« Ce sera l’IA ou/et moi » : Comprendre l'intelligence artificielle pour ne plus en avoir peur
Cécile Dejoux
L’intelligence augmentée comme nouvel horizon
Dans un monde professionnel en pleine mutation, l’ouvrage de Cécile Dejoux s’impose comme une réponse pragmatique à l’angoisse collective de l’automatisation. Loin des discours alarmistes ou, au contraire, béats devant la technologie, l’auteure redéfinit la relation entre l’intelligence humaine (IH) et l’intelligence artificielle (IA).
Elle propose une vision où la machine ne vient pas effacer l’humain, mais agit comme un amplificateur de nos capacités. Le livre se structure autour d’une conviction forte : pour ne plus avoir peur de l’IA, il faut en comprendre les mécanismes et se réapproprier son propre rôle de décideur.
I- Diagnostic global : Les 4 briques de l'IA
L’ouvrage « ce sera l’IA ou/et moi » signé Cécile Dejoux (Dunot, 2020) s’inscrit dans un contexte de transformation profonde des métiers.
Fruit d’un tour du monde (USA, Chine, Japon, Singapour, France), l’ouvrage décortique l’IA à travers quatre briques technologiques fondamentales que l’auteure identifie comme les piliers de la transformation :
1- Le visuel : La reconnaissance d’images et faciale.
2- La voix : Le traitement du langage naturel (NLP)
3- La connaissance : L’analyse prédictive et le machine learning.
4- La robotique : L’automatisation physique des tâches.
Cécile Dejoux établit une analyse comparative des stratégies mondiales, montrant que l’IA est un enjeu de souveraineté. Elle explique notamment comment la donnée est devenue le « pétrole » du XXIe siècle, classée en trois catégories :
– Les données que l’on donne (sociales),
– Les données que l’on laisse (traces numériques)
– Les données que l’on crée (usage professionnel)
II - De l'IA subie à l'IA choisie : Les 3 mutations du travail
L’intérêt majeur pour un manager réside dans la compréhension des trois niveaux d’impact identifiés par l’auteure :
– Le remplacement des tâches répétitives.
– L’assistance où l’IA devient un copilote pour le diagnostic.
– L’augmentation où l’IA permet de simuler des scénarios futurs.
Face à cela, l’acculturation est la seule issue.
Le professionnel doit développer des compétences hybrides : déléguer le calcul à la machine pour se recentrer sur ce qui nous rend singuliers : l’intuition, l’empathie, le sens critique et surtout la créativité, que l’auteure place au sommet des compétences de demain.
L’expertise métier : L’IA reste évidemment un outil qui nécessite une intention humaine mais également une connaissance terrain pour être pertinente.
Les compétences hybrides : Le succès de demain repose sur l’alliance des capacités de calcul de la machine et des facultés cognitives humaines.
III- Un guide opérationnel pour passer à l’action
Contrairement à de nombreux essais purement théoriques, cet ouvrage s’impose comme un véritable manuel de transition opérationnelle. L’auteure y intègre des workshops pratiques et des ateliers méthodologiques conçus pour permettre au lecteur d’évaluer concrètement ses propres compétences et de piloter ses premiers projets d’IA.
Au cœur de cette démarche, Cécile Dejoux introduit le concept crucial de « Management du Rappel ».
Elle y démontre que, dans un environnement saturé de flux numériques, le manager doit désormais apprendre à gérer l’attention de ses collaborateurs, devenue une ressource rare et fragmentée.
Dès lors, le rôle du leader subit une mutation profonde : il ne se contente plus de donner des directives techniques, mais devient le garant du sens, de la cohésion et de l’éthique au sein d’une équipe « augmentée » par la technologie.
IV- Analyse critique et limites
Si l’ouvrage est une excellente introduction vulgarisatrice, il adopte parfois une définition très large de l’IA, englobant des processus de modélisation classique.
Cependant, cette simplification est assumée puisque l’objectif central est de rendre le sujet accessible à tous, du freelance au dirigeant de PME. Poursuivant de ce fait, l’idée de briser le mythe d’une technologie réservée aux seuls experts.
Ceci nous laisse ainsi comprendre que l’enjeu n’est pas tant de savoir si l’IA va remplacer l’humain, mais plutôt que la maîtrise de ces outils devient un facteur clé de différenciation professionnelle.
V - Mon point de vue : Pourquoi ce livre est essentiel
La grande force de cet ouvrage est de réussir à décomplexer notre rapport à la tech. Là où beaucoup de livres sur l’IA perdent le lecteur dans des théories abstraites, Cécile Dejoux propose une approche visuelle et concrète. J’ai particulièrement apprécié l’usage des sketchnotes et des schémas, qui transforment un sujet intimidant en un outil de travail accessible.
C’est un livre qui rassure sans tomber dans l’angélisme. Il nous rappelle une vérité essentielle : si la machine excelle dans le traitement de données, elle reste dépourvue de conscience, d’éthique et d’intuition. C’est précisément dans cette « faille » que réside notre valeur ajoutée.
Conclusion : Un impératif stratégique
Pour un décideur, ce livre agit comme un déclic stratégique. Il ne s’agit plus de savoir si l’IA va nous remplacer, mais de comprendre comment elle peut devenir le levier de notre propre singularité.
En bref, une lecture indispensable pour saisir que la révolution en cours est, avant tout, une révolution de la posture humaine.
En conclusion, « Ce sera l’IA ou/et moi » est une lecture fondamentale pour comprendre que la révolution digitale est avant tout une révolution des compétences.
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