La gen Z : un tourisme 2.0

L’année 2023 a été sans aucun doute l’année de la démocratisation de l’intelligence artificielle. Plusieurs technologies, qui étaient jusque-là confinées dans les laboratoires des géants de la Tech (Google, Meta, Amazon…), ont su conquérir un plus large public et ainsi démontrer l’utilité de ces nouveaux outils.

 

Un domaine en particulier où cette utilité n’est plus à démontrer est celui du développement logiciel. En effet on estime que 74.9% des développeurs utilisent des intelligences artificielles basées sur les Large Language Models (LLMs) tels que ChatGPT en tant qu’assistant [1]. Les développeurs l’utilisent en lui demandant par exemple de la documentation, des conseils pour mieux implémenter une fonctionnalité voire des bouts de code tout prêts. La question que l’on se pose alors tout naturellement est : quelle est l’étape d’après ?

ChatDev :

Un papier de recherche [2] très récent enflamme la communauté IA en poussant les LLMs à l’extrême. Ainsi, ce papier n’utilise pas qu’une seule IA mais 7 IAs qui brainstorm, discutent et collaborent entre elle pour créer un logiciel de bout en bout sans aucune intervention humaine (à part bien sur la formulation du vœu à exaucer). Cette approche crée ainsi une startup virtuelle spécialisée dans le code ou chacune des IAs joue un rôle précis :

La gen Z : un tourisme 2.0

Une fois les rôles spécifiés, chacune des IAs se met à la tâche de plusieurs manières :

Une Réunion d’IAs :

Chaque IA peut choisir d’initier la discussion avec une ou plusieurs des IAs restantes pour mettre au clair un point, brainstormer ou planifier les actions à venir :

La gen Z : un tourisme 2.0

Réflexion interne :

L’IA peut initier une discussion avec elle-même pour planifier les étapes nécessaires à la complétion de sa mission ou réfléchir et synthétiser les discussions avec les autres :

La gen Z : un tourisme 2.0

Utilisation d'outils :

L’IA peut passer à l’action et utiliser des outils réels pour produire le code de manière interactive. Elle a par exemple accès à un éditeur de code ou elle peut exécuter le code Python qu’elle a créé et faire part aux autres des résultats.

La gen Z : un tourisme 2.0

Après plusieurs discussions, réunions et itérations qui pour nous humains n’ont duré que le temps d’exécution de l’algorithme (7 minutes). L’utilisateur obtient un dossier contenant tous les fichiers source codés en Python et exauçant son vœu.

La gen Z : un tourisme 2.0

Une progression fulgurante : et l'humain ?

Cet exemple nous démontre la vitesse de progression fulgurante de ces technologies. En effet, il y a moins d’un an très peu de gens utilisaient les IAs pour le développement logiciel les jugeant trop peu performantes et incapables de construire un code complexe dépassant les quelques lignes et aujourd’hui elles sont capables de générer un logiciel de bout en bout.

Un logiciel certes simple mais ce n’est qu’une question de temps.

 

Cette vitesse nous pousse inévitablement à l’inquiétude et à la question des pertes d’emploi. Encore très récemment une entreprise d’ile de France licencie 200 personnes spécialisés dans la synthèse et la revue de presse pour les remplacer par une IA. Les développeurs doivent-ils se préparer au même sort ?

 

Laurine Lesage propose dans son article intitulé La formation pour faire face à la révolution numérique de l’IA” [4] d’intensifier l’effort sur les formations initiale et continue afin d’armer les travailleurs avec les compétences nécessaires pour survivre à cette avancée de l’IA.

 

Une formation consomme une ressource au vu de laquelle nous sommes clairement désavantagés face à la machine : le temps. La progression en compétences cognitives générales des IA sur les dernières années est exponentielle et si cette tendance se confirme elle atteindra des niveaux surhumains qu’aucune formation ne pourra compenser.

 

Il est donc nécessaire de se poser des questions beaucoup plus profondes afin d’imaginer et de préparer le monde de demain. Un monde où les humains auront peut-être abandonné le code à mieux qu’eux et pourront se concentrer sur les domaines qui font leur spécificité et leur supériorité.

Sources :