Et si le design thinking était la solution à tous tes problèmes ?

Tu revis depuis que ta voiture peut se garer toute seule ? Tu es fan de toutes les solutions qui te facilitent la vie ? Il y a peut-être derrière ça une sensibilité de designer 🙂

Trouver des solutions aux problèmes est notre quotidien. Pour survivre sur une planète hostile, l’être humain a eu besoin de s’outiller. C’est grâce à son intuition qu’il est capable de bâtir des idées innovantes. Le développement d’outils et de méthodes lui ont permis de résoudre de nombreux problèmes auxquels il a pu faire face dans son histoire. Cette capacité est à la base d’une discipline, le design.

Le design, plus que de l’esthétique

Le mot design est un anglicisme que l’on peut traduire en français par « concept » ou dans sa forme verbale to design par « concevoir ». Dans notre langage courant, nous avons pris l’habitude d’utiliser le mot design comme un adjectif, le cantonnant ainsi à un rôle purement esthétique. C’est un tort, car le design englobe une démarche bien plus large

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Le rôle du design est d’identifier un problème, de réfléchir à sa solution, de la créer, la tester puis de l’améliorer. Dans chaque étape du travail d’un designer entre en compte une multitude de paramètres qui ne sont donc pas uniquement esthétiques.

Le designer se caractérise par sa manière de penser divergente, la pensée « out of the box », qui lui permet d’examiner le problème avec un regard neuf et non conventionnel. Il se met à la place de l’utilisateur pour mieux comprendre son besoin et développer des solutions adaptées.

C’est cette manière de penser du designer qui est à la base de la naissance du design thinking (pensée design).

Le design thinking, un concept déjà éprouvé

En 1969, Herbert Simon a été le premier à considérer le design comme une nouvelle manière de penser. Quatre ans plus tard, Robert Mckin enseigne à Stanford un cours autour des méthodes de conceptions centrées sur l’humain, mais c’est en 1987 que Peter Rowe fait du design thinking une discipline à part entière. Son ouvrage sur le design thinking est une référence en la matière.

Dans les années 2000, l’agence de design IDEO popularise la méthode du design thinking. Fondée en 1991 par David Kelley et Tim Brown à Palo Alto, IDEO libère le design thinking de la théorie pour l’appliquer au développement des nouveaux produits et services.

En 2005, Hasso Plattner, co-fondateur, de SAP crée à l’université de Stanford l’Hasso Plattner Institute of Design, connu sous le nom de D.school pour encourager la recherche ergonomique et l’innovation.

De la pratique et du choix !

La méthode du design thinking, peut être déclinée en 3, 5 ou 7 étapes.

Dans un article paru dans le Harvard Business Review, le PDG d’IDEO, Tim Brown, décompose la méthode du design thinking en 3 grandes phases : l’inspiration, l’idéation et « l’implémentation ». La D.school a théorisé de manière plus séquencée autour de 5 étapes. Quant à Rolf Faste, directeur de la section Design de Stanford, il formalise la démarche en 7 étapes.

Que l’on décide d’appliquer la méthodologie en 3, 5 ou 7 étapes, le principe reste le même, c’est-à-dire celui d’un processus d’itération nous permettant d’aboutir à des solutions innovantes en alternant des phases d’ouverture et de fermeture.

J’ai fait le choix ici de couper la poire en deux et de présenter les 5 phases de la D.school.

1ère phase : l’empathie

C’est une phase d’ouverture primordiale qui doit permettre d’avoir une vision d’ensemble sur le sujet de ton étude (un nouveau service, un secteur…). Il faut s’ouvrir au monde et aux autres.

Il est utile de commencer par faire des recherches sur le sujet, pour mieux comprendre la sphère de l’usager. Puis on procède à l’observation, par exemple on peut demander d’expliquer la tâche qu’il effectue, le but étant à ce stade d’être à l’écoute pour mieux comprendre et surtout ne pas interférer.

Faire des entretiens se révèle être une source importante d’informations pour l’analyse des usages.

