En partance pour Nantes le week-end dernier, je suis passée comme d’habitude acheter mon magazine à la gare – cela fait partie de mes petits rituels de voyage. Mon œil est attiré par le Hors-Série du Harvard Business Review “le Must du Digital”. Un peu normal quand on prépare un MBA en marketing digital, non?

Le titre est alléchant “10 analyses essentielles pour anticiper et intégrer les mutations numériques”. C’est parfait pour occuper mes deux heures de voyage.

Je me laisse aussi tenter par un livre, trônant parmi les best-sellers du moment “L’essentiel et rien d’autre, ou comment le minimalisme peut vous rendre heureux” de Fumio Sasaki.

Je vous l’avoue, le “minimalisme” est un sujet qui m’intéresse depuis longtemps, car je crois beaucoup aux vertus du « decluttering », du « dan-sha-ri » cet art de se débarrasser des choses matérielles inutiles ou inutilisées. Je n’ai pas encore complétement franchi le pas et je me dis que les conseils avisés d’un expert japonais ne pourraient que m’aider dans ma quête.

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C’est donc armée de ces deux outils de lecture massive que je prépare mon week-end.

J+2

Je viens de terminer la lecture du premier ouvrage (le minimalisme) … quel voyage, quelle inspiration et surtout quelle envie de passer à l’action… là tout de suite.

Car je ne peux m’empêcher de faire le lien entre la surconsommation dans le monde physique et la sollicitation numérique venant de toutes parts.

En lisant le livre sur le minimalisme, je me suis fait la réflexion que le digital pouvait être à la fois une opportunité pour se diriger vers une vie moins matérielle, et un danger pour celui qui ne se protège pas.

le digital …. un pas vers le minimalisme

Force est de reconnaître que le digital m’aide depuis quelques années déjà à gérer mon quotidien et limiter la présence de choses physiques pour gérer mes tâches quotidiennes :

  • exit le Filofax et vive l’agenda électronique,
  • je n’imprime plus mes billets de train ni d’avion depuis bien des années,
  • les romans s’accumulent non plus sur leur étagère mais dans mon kindle
  • Marmiton a depuis longtemps remplacé mes livres de cuisine,
  • tous mes CDS sont maintenant stockés sur mon MAC et les DVDs/CDs gracieusement donnés ici et là.
  • Evernote est devenu mon nouveau Moleskine.
  • Je limite au maximum l’usage de mon imprimante.
  • Enfin, je privilégie les abonnements digitaux des magazines et journaux dès que je le peux.
  • je suis à l’affût des applis qui me rendront la vie plus facile.

La dématérialisation de mon quotidien est en marche et je suis toujours preneuse de nouvelles astuces.

Je pourrais certes aller encore plus loin et scanner toutes mes photos, lettres, cartes et autres souvenirs de rencontres et de voyages, mais j’avoue sentir les limites de ce dénuement matériel. Pas complètement minimaliste … ou du moins pas encore.

Qu’à cela ne tienne, ces deux lectures m’ont donné plein d’autres idées dans ma quête de « désencombrement ».

Lutte contre la frénésie digitale 

Il est vrai que, MBA oblige, je suis partie tête baissée dans mes lectures sur le digital, me suis inscrite à de nombreux MOOCs/séminaires/conférences, j’ai testé maintes applis et logiciels, et tenté tant bien que mal de rester à l’affût des tendances numériques.

Cette boulimie, moins visible, car contenue dans mes accessoires de travail (iphone, ipad, notebook) n’en reste pas moins très chronophage… voire envahissante.

Où est la limite ? qu’est-il important de garder, scanner, mémoriser, organiser ? Car l’information répond aux mêmes codes que les choses de la vie. Pour les retrouver, il faut les ranger. Pour se les approprier, il faut les utiliser, sinon, l’information devient aussi inutile qu’une chemise jamais portée.

Et c’est là que la philosophie minimaliste peut devenir très utile pour gérer son environnement digital. Regarder la réalité en face, ne pas hésiter à trier, jeter ce qui ne sert à rien. Etre honnête avec soi-même et se demander si cela vaut la peine de garder :

  • des articles sagement stockés dans Pocket et jamais relus.
  • des relations LinkedIn/Facebook avec qui les contacts sont rares, voire inexistants.
  • des apps testées une fois puis oubliées.

Sans compter la multiplication des devices. L’hyper-connection via son smartphone, sa tablette, son notebook et sa TV chamboule l’espace personnel, s’invite dans l’intimité du quotidien et nous sollicite 7 jours sur 7.

L’hyperconnection amène aussi l’accélération de la communication. Les réseaux sociaux, en particulier, sont des outils de communication instantanés, qui misent sur la rapidité et la spontanéité, laissant finalement peu de places à la réflexion ou à la qualité du contenu.

L’émergence de nouvelles formes d’économie

Le récent salon Vivatech 2018, vitrine française de la French Tech et des innovations internationales, a mis un très fort accent sur les solutions centrées sur l’humain et son environnement, que ce soit pour la mobilité, la sécurité, les RH, l’environnement, l’économie responsable et solidaire. Il semblerait que le tout technologique et la course à la performance ne soient plus suffisants pour porter un projet, il doit aussi répondre à des valeurs plus humanistes, à une vraie utilité pour les hommes en général.

Hasard du calendrier, j’ai aussi eu l’occasion d’assister il y a quelques jours à une présentation d’une start-up basée dans la Station F, MySezame une « startup qui  propose des formations pour décideurs sur l’innovation sociale et sur une nouvelle ESS (Économie Sociale et Solidaire) – à la croisée du business et de l’impact. Leur ambition est de contribuer à transformer la société et d’accompagner les leaders d’entreprises à être plus engagés et connectés à l’économie de demain, durable et inclusive. »

J’ai trouvé leur discours novateur et rafraichissant et tout à fait en phase avec ma réflexion actuelle. Que du bonheur !

Je profite de cette année de transition pour continuer ma quête, donner du sens à mon travail et mes futurs projets. Le minimalisme, c’est aussi cela … prendre le temps de réfléchir, se focaliser sur l’essentiel.