Interview de Marion Arqué, Cheffe de Projet Beauty Tech Pour YSL Beauty chez L’Oréal.

Marion Arqué, diplômée de SKEMA, a acquis une solide expérience en digital, vente et retail marketing chez Estée Lauder, Louis Vuitton et Dior. Depuis trois ans, elle est chef de projet Beauty tech pour YSL Beauté chez L’Oréal, développant des services innovants pour le parfum, le skincare et le maquillage. Elle coordonne les aspects marketing, légaux et opérationnels, tout en lançant services et produits, dans un environnement dynamique et complexe.

Dans une interview, Marion Arqué partage son expérience et sa vision de l’évolution des technologies dans l’industrie cosmétique :

Marina RABUEL  
As-tus des exemples de technologie ou de stratégie innovante que tu as lancé et qui a eu un impact significatif sur le marché ?

Marion ARQUE

Si je devais en prendre un, ça serait rouge sur mesure parce que c’est celui qui a été le plus marquant en tout cas, et qui a eu le plus de Buzz dans les médias.

Rouge sur mesure c’est un outil qui permet de faire ton rouge à lèvres sur-mesure en insérant des cartouches, l’outil est relié directement à ton téléphone. Tu peux configurer la teinte que tu veux tous les jours à l’infini. Tu peux vraiment contrôler la quantité que tu veux pour pouvoir faire des retouches dans la journée, et le lendemain tu recommence pour créer une nouvelle teinte. Il s’agit vraiment d’un outil très innovant qu’on avait jamais vu sur le marché auparavant.

Rouge sur mesure a été lancé en 2021, on a commencé à le lancer aux Etats-Unis, et après on l’a développé partout dans le monde. Entre 25 et 30 pays ont aujourd’hui rouge sur-mesure. En France, c’est une exclusivité au bon marché par exemple, c’est un outil qui a gagné rapidement en popularité. 

On a également eu le prix du CES en termes d’innovation.

C’est un outil qui a vraiment plus au consommateur du fait que c’était une autre manière de consommer du rouge à lèvres.

C’est un moyen qui est très « playful » et facile d’utilisation.

Cela a eu un gros impact sur notre business où on a quand même fait un un chiffre d’affaires assez conséquent, notamment aux USA et en Chine, ou l’outil a cartonné. On a surtout eu un boom assez viral sur Tik Tok ou les influenceurs adorent faire des vidéos, ce e qui nous a permit d’avoir facilement de visibilité avec cet outil.

 

[…]

 

Marina RABUEL 
Aujourd’hui, la personnalisation est très importante donc j’imagine que c’est également un point que vous développez en le combinant avec les innovations. 

 Marion ARQUE 
Oui, c’est ce que les consommateurs recherchent.
En tout cas maintenant, ils attendent vraiment d’avoir une expérience unique en point de vente, personnalisée, qu’on réponde à leurs problématiques et qu’on crée vraiment un lien avec eux.
Donc on essaie de le faire à travers ces services là.

 

Marina RABUEL

Comment vois-tu l’évolution des stratégies digitales dans les cinq à dix prochaines années et quelles innovations sont susceptibles de transformer l’industrie des cosmétiques ?

 

Marion ARQUE 
Je trouve que les marques pour se distinguer, pour attirer les consommateurs, doivent amener des expériences uniques et innovantes pour vraiment attirer des nouveaux consommateurs parce qu’ils viennent plus seulement en point vente pour acheter, mais ils viennent vraiment aussi pour vivre une expérience.

Ce n’est plus un point of sale mais c’est un point of expérience, où on vient vraiment découvrir des nouvelles choses, éveiller nos sens et essayer de créer un lien avec la marque.

J’espère que ça ira dans ce sens là où on va vraiment garder aussi cet enchantement du point de vente où il y a toujours une relation humaine très importante. Pour moi ça sera une beauté qui sera plus connectée, où on serait capable aussi de connaitre l’historique de ma cliente avant qu’elle arrive, ou bien quand elle arrive, que je puisse connaître un petit peu son historique d’achat et ses envies.
J’espère que ce sera beaucoup plus personnalisé dans ce sens là, avec une beauté plus écologique aussi.

Également en termes de production, de traçabilité, on va vraiment dans ce sens là. 

Dans le bien-être, on cherche à faire plus d’attention au consommateur, à leur mental, et pas seulement au bien-être extérieur, mais aussi intérieur.

J’espère plus que le secteur des cosmétiques va évoluer dans ce sens là et pas dans le sens de la métavers et dans les technologies uniquement focus digital, avec des univers parallèles où les gens ne viendront plus justement en point de vente et consommeront uniquement dans cet univers de métavers avec des crypto-monnaies et cetera.

La nouvelle génération va également nous permettre de déterminer la voie à prendre.

C’est vrai qu’ils ont des modes de consommation totalement différents, nous devront aller dans leur sens, à voir dans les prochaines années comment cela se développera. 

Article rédigé par Marina Rabuel