On peut restituer cette phase sous la forme de scénarios d’usage, c’est-à-dire des histoires courtes qui mettent en scène des situations d’utilisation.

2ème phase : la définition

Les problèmes exprimés lors de la phase précédente doivent désormais être formulés dans une problématique. Il est conseillé de classer les informations pour mieux appréhender toutes les questions qui en découleront.

Le but de cette phase est d’en sortir une problématique claire : si tu arrives à l’expliquer à un enfant de 10 ans, tu as tout bon !

3ème phase : l’idéation

Une fois la problématique établie, il faut s’ouvrir à nouveau afin de trouver des idées pour y répondre !

Le brainstorming avec une équipe composée de personnes d’horizons différents (ingénierie, marketing, stagiaire, etc) est la meilleure méthode pour générer des idées. Si ton équipe ne comporte, par exemple, que des profils techniques, la solution qu’ils choisiront risque de ne parler qu’à eux…

Le but n’est pas de se mettre tous d’accord sur une solution tout de suite (ce qui est statistiquement peu probable !), mais d’en fournir le maximum pour ensuite en garder les meilleures.

Pendant la phase d’idéation, il ne faut pas hésiter à sortir du cadre conventionnel pour voir les choses depuis un point de vue différent. Rien de mieux pour innover ! Parfois, des idées farfelues apportent des nouvelles perspectives d’usages.

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Avec ton équipe, vous avez réussi à trouver une centaine d’idées, mais vous ne savez pas comment choisir ? Rien de plus simple : à vos gommettes, votez ! Il n’y a pas de méthode plus démocratique ! Vous pouvez dans un premier temps choisir trois idées, puis essayer de les définir à l’aide d’un schéma et d’une phrase, lister les besoins, les freins… puis procéder à un nouveau vote pour trouver la meilleure idée.

4ème phase : le prototypage

En fonction du projet, le premier prototype peut prendre plusieurs formes (dessin, maquette, plan, schéma) mais ce qui est commun à tous, c’est la simplicité. Vouloir faire quelque chose de finalisé est une perte de temps et une erreur à ce stade. C’est grâce aux tests utilisateurs que l’on va pourvoir faire évoluer le prototype.

Pour faire un premier prototype, du papier ou des Legos peuvent être ludiques et faciles à exploiter.

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5ème phase : le test

Dans cette dernière phase, on doit s’ouvrir à nouveau et proposer notre concept à un groupe de testeurs. Leurs feedbacks sont précieux pour faire évoluer le concept et mieux répondre à leurs besoins, qui sont sensiblement les mêmes que ceux des futurs utilisateurs. Il ne faut pas interférer sur l’usage qu’ils vont faire de votre maquette pendant cette phase de test.

Les deux dernières étapes (prototypage et test) fonctionnent en binôme et de manière itérative. Les feedbacks issus de la phase de test permettent de faire évoluer le prototype et de l’améliorer. Cette nouvelle version du prototype sera ensuite testée à nouveau. Le principe est de « Fail often to succeed sooner”(« Echouez souvent pour réussir plus rapidement »)

Le design thinking est une méthode universelle, collaborative et itérative. Son but n’est pas de se concentrer sur l’objet, mais de prendre en compte les aspects socio-culturels permettant ainsi d’appréhender des problématiques plus larges. Le quoi (l’objet) laisse la place au pourquoi (l’utilité) et au comment (faisabilité).

Dans cette conférence TEDx, Tim Brown, explique comment la pensée design est le moyen de résoudre des problèmes bien plus universels :

Une démarche à la portée de tous

Des start-ups comme des grands groupes utilisent aujourd’hui le design thinking pour manager par l’innovation. En associant les collaborateurs, les clients et ou les utilisateurs, la démarche transforme le processus de conception et permet d’embarquer dans le projet tous les acteurs concernés, qui se sentiront de ce fait plus impliqués. Et ça, c’est toujours mieux non ?

Gardons à l’esprit que penser comme un designer est à la portée de tous, alors acceptons de sortir de notre zone de confort et de regarder plus loin pour mieux innover !