Ce 16 avril 2026, le Ministère de l’Économie et des Finances a accueilli la révélation très attendue du Baromètre Croissance et IA, orchestré par l’ACSEL. Historiquement axée sur la transformation digitale globale, cette nouvelle édition marque un tournant stratégique. L’Intelligence Artificielle n’est plus une option, mais le nouveau standard de compétitivité. Comme le résume parfaitement Vincent Montet, vice-président de l’ACSEL : « L’Intelligence Artificielle est la « nitroglycérine du digital » ».

Dans le cadre de mon MBA Digital, Marketing & Business à l’EFAP , j’ai eu l’opportunité de décortiquer ce rapport exclusif, réalisé avec OpinionWay auprès de dirigeants d’entreprises de 100 à 5 000 salariés.

Au-delà de la simple lecture statistique, comment donner du sens à ces chiffres ? Voici les véritables enjeux à retenir pour les trajectoires de croissance de nos organisations.

L’IA : Une urgence stratégique soulignée par le Baromètre ACSEL 2026

Les discours théoriques laissent place à la réalité opérationnelle. Le premier signal fort est perceptuel : 73 % des dirigeants de PME et ETI estiment que l’IA évolue plus vite que toutes les autres transformations technologiques qu’ils ont connues.

Ce chiffre traduit une pression concurrentielle immédiate. Contrairement à la digitalisation des années 2010 ou à l’essor du Cloud qui offraient un temps d’adaptation, l’IA génère un sentiment d’urgence. Les outils évoluent plus vite que les cultures d’entreprise ou les processus de gouvernance. Conséquence directe pour rester dans la course : 83 % des dirigeants classent l’IA parmi leurs investissements prioritaires pour 2026.

Maturité et performance : l’impact concret sur la croissance mesurés par l’ACSEL

Le débat sur la pertinence de l’IA est aujourd’hui clos : un quasi-consensus de 98 % des dirigeants perçoivent un impact direct de l’IA sur leur chiffre d’affaires et leur croissance.

Cependant, le fossé entre cette perception et le niveau de maturité réel reste l’une des tensions centrales du baromètre:

  • Seulement 42 % des PME-ETI considèrent avoir atteint un stade avancé de déploiement.
  • Cependant, pour celles qui ont passé ce cap, les bénéfices sont tangibles : 60 % utilisent l’IA pour optimiser leurs processus internes, et 59 % constatent un gain de productivité direct sur leurs équipes.

Mon analyse du marché : D’un point de vue opérationnel, c’est l’IA « du quotidien » (comme l’intégration de Microsoft 365 Copilot dans les tableurs, l’utilisation de ChatGPT Enterprise pour les synthèses de réunions, ou des assistants comme Salesforce Einstein) qui génère le plus rapidement un Retour sur Investissement (ROI) positif, bien avant le déploiement de modèles prédictifs complexes.

Les véritables défis du passage à l’échelle selon le baromètre d’ACSEL

L’intégration de l’IA ne se fait pas sans friction. L’étude met en lumière trois défis structurels majeurs qui conditionnent le déploiement en entreprise:

Le défi des compétences (l’Humain)

Plutôt que de s’épuiser sur un marché du recrutement externe particulièrement tendu, 51 % des entreprises privilégient la formation interne. L’enjeu de l’IA se déplace donc vers les Ressources Humaines avec la nécessité d’un « Upskilling » (montée en compétences) continu. Il ne s’agit pas systématiquement de recruter des data scientists coûteux, mais de former les équipes actuelles au Prompt Engineering pour maximiser l’utilisation des outils déjà déployés.

Le défi de la gouvernance (la sécurité)

L’enthousiasme ne masque pas la lucidité face aux nouveaux modèles génératifs. En effet, 68 % des entreprises placent la cybersécurité en tête de leurs priorités. L’IA augmente les capacités de l’entreprise, mais élargit aussi sa surface d’exposition aux risques. Le risque numéro un identifié par les DSI est aujourd’hui le Shadow AI : l’utilisation d’outils grand public non sécurisés par les collaborateurs, exposant directement les données confidentielles de l’entreprise.

Le défi de la structuration (l’accompagnement)

90 % des organisations estiment avoir besoin d’aide pour déployer l’IA. Cela confirme que l’IA n’est plus un simple « projet IT » relégué à la direction technique, mais un projet d’entreprise global qui exige un pilotage actif par le comité de direction.

Découvrez l’infographie complète ci-dessous pour visualiser l’ensemble des données clés du Baromètre ACSEL 2026.

Infographie baromètre ACSEL 2026 - Croissance et IA

Lien vers ma note méthodologique : Note Méthodologique IA – Elodie TURPINAT