De star à levier marketing : comment les actrices participent à la promotion d’un film.

Étudiante en marketing digital et passionnée de cinéma, j’ai voulu croiser ces deux univers. Une question m’a guidée : aujourd’hui, qu’est-ce qui fait vraiment parler d’un film ? Pas seulement sa bande-annonce.
Moins de rôles, mais plus de visibilité
Selon le UCLA Hollywood Diversity Report 2026, 37 % des rôles principaux des 200 plus gros films anglophones de 2025 étaient tenus par des femmes. C’est 10,6 points de moins qu’en 2024 (47,6 %). La présence des femmes à l’écran ne progresse donc pas mécaniquement.
Pourtant, certaines actrices occupent une place centrale dans la communication autour des films. Leur image publique est devenue un véritable actif marketing, c’est-à-dire une ressource qui crée de la valeur pour un film. C’est ce paradoxe qui m’intéresse ici.
Une actrice, 5 leviers marketing
On parle de celebrity marketing lorsqu’une marque (ici, un film) s’appuie sur la notoriété d’une personnalité pour gagner en visibilité. Une actrice ne se contente plus de jouer : elle prolonge le film dans la culture pop grâce à cinq leviers.
- Le talent : son métier d’origine, incarner une histoire.
- Le média : elle possède sa propre audience et ses propres canaux de visibilité (comptes, communauté).
- La prise de parole : interviews, émissions, avant-premières, conférences de presse.
- L’image : mode, beauté, luxe, événements. Le method dressing (porter des tenues qui reprennent l’univers visuel d’un film ou d’un personnage) permet aussi de faire vivre l’univers du film en dehors de l’écran.
- Le contenu : chaque apparition peut devenir une photo, une vidéo, un post, un article ou un meme.
Le cas de L’Odyssée : la personnalité comme bande-annonce
L’Odyssée est un bon exemple. Zendaya (Athena), Anne Hathaway (Pénélope), Lupita Nyong’o (Hélène) et Charlize Theron (Calypso) ont, pendant la promotion, repris dans leurs apparitions publiques les codes visuels du film et de leur personnage.
Les chiffres montrent l’effet de cette stratégie. Le Whisper Challenge de Zendaya au Tonight Show, publié par le compte Instagram @fallontonight, a atteint 39,5 millions de vues (chiffres au 15/10/2026). Le trailer IMAX publié sur le compte Instagram du film (@theodysseymovie) en compte 6,5 millions. Soit un écart de x 6,1. Les deux chiffres viennent de la même plateforme, ce qui rend la comparaison plus pertinente.
Je reste prudente sur ce que ce chiffre démontre. Il s’agit de vues, un indicateur de visibilité, pas de conversion. Rien ne prouve que ces vues se traduisent en entrées en salle. Les deux contenus n’ont pas non plus la même nature (un extrait de talk-show et une bande-annonce officielle) ni la même audience de départ. Je ne dis pas que la personnalité « fait mieux » que le trailer : je dis qu’elle crée une autre porte d’entrée vers le film, qui touche des publics que la bande-annonce n’atteint pas forcément.
Alors, pourquoi ça fonctionne ? Parce que cette exposition produit trois effets :
- de la conversation : les internautes commentent le look, l’interview, le casting, ce qui prolonge la vie du film sur les réseaux ;
- des relais médiatiques : une même apparition est reprise par la presse cinéma, la presse mode, les médias people et les réseaux sociaux ;
- de la désirabilité : l’image de l’actrice rend l’univers du film culturellement attractif, y compris pour des publics qui ne seraient pas allés vers ce type de film.
Résultat : un film peut bénéficier d’une visibilité qui dépasse largement ses propres canaux de communication.
De l’actrice au film : un nouveau parcours possible
Pendant longtemps, le parcours était linéaire : bande-annonce → film → spectateur.
Aujourd’hui, il peut ressembler à ceci :
Actrice → look / interview / photo → réseaux sociaux et presse → communauté → curiosité → bande-annonce → film
C’est une hypothèse de parcours, pas une certitude : toute curiosité ne se transforme pas en ticket de cinéma. Pour la vérifier, il faudrait mesurer l’engagement (likes, commentaires, partages) et la conversion (le passage de la curiosité à l’achat d’un billet), des données auxquelles seuls les studios ont accès.
Ce que j’en retiens
Les actrices ne sont pas de simples « outils marketing ». Leur présence, leur style et leur parole multiplient les points de contact, c’est-à-dire les occasions pour le public de croiser le film sur son chemin, bien avant d’acheter un billet.
Le film ne se promeut plus seulement avec son trailer. Le cinéma ne vend plus seulement une histoire : il la prolonge partout où le public se trouve.
Sources : UCLA Hollywood Diversity Report 2026 ; Instagram @fallontonight (chiffres du 15/10/2026) ; Instagram @theodysseymovie.
Ce travail a été réalisé avec l’appui d’outils d’IA. Pour en savoir plus sur ma démarche et la manière dont je les ai utilisés, consultez ma note méthodologique.