manière. J’ai l’occasion de partir régulièrement à l’étranger pour voyager. Mes voyages dans les pays nordiques ont d’ailleurs commencé plusieurs mois avant le départ, simplement en regardant des contenus publiés par d’autres voyageurs (en Norvège, au Danemark et au Groenland).
Dans ce sens, le digital est une formidable source d’inspiration. Il permet de découvrir des lieux méconnus, de rassurer avant un départ et de rendre le voyage plus accessible.
Je rejoins donc totalement l’article initial sur ce point : les outils numériques ont enrichi l’expérience touristique.
Regarder un voyage n’est pas voyager
Cependant, plus je voyage, plus je réalise qu’aucun écran ne peut remplacer l’expérience réelle.
Une vidéo ne retranscrit pas les odeurs d’un marché local. Une photo ne reproduit pas le froid ressenti au Groenland. Et aucun contenu Instagram ne pourra raconter les rencontres inattendues qui font souvent les plus beaux souvenirs.
C’est d’ailleurs ce que j’aime le plus lorsque je voyage : les imprévus.
Les réseaux sociaux montrent souvent des destinations parfaites, des couchers de soleil magnifiques et des itinéraires optimisés. La réalité est parfois différente. On se perd, il pleut, on change ses plans, on découvre un endroit par hasard. Finalement, ce sont souvent ces moments-là que l’on retient le plus.
Le réel est imparfait, parfois inconfortable, mais c’est précisément ce qui le rend précieux.
Le risque du « tourisme de canapé »
Le développement du digital et du voyage a également fait émerger un phénomène plus discret : celui du « tourisme de canapé ».
Nous accumulons les vidéos, les recommandations et les « bucket lists ». Nous passons des heures à regarder les aventures des autres. Parfois, nous avons même l’impression d’avoir déjà visité un endroit avant d’y mettre les pieds.
Je me suis déjà surprise à reconnaître certains paysages uniquement parce que je les avais vus des dizaines de fois sur les réseaux sociaux.
Cette consommation permanente d’images peut aussi créer une forme de standardisation. Nous recherchons les mêmes spots photo, les mêmes cafés et les mêmes expériences que celles vues en ligne.
Le voyage risque alors de devenir un contenu à reproduire plutôt qu’une aventure personnelle à vivre.
Le digital doit rester une porte d’entrée
Pour autant, je ne pense pas que le digital soit le problème.
Au contraire, il facilite énormément nos déplacements. Il nous permet de communiquer, de nous orienter, de trouver un logement ou encore de découvrir des lieux que nous n’aurions jamais connus autrement.
Le problème apparaît lorsque l’outil finit par remplacer l’expérience qu’il était censé enrichir.
Cette réflexion me rappelle d’ailleurs celle que je mène actuellement dans ma thèse sur le trail. Dans les deux cas, le paradoxe est similaire : nous recherchons la déconnexion, la liberté et l’authenticité, mais nous restons constamment reliés à nos outils numériques.
Le digital est une aide précieuse. Il devient problématique uniquement lorsqu’il prend plus de place que l’expérience elle-même.
Voyager, c’est avant tout ressentir
Je partage donc le constat développé dans l’article initial : le numérique a profondément transformé le tourisme et apporte énormément de valeur.
Cependant, je crois qu’il faut rester vigilant.
Parce qu’au fond, on ne voyage pas uniquement pour voir un paysage.
On voyage pour ressentir une ambiance, rencontrer des personnes, sortir de sa routine et vivre quelque chose que l’on ne pourra jamais totalement capturer derrière un écran.
Le digital peut nous inspirer.
Mais il ne remplacera jamais l’émotion d’un premier pas dans un pays inconnu.
Cet article a été rédigé avec l’aide d’un outil d’intelligence artificielle.
Margot Michel