Contagious : pourquoi partageons-nous à l’ère de l’IA ?

Produire un contenu est devenu plus accessible avec l’intelligence artificielle générative. Obtenir qu’une personne le partage reste une autre question. Pourquoi transmettons-nous une vidéo, une recommandation ou une histoire plutôt qu’une autre ? Contagious: Why Things Catch On, de Jonah Berger, propose une grille de lecture utile pour les professionnels du marketing digital. Cette fiche de lecture examine ses principaux apports et leurs limites face aux contenus générés par IA.

Un livre ouvert relie des personnes en conversation, illustration du partage des idées et de Contagious à l’ère de l’IA.
Illustration conceptuelle générée avec l’outil de création d’images d’OpenAI, octobre 2026.

Contagious : comprendre la transmission sociale

Publié chez Simon & Schuster en 2013, Contagious est signé par Jonah Berger, professeur de marketing à Wharton. L’ouvrage étudie les mécanismes qui favorisent la circulation des produits, des idées et des comportements. Son intérêt est de déplacer la réflexion : avant de chercher le meilleur canal de diffusion, il faut comprendre les motivations de la personne qui transmet le message.

Le livre s’adresse notamment aux communicants, entrepreneurs et créateurs de contenus. Son ancienneté impose toutefois de distinguer les mécanismes psychologiques présentés des usages propres aux plateformes actuelles. Ce n’est pas un manuel de l’IA générative : le rapprochement proposé ici constitue une mise en perspective.

Les six principes du modèle STEPPS

Berger rassemble sa réflexion dans le modèle STEPPS. Les six dimensions peuvent servir de questions au moment de concevoir un contenu :

  • Social Currency — la valeur sociale : le partage permet-il à son auteur de paraître informé, intéressant ou utile à son entourage ?
  • Triggers — les déclencheurs : quelle situation familière peut rappeler régulièrement le message ?
  • Emotion — l’émotion : le contenu suscite-t-il une réaction assez mobilisatrice pour être transmis ?
  • Public — la visibilité : le comportement est-il observable et susceptible d’être imité ?
  • Practical Value — l’utilité : l’information aide-t-elle concrètement quelqu’un ?
  • Stories — les histoires : le message voyage-t-il dans un récit que l’on souhaite raconter ?

Cette structure rend le livre facile à mobiliser dans un brief. Elle invite surtout à considérer le destinataire comme une personne qui entretient des relations, plutôt que comme une simple impression dans un tableau de bord.

Son apport : donner une raison de partager

Le principal intérêt de cette approche est de relier création et intention. Une marque peut réaliser une publication soignée sans offrir de raison claire de la transmettre. À l’inverse, une réponse précise à un problème quotidien peut circuler parce qu’elle rend service. La qualité esthétique et la valeur de partage doivent donc être pensées ensemble.

Prenons un exemple hypothétique : une marque de vêtements prépare un guide d’entretien. Un carrousel générique sur la qualité risque de rester abstrait. Un tutoriel montrant comment prolonger la durée de vie d’une pièce répond à une difficulté identifiable. Il peut être envoyé à un proche au moment où celui-ci rencontre le même problème. L’utilité devient alors une intention éditoriale concrète.

Le guide de discussion officiel de l’ouvrage rappelle également qu’un récit partagé doit conserver un lien avec le produit ou l’idée. Pour une marque, attirer l’attention ne suffit pas si le public retient l’histoire sans comprendre la proposition. Cette distinction permet de mieux cadrer les objectifs d’une campagne.

À l’ère de l’IA, un cadre à compléter

Un outil génératif peut aider à proposer des accroches, organiser un argument ou décliner un format. Mais la possibilité de produire plusieurs versions ne prouve pas qu’elles seront pertinentes. Une stratégie éditoriale doit toujours préciser à qui elle s’adresse, quel problème elle traite et sur quelles preuves elle s’appuie.

Dans ce contexte, STEPPS peut devenir une grille de relecture : quelle valeur le lecteur retire-t-il de ce texte ? À qui pourrait-il l’envoyer ? Quel élément mérite d’être retenu ? Ces questions permettent de dépasser la seule recherche d’une formulation séduisante. Elles obligent à expliciter le bénéfice attendu du contenu.

Il faut y ajouter la confiance. Une histoire émouvante reposant sur un témoignage inventé peut sembler convaincante tout en fragilisant la relation avec le public. Pour appliquer le modèle de façon responsable, mieux vaut utiliser des exemples identifiés comme fictifs, vérifier les sources et expliquer le rôle de l’IA lorsque cela éclaire la compréhension du contenu.

Cette réflexion rejoint l’article du blog MBA DMB « IA et authenticité : le modèle hybride est-il vraiment la solution ? », qui interroge les tâches déléguées à la machine. Le rapprochement porte ici sur la cohérence du processus de création, sans transformer ses résultats en règle universelle.

Les limites : une grille, pas une garantie

La clarté du modèle peut encourager une lecture trop mécanique. Cocher six cases ne garantit ni la diffusion ni la conversion. Le contexte, la distribution et la relation existante avec une communauté doivent aussi entrer dans l’analyse. Pour un professionnel, l’enjeu consiste à formuler des hypothèses puis à les confronter à des observations.

Il faut également distinguer les indicateurs. Un partage, une visite qualifiée et une demande de contact ne mesurent pas la même chose. Une campagne peut viser une audience restreinte avec un contenu très utile. Dans ce cas, le succès ne se résume pas à atteindre le plus grand nombre.

Que retenir pour sa stratégie de contenu ?

Contagious offre une base accessible pour réfléchir à la circulation des idées. Son apport le plus utile est de remettre les motivations humaines au centre du brief. Pour l’appliquer aujourd’hui, une méthode simple consiste à choisir un public, identifier une raison de partager, apporter une preuve et mesurer un résultat cohérent avec l’objectif.

L’IA peut accompagner cette préparation. La décision éditoriale reste de déterminer ce qui mérite réellement d’être transmis. Avant la prochaine publication, une question peut guider le travail : quelle personne aurait intérêt à envoyer ce contenu à quelqu’un d’autre, et pourquoi ?

Sources et prolongements

Texte préparé avec une assistance d’IA générative. L’analyse appliquée à l’IA est une mise en perspective, distincte des thèses originales du livre.

Transparence IA : consultez la note méthodologique détaillant les outils, les sources et les étapes de préparation de cette fiche de lecture.