Chaque année, Kantar Public – One Point publie le baromètre de la confiance des français dans les médias pour La Croix. L’étude est divisée en 6 thématiques et permet de mesurer l’évolution des pratiques en matière d’information, d’évaluer la crédibilité qu’ils accordent aux différents moyens d’information depuis 1987, et enfin de donner un aperçu un aperçu du traitement médiatique des principaux évènements de l’année. Vous pourrez retrouver le baromètre ici.

L’intérêt porté à l’actualité 

Cette année, ce baromètre est marqué par un net recul des personnes se déclarant intéressées par les information. Toutefois, il met également en avant une fracture générationnelle avec un décrochage particulièrement fort chez les jeunes. En effet, seulement 38% des jeunes se disent intéressés par les nouvelles diffusées par les médias. 

Ce désintérêt peut s’expliquer par la place jugée trop importante de certains sujets comme l’épidémie de Covid-19 et la candidature d’Éric Zemmour. A contrario, les Français regrettent que certains sujets n’aient pas été assez abordés comme la Cop21, la publication du rapport Sauvé sur les abus sexuels dans l’Église ou encore l’augmentation des prix de l’énergie en France.

La crédibilité des média 

Entre les différentes sources médiatiques, les écarts de confiance peuvent être importants. La radio et la presse écrite connaissent un bon niveau de crédibilité avec pour les deux sources 49% des Français qui estiment crédible l’information qui y est racontée. La télévision apparaît également sur le podium avec un score de 44%

En revanche, la crédibilité perçue d’Internet recule cette année pour frôler les 25%.

Les sources d’information

L’un des enseignements de ce baromètre 2022 est la stabilité des habitudes des Français quant à leurs sources d’information. La télévision reste le média le plus utilisés pour suivre l’actualité pour 48% des Français. Internet est également de plus en plus mobilisé pour 32% des français, en comprenant les réseaux sociaux pour 26% d’entre eux et les sites et applications de presse écrite pour 21%. Enfin la radio (13%) et la presse écrite (6%) restent les deux médias les moins exploités.

Les média et la démocratie

Les médias ont une place centrale dans le fonctionnement démocratique, et sont reconnus comme tels par les Français. En effet, ces derniers sont particulièrement attachés à :

  • La liberté d’expression (86%)
  • L’égalité des droits (85%)
  • La liberté des médias et de la presse (77% dont 45% très attachés)

Ainsi, pour les Français, les médias doivent fournir des informations fiables et vérifiées pour assurer le bon fonctionnement de la démocratie. Aujourd’hui, 44% seulement des Français estiment que les médias remplissent ce rôle.

Un second facteur reste primordial aux yeux des Français : que la qualité d’information soit privilégiée par rapport à la rapidité à transmettre l’information (94% jugent cela « important » dont 56% « essentiel »). Sur ce point, seuls 32% des Français sont satisfaits.

Le rôle des media dans la campagne présidentielle

Perçus comme des outils pertinents dans le débat démocratique, les Français témoignent de réelles attentes envers les médias dans la perspective de l’élection présidentielle. Les médias sont majoritairement attendus pour leur valeur informative sur les programmes et visions des candidats. Le fait que les médias pointent du doigt les fausses informations diffusées par les candidats est aussi un souhait majeur chez 83% des Français (dont 39% l’attendent beaucoup). Enfin, la capacité des médias à proposer des débats apaisés est aussi largement attendue par 79% des Français.

Cependant, à date, seuls 33% des Français estiment que les médias traitent bien le sujet de la campagne présidentielle (35% estiment qu’ils la traitent mal).

L’information et les réseaux sociaux

L’impact des réseaux sociaux dans le débat politique est jugé de manière différenciée par les répondants. En effet, si la moitié des Français interrogés (50%) estiment que l’impact du développement d’internet et des réseaux sociaux sur les débats et discussions politiques est négatif, 28% pensent au contraire qu’ils ont eu un impact positif.

Par ailleurs, 37% jugent que la diffusion par des personnes qui ne sont pas des journalistes d’informations grâce aux réseaux sociaux est une bonne chose (contre 52% une mauvaise). On observe à cet égard un clivage générationnel marqué puisque les moins de 35 ans sont 54% à estimer qu’il s’agit d’une bonne chose contre seulement 32% des 35 ans et plus